papibilou a écrit : 07 octobre 2025 14:22
La 5ème république a toujours eu la réputation d'un régime présidentiel et on le lui a assez reproché ( le président qui décide de tout, comme l'avait voulu De Gaulle etc..). Aujourd'hui, elle est devenue du fait des législatives 2024 un
régime parlementaire.
Mais cela signifie qu'on ne peut plus lui faire les mêmes reproches. Nous nous trouvons aujourd'hui dans la situation de nos voisins allemands ou belges ou espagnols: un président sans pouvoir et une assemblée nationale qui décide.
Tirons en
les 2 enseignements qui s'imposent:
- le problème n'est pas la fonction présidentielle
, donc une démission ne changerait pas la composition de l'Assemblée Nationale.
- c'est aux partis politiques qui réclamaient depuis si longtemps le pouvoir, d'
accepter les compromis pour bâtir une coalition et arrêter leurs propositions démagogiques qui n'avaient aucune chance d'être mises en oeuvre car le président et son gouvernement majoritaire y veillaient.
Votre propos illustre bien quelque chose : notre système est à la croisée des chemins entre :
1) Un régime présidentiel initié par De Gaulle en 58 et qui suppose un Président à forte personnalité doté de pouvoirs importants à condition de gouverner avec une majorité à l'Assemblée
2) Un régime parlementaire dans lequel le Président n'a qu'un fonction honorifique (comme en Allemagne) et basé sur un Premier ministre élu au Parlement et à la tête d'une coalition majoritaire (comme en Allemagne)
3) Problèmes du régime présidentiel : même si la course au fauteuil de Président demeure toujours très populaire en France, il faut bien admettre que les Présidents élus incarnent de moins en moins la fonction présidentielle telle qu'on aimerait hautement la concevoir (surtout depuis Sarkozy).
Par ailleurs, ce système ne fonctionne clairement qu'à la condition que le Président gouverne avec une majorité claire et nette à l'Assemblée. Cette époque semble désormais révolue depuis les cohabitations et aujourd'hui avec une Assemblée divisée en 3 blocs principaux.
Bref, le système présidentiel semble à bout de souffle.
4) Problèmes du régime parlementaire : on ne l'a jamais essayé en France et la culture politique française considère que tout compromis équivaut à une compromission, voire même : une trahison pure et simple. Le Pays n'a pas du tout cette culture des coalitions
(qui, pourtant, semble plus ou moins faire ses premiers pas actuellement à l'Assemblée même si c'est dans une confusion totale.)
5) Mon point de vue sur la question : le pays a le cul entre deux chaises et n'arrive pas à se décider.
- Il est toujours très attaché au régime présidentiel : je suis d'ailleurs à peu près assuré que si on lui demandait par référendum de choisir entre régime présidentiel et régime parlementaire, il choisirait majoritairement le premier. Oui mais : on voit bien que ce système s'essouffle au point d'engendrer un vrai blocage.
- Il n'est pas encore assez mûr et "sage" pour envisager un système purement parlementaire qui lui rappellerait trop la IV° République.
6) Ma proposition : consultations citoyennes dans toutes les communes du pays pour faire le point sur la situation, recueillir des propositions pour élaborer un système susceptible de mieux fonctionner. Peut-être un système hybride entre les deux types de régime ? Ou alors élaboration d'un nouveau système qui pourrait peut-être s'inspirer de la VI° République proposé par LFI ?
Mais, à mon avis, il faudrait que les Français se bougent un peu le cul et qu'ils soient eux-mêmes conviés à bosser pendant des semaines, voire même des mois pour proposer quelque chose qui pourrait mieux tenir la route.
Quelque chose en provenance donc de la base, une vraie mobilisation citoyenne, quelque chose de très démocratique.
Et ce, à une condition : que les politiques respectent ensuite à 100 % ce qui aura émané de cohérent, de clair et de net de la base.
Parce que si c'est pour être couillonné une fois de plus, alors là, NON.