lotus95 a écrit : 28 novembre 2019 11:13
UBUROI a écrit : 28 novembre 2019 08:42
Moi, les arguments je les donne...qu'on en débatte. Marre des posts diffamatoires, HS et autres.
eh bien soit, qu'on en débatte, mais pas seulement sur les critères imposés
Il n'y a rien de diffamatoire Ubu ; toi, tu t'attaches à défendre une réforme en soulignant ses points positifs, moi je remets en cause la réforme dans le sens où elle ne peut pas constituer une solution globale et unique
passé le 1er réflexe (que j'ai comme tous) de s'indigner contre les avantages des régimes spéciaux et des injustices induites, rien n'empêche de voir le problème sous d'autres angles et se poser d'autres questions que celles qu'on veut distiller dans les esprits.
1ère question : le diagnostic et les prévisions
il ressort d'une analyse de Henri Sterdyniak (Economistes Atterrés) que les projections des déficits communiqués en fanfare ces dernières semaines, fort à propos d'ailleurs puisqu'on n'est pas loin du 5 décembre, sont basées sur des hypothèses ultra pessimistes ; et que les déficits s'expliquent bien plus par une baisse des ressources affectées que par une hausse des dépenses.
http://www.atterres.org/article/rapport ... i%C3%A8ces
Que gagne t-on à noircir le tableau, si ce n'est étouffer la contestation et précipiter une réforme qui n'a pas de sens globalement ?
2è question : les causes des déficits
- il y a certes l'allongement de l'espérance de vie, mais l'espérance de vie en bonne santé a bien plus de sens en la matière
et il y a plus de 10 ans d'écart entre les 2 indicateurs : en bonne santé, c'est 63 ans pour les hommes et 64 ans pour les femmes
ignorer ce paramètre en envisageant un recul de l'âge de départ est une aberration ; si maintenir les salariés dans l'emploi équivaut à plomber l'assurance maladie par les arrêts de travail induits, je ne vois pas ce qu'on aura gagné
de plus, l'idée de reculer l'âge de départ est très hypocrite quand on sait que tout est fait pour se séparer des plus anciens via des ruptures conventionnelles sur le compte de l'assurance chômage, et que la tendance est au jeunisme dans les entreprises.
- le chômage, la précarité et la pauvreté
la réforme ne s'attache qu'à soigner des symptômes, en aval, en éludant tout ce qui engendre une perte de ressources pour les caisses ; ça relève d'une vision court-termiste qui fait l'impasse d'évolutions cruciales qui contribueront à aggraver les déséquilibres
je ne parle pas des délocalisations qu'on encourage, ce n'est pas nouveau ... ne rien faire à ce sujet est totalement irresponsable
il faut davantage s'interroger sur la robotisation : pourquoi ne parle t-on pas de taxes ? pourquoi encourager et financer les investissements qui enfonceront encore davantage le clou ?
en clair, que fait t-on concrètement pour créer de l'emploi en France ou éviter de le détruire ? est ce qu'il faut sortir de Saint-Cyr pour savoir que c'est l'emploi qui est le premier financeur du système de retraites ?
- les allègements de charges et exonérations en tous genres, les niches fiscales et l'évasion "légale"
on peut dire que ces pertes de recettes ont été plus ou moins compensées ces dernières années ; c'est de moins en moins vrai, et sous Macron, la loi Veil ne s'applique plus systématiquement pour les anciens allègements de charges, et plus du tout pour les nouveaux.
Quel impact cela a eu sur le système de retraites, tu saurais le dire ? quel sens ça a de continuer de dépouiller les caisses qui financent la protection sociale au profit d'intérêts privés, et de se contenter de mettre des rustines pour cacher les fuites ??
en résumé, prendre position pour ou contre la réforme aujourd'hui est très réducteur ; il y a des problématiques bien plus larges à considérer si on veut faire preuve d'anticipation, quoi qu'on puisse penser de cette réforme ... ce que ne fait pas ce gouvernement en la présentant comme une solution ultime.