papibilou a écrit : 19 août 2022 14:51
Que mon avis ne soit pas majoritaire, je n'en sais rien, vous non plus.
Que chacun soit libre de gérer son budget à sa guise, c'est exact. Mais il y a une expression: gérer en bon père de famille qui a une signification: les dépenses se doivent d'être hiérarchisées: d'abord les besoins primaires: manger se chauffer s'habiller. Ensuite savoir faire un choix entre un loisir et un besoin indispensable pour sa famille. Si vous estimez que l'on peut choisir, moralement, le loisir, cela signifie que nous ne sommes pas sur la même longueur d'ondes.
Je comprends parfaitement votre argument selon lequel une famille peut anticiper le versement de l'ARS et employer cet argent pour une autre destination. C'est une des raisons pour lesquelles j'ai écrit que le contrôle est probablement impossible. Je me situe donc non sur le plan pratique mais celui des principes. Et c'est aussi une des raisons pour lesquelles je pense que lorsque ma commune exempte certaines famille de paiement de la cantine scolaire sur la base d'un contrôle des ressources, c'est la bonne méthode.
Que je répète que la France est championne de la redistribution semble vous ennuyer. Je vais hélas le répéter d'autres fois, il faudra donc éviter de lire mes messages s'ils vous ennuient autant.
Je suis social démocrate mais ça ne veut pas dire que je me fous éperdument de l'argent public et de sa destination. Et que certaines allocations doivent être reconsidérées ne m'empêche pas de souhaiter par exemple une forte revalorisation des bourses d'étudiants, ou de souhaiter l'extension du RSA en dessous de 25 ans ou des frais d'inscription à l'université variables selon les ressources familiales, ou une revalorisation des petites retraites et une minorations des grosses etc .. Donc ne commencez pas à me dire que je ne m'intéresse pas au social au prétexte que j'ai eu affaire à des familles que j'ai aidé et qui géraient en dépit du bon sens et que ces situations me choquaient (abonnement netflix, et Canal, forfaits internet exorbitants, dernier Iphone etc ..).
Effectivement je ne sais pas si ton avis est majoritaire ou pas mais, à la différence de toi, je ne fais pas de mon avis l'opinion majoritaire.
La morale est quelque chose dont je me soucis relativement peu, j'ai bien évidemment des réflexes moraux comme tout le monde mais cela ne guide pas mon raisonnement. Je me considère plutôt comme un libertaire-marxiste, à ce titre là je considère comme erroné un certain nombre d'analyses marxistes mais je considère également que les individus doivent être libres de décider de leurs priorités tant que cela ne porte pas préjudice aux autres, y compris si cela me parait "immoral". Tu auras également compris que je ne fais pas parti de ses libéraux un peu débiles (dans lesquels je pourrais aisément classer Macron, Victor, Fillon, Hollande et même toi parfois) pour qui la liberté se cantonne à la liberté d'entreprendre et la liberté économique de manière générale mais qui n'hésitent guère à envoyer les CRS pour faire taire des revendications qui pourraient entraver le libre marché.
Comme je l'ai déjà expliqué, ton argument "de principe" n'a guère de sens économiquement parlant. Le fait d'être ciblé consiste, pour l'ARS, à être une somme égale au montant dépensé par les ménages dans le domaine scolaire. Le sujet de discussion pourrait à la rigueur être le montant mais d'un point de vue logique ça s'arrête à peu près là.
Que la France soit championne de la redistribution n'est que partiellement vrai, c'est pour cela que je considère ton propos déplorable et dangereux. Pour commencer je dirais que je me réjouis de la sécurité sociale française qui est une manière de socialiser les risques et en quelque sorte un "déjà là communiste" comme dirait l'autre.
Mais ton propos qui explique que la France serait championne de la redistribution, propos que tu répètes inlassablement, fait directement référence à la mesure simpliste de l'OCDE qui raisonne en termes de dépenses publiques (ou parfois sociales) en pourcentage du PIB. Déjà on compare des pays qui ne sont pas forcément comparables sur la seule base de cette mesure, par exemple au Danemark la plupart des services d'intérêts publics sont totalement gratuits, je pense notamment à la santé, les écoles et universités, les crèches, etc., tandis qu’en France, il faut souvent compléter de sa poche. Est-ce donc pertinent de dire que notre modèle redistributif est plus efficace car nous dépensons davantage en pourcentage du PIB ?
Se pose ensuite la question de ce que l'on considère comme étant des dépenses sociales ou pas. Le chômage et la retraite sont versés en contrepartie d'une cotisation, on est donc plus proche du principe de l'assurance (certes socialisée) que du principe de la dépense sociale.
Ensuite, le but de la redistribution est de réduire les inégalités. Malgré nos "dépenses", les inégalités ne se réduisent pas mais se stabilisent et le taux de pauvreté augmente. Alors est-ce que nous redistribuons efficacement ? Est-ce suffisant ? Quel modèle de société défends tu ?
En ce qui concerne ton intérêt pour la "bonne gestion" de l'Etat, là encore tu sembles être sûr de toi alors qu'en réalité c'est loin d'être simple. Tu es par exemple en faveur du report de l'âge de départ à la retraite de 2 ans proposé par le gouvernement Macron. Cette mesure permettrait en effet d'économiser 10 milliards d'euros à l'horizon 2030. Si on met toujours en balance les entrées et sorties dans le budget de l'Etat, on se rend compte la suppression de la contribution à l'audiovisuel coûte 3,5 milliards d'euros et la baisse des droits de succession (j'imagine que c'est comme cela que Macron défend l'égalité des chances) prévue devrait coûter environ 4 milliards d'euros.
D'un certain point de vue, la majorité présidentielle demande à chacun de travailler jusqu'à 64 ans pour financer la redevance télé (qui représente 11,50 euros mensuel par foyer fiscal) et la baisse des impôts de succession (qui bénéficiera qu'aux ménages les plus fortunés puisque les autres ne seront pas concernés par la hausse de l'abattement). En d'autres termes, on pourrait tout autant considérer que ne pas supprimer la contribution à l'audiovisuel et ne pas diminuer les droits de succession tout en maintenant le départ à la retraite actuel serait un gage de sérieux budgétaire.
Les questions budgétaires sont d'abord des questions de priorités avant d'être des questions techniques. Mais là encore tu défends bec et ongles des réformes sur lesquelles ton opinion est aussi éclairée qu'un trou de balle après 3 semaines de chiasse (désolé pour la métaphore), simplement parce que le gouvernement il a dit que c'était bien.