da capo a écrit : 12 mai 2025 22:52
Once a écrit : 12 mai 2025 17:38
Et bien, les choses sont semblables pour celui de Deir Yassin.
Pas vraiment.
À Oradour, il y a bien eu 643 victimes et ce chiffre n'a jamais été contesté, contrairement à celui de Deir Yassin, où la rumeur de 250 à 300 victimes et des récits d'atrocités s'est rapidement propagée côté arabe.
Le camp juif, dans le but effrayer les populations, ne l'a pas démentie.
Les décomptes et diverses controverses (dont une enquête au porte-à-porte de Benni Morris) ont modéré ce nombre jusqu'à 35 (un groupe de combattants arabes fusillés à l'issue du combat), puis, il y a une trentaine d'années, un consensus d''apaisement'' a fait état de 107 victimes, sans qu'il soit fait mention d'atrocités particulières.
Je résume ce qui se trame derrière votre propos : "il ne faut pas exagérer quand même! Faut pas en faire une montagne de ce qui s'est passé à Deir Yassin !" J'ai bon ? O.K.
Alors je vais vous répondre point par point pour renter de démontrer que raisonner ainsi c'est participer à une réécriture de l'Histoire qu'on pourrait qualifier de "révisionniste" voire même de "négationniste" si ces appellations n'étaient pas tant "contrôlées" aujourd'hui.
1) Les auteurs du massacre de Deir Yassin appartenaient
à une structure juive terroriste dérivant de l'IRGOUN structure qui, elle seule, a su combien de membres su village elle venait de massacrer. Il n'y avait pas de "terroristes" dans ce village : seulement des civils qui ne voulaient pas partir.
NON, ce jour là : LES TERRORISTES étaient des JUIFS qui ont massacré des innocents. Et on oublie un peu trop vite jusqu'à quel point Israël s'est construit avec des unités combattantes TERRORISTES et ce, avant même 1947 et pas seulement contre les Arabes de Palestine mais aussi contre les forces britanniques du mandat.
2) Les unités juives combattantes "officielles" ne sont arrivées sur place que plus tard (en fin de journée ou le lendemain -il faudra que je vérifie) :
certains des massacreurs terroristes avaient encore en mains des couteaux ensanglantés du sang de leurs victimes et les exhibaient fièrement. Ce qui s'est passé ensuite, on ne le saura vraiment jamais mais il est évident qu'une fois les unités juives combattantes "officielles" sur place, tout a été fait pour minimiser cette tuerie et en effacer les traces les plus visibles.
3)
C'est toute la différence avec nos lieux de mémoire "occidentaux" (Oradour, Auschwitz etc etc) : mais que reste-t-il à présent de ce village ? Quelles ruines sur lesquelles les descendants de ces massacres pourraient venir se recueillir ? Rien. Aucune trace. Il faut juste faire en sorte que ce qui s'est passé ce jour là dans ce village n'ait pratiquement jamais existé et contribuer -comme vous le faites en renfort de la puissante propagande israélienne comme si elle ne suffisait pas à elle seule- et contribuer donc à en faire un épisode mineur
alors qu'il en est un épisode majeur de la tragédie palestinienne. Car que s'est-il passé ensuite ? Et là c'est avéré : la réalité de ce massacre s'est répandue comme une traînée de poudre en Palestine et plusieurs centaines de milliers d'Arabes ont commencé à fuir. Que reste-t-il des dizaines de villages qu'Israël a ensuite systématiquement rasés pour reconstruire dessus ?
Que reste-il d'un des grands villages palestiniens de l'époque : rien. L'Université de Tel Aviv a été reconstruite dessus. Et les jeunes universitaires israéliens qui y travaillent ne savent même pas ce qui a pu exister sous leurs pieds.
J'en ai cherché : on n'a pas trouvé de preuves crédibles que le but initial d'Israël était de faire fuir des milliers d'Arabes à partit du massacre de Deir Yassin.
Par contre - et là les choses sont claires- des ordres ont été donnés pour que les partants ne puissent pas être tentés de revenir. Jamais. Donc, chaque village évacué a été systématiquement détruit, les signalisations en arabe remplacées par des signalisations en hébreu etc etc
4) Si Israël parvient à ses fins aujourd'hui en poussant 2 millions de Gazaouis à un "départ volontaire" selon l'expression diplomatique après avoir tout entrepris durant des mois et des mois pour ne pas leur laisser d'autres choix :
non seulement ces pauvres hères sauront qu'ils ne pourront jamais revenir chez eux un jour mais encore plus grave : il ne restera aucun lieu de mémoire de leurs terres sur lesquelles eux ou leurs descendants pourraient venir se recueillir un jour. Aucune tombe de leurs parents ou de leurs grands parents. I
sraël n'aura plus qu'à reconstruire dessus une "Riviera" pour inviter les touristes hédonistes du monde entier à faire bronzer leur couenne au soleil de Gaza. Israël devra impérativement effacer toute trace d'une existence gazaouie dans cette enclave : on peut lui faire confiance. Et le projet est avéré depuis que Trump en a clairement lancé l'idée. Ce qui constitue la cerise sur le gâteau de la définition juridique de génocide.
5) Je sais parfaitement que l'expression n'est pas encore officiellement retenue : mais -en plus du génocide physique de plus en plus avéré qui se produit en ce moment sous nos yeux à Gaza- je dirais qu'il y a aussi
un génocide culturel. Comparable à celui qui s'est produit au Tibet, comparable à celui qui vient de se produire dans certains oblasts de l'Ukraine de l'Est ( comme à Marioupol) : ça, c'est autre chose que le génocide physique pur et simple mais c'est aussi terrible = L'ABSENCE DE LIEUX DE MEMOIRE. C'est ce qu'Israël est en train de faire à Gaza et qu'il fera en Cisjordanie.