Patchouli38 a écrit : 10 octobre 2025 14:35
Trop facile de tout rejeter sur le Présidant Macron.
Et pourtant. Il a siphonné tout ce qu'il avait sur sa gauche au point de donner un sacré coup de vieux à la gauche classique. Il a siphonné tout ce qu'il avait sur la droite au point de donner aussi un sacré coup de vieux à la droite classique. Et tout cela pour créer un troisième bloc qui ne serait ni de gauche ni de droite et qui a pu faire illusion durant son premier mandat : on voit bien d'une part que ce bloc est en totale décomposition et, d'autre part, qu'il contribue à bloquer la vie parlementaire française habituée à un schéma d'opposition classique droite vs gauche. Donc, un schéma dual parce que les couples à trois ne marchent pas. Il y en a toujours un de trop. Surtout si c'est celui qui veut prendre le plus de place au milieu du lit = en l'occurrence et dans ce cas : Macron et son invention du "bloc central".
Un bloc central qui s'imaginait hors champ du combat habituel droite vs gauche mais qui- dans les faits- a mené une politique de droite ultra libérale.
Ce n’est pas tout : depuis sa dissolution malencontreuse de 2024, il n’a pas cessé d’accumuler de graves erreurs correspondant à des dénis démocratiques impardonnables.
Ainsi, à la suite des législatives anticipées, aurait-il dû de suite appeler Mme Lucie Castets représentant le NFP arrivé en tête : elle n’aurait pas durer 15 jours ? Mais au moins, il n’aurait rien eu à se reprocher parce que cela n’aurait pas été de son fait.
Après quoi, il aurait dû nommer MLP (ou Bardella) en rapport avec le RN premier parti de France arrivé en deuxième position. Le RN n’aurait pas tenu 15 jours ? Là aussi, il aurait accompli son devoir sans être responsable des censures à l’Assemblée.
Ensuite, il aurait pu alors passer à des gens comme Barnier et/ou Bayrou et peut-être que les choses se seraient passées autrement avec moins de rancunes de la part des gauches et des droites radicales.
Ce sont quand même les français qui ont voté pour les élus composant actuellement l'Assemblée Nationale, avec l'espoir que ces derniers défendent les intérêts des français.
Beaucoup de français ne votent plus par découragement, colère et résignation justement en raison de ces déficits démocratiques répétés : ça avait commencé avec le « non » majoritaire des Français Traité Constitutionnel de 2005.
Par ailleurs, concernant Macron, il faut bien voir que quelques mois avant qu’ils ne le découvrent, la majorité des Français ne connaissaient pas du tout cet OVNI venu de nulle part : il était jeune, il ne semblait ni marqué à gauche, ni à droite, il semblait apporter un peu d’air frais. Mais c’est oublier que c’est le milieu libéral du grand patronat qui en a fait son cheval de bataille et qui l’a vendu à la presse mainstream qui l’a aussi fait mousser. Macron avait ses sponsors dés le départ et il ne faut pas oublier non plus qu’il était passé par la case Rothschild : signe notoire de son appartenance au monde du grand capital.
Ensuite, ne pas oublier non plus qu’à l’élection présidentielle de 2017 il était arrivé en tête mais avec seulement 24 % des voix. En 2022 : 27 % des voix au premier tour. Et réélu à la va vite sans vraie campagne ni présentation de programme.
Tout cela a fini par le desservir et il faut bien reconnaître qu’il n’a jamais eu la cote auprès des Français en terme de popularité : rien a voir avec un personnage comme Chirac, par exemple.
Je reconnais deux choses à Macron : d’abord qu’avec le COVID, les Gilets jaunes et la guerre en Ukraine il a eu des épisodes très difficiles à gérer et qu’il s’en est plutôt bien sorti.
Je reconnais aussi que son attachement à l’UE et son soutien à l’Ukraine méritent d’être soulignés.
Mais je ne suis pas sûr qu’il était fait pour le « costume » : en tout cas qu’il y était fort mal préparé.
Et on peut légitimement lui en vouloir de n’avoir pas respecté la démocratie à des moments cruciaux dont il était le seul responsable. On peut légitimement lui en vouloir d’avoir ensuite commis trop d’erreurs impardonnables occasionnant de graves conséquences dans le pays comme ce « bloc central » bloquant le pays depuis de trop nombreux mois.