scorpion3917 a écrit :
J'aimerais quand même qu'on m'explique qui sont ces opposants/rebelles en réalité car c'est là le point de discorde entre propagande et intox.
C'est bien difficile d'être catégorique, mais il est très probable que tous les rebelles "modérés" du départ soient morts ou réfugiés à l'étranger. Pour tenir ainsi, il leur faut des armes et de l'argent en quantité que les Occidentaux ne semblent pas avoir fourni. Dès lors, qui peut bien les avoir financé ? Les émirats du Golfe et les Saoudiens, c'est un secret de polichinelle.
Donc en gros on a 4 camps : les loyalistes de Bachar, les rebelles islamistes, Daesh et les kurdes. En vérité, c'est même un peu plus complexe que ça, mais passons...
Les loyalistes, c'est facile, veulent rétablir le régime Al Assad. Parce qu'ils sont alliés depuis longtemps, les russes oeuvrent également dans ce sens, en luttant à la fois contre les rebelles et les kurdes. Daesh n'est pas leur priorité, ils savent que les occidentaux s'en occupent.
Les Kurdes voient dans ce bazar l'occasion de faire valoir leurs droits à une autonomie et au redécoupage des frontières pour que ce peuple ne soit plus scindé sur 3 pays (Turquie, Irak, Syrie). Evidemment, ça déplaît fortement à la Turquie, à la Syrie, certainement à l'Irak également, la région de Mossoul étant riche en pétrole.
Daesh veut tout simplement conquérir la région et installer son califat. Comme toutes les organisations de ce type qui ont précédé, leur volonté de taper sur tout le monde fait que tout le monde leur tape dessus désormais, plus ou moins fort suivant ses priorités, et ils vont en crever. Le problème reste de savoir quand, et en attendant ils ont foutu un sacré bazar dans la région.
On en vient à nos rebelles. Ce ne sont pas les résistants glorieux et romancés de nos maquis. Lorsque les mouvements de contestation du régime Al Assad a commencé, ils étaient pacifiques. Puis la riposte armée du régime a enclenché le cercle de la violence. Les plus modérés ont fui ou sont morts, les plus durs sont restés. Les monarchies arabes du coin y ont vu une bonne occasion de reprendre la main sur les routes du pétrole, et ont donc poussé derrière ces rebelles. Leur tâche était d'autant plus aisée que les occidentaux ont largement tergiversé sur l'attitude qu'ils devaient avoir. Mais lorsque les russes sont entrés dans la danse et ont commencé à avoir de l'influence, les USA et leurs alliés ont décrété que les rebelles étaient nos amis, parce qu'il fallait contrer l'influence russe. Nous avons fermé les yeux sur la nature de ces rebelles et l'origine de leur financement, nos intérêts priment. De fait, ces rebelles sont donc des musulmans ayant prêté allégeance à l'Arabie Saoudite et aux monarchies du Golfe, et que nous soutenons pour contrer la Russie. Toutefois, s'ils ont certainement des préceptes assez radicaux (l'Arabie Saoudite ou le Qatar ne sont pas connus pour être des modèles de démocratie...), ils ne prônent pas le djihad comme Daesh et ils seraient des alliés sur cette route du gaz et du pétrole aujourd'hui sous influence russe.
C'est comme ça que je vois cette guerre. Et bien évidemment, il faut pour la propagande russe que ces rebelles soient pires que Daesh pour légitimer que leur éradication soit une priorité du régime de Damas. Dans les faits, ça n'est pas le cas.