Re: #3 Guerre en Ukraine : nouvelle donne sous Trump, l'Europe réagit
Posté : 13 février 2026 11:37
La Russie préparerait sa "prochaine guerre": 7 millions de munitions sont sortis de ses usines en 2025
La Russie a accru sa production d’obus à un niveau tel qu’elle est désormais "en train de se préparer à sa prochaine guerre", a averti mardi le service de renseignement extérieur estonien, alors que le conflit d’usure en Ukraine approche de son quatrième anniversaire.
es chiffres sont éloquents. Selon des estimations estoniennes, les usines russes ont produit en 2025 plus de 7 millions d’obus, de munitions de mortier et de roquettes, contre 4,5 millions en 2024. Le chiffre représenterait 17 fois ceux du début de la guerre en Ukraine.
D’après un rapport annuel du service de renseignement estonien Välisluureamet (VLA), rendu public mardi, l’essentiel de la progression récente s’explique par la construction de sites industriels entièrement nouveaux sur le territoire russe, plutôt que par la simple extension d’unités existantes.
Les munitions nord-coréennes au secours des unités russes
Le document du VLA souligne par ailleurs l’effet tremplin des armes nord-coréennes pour l'arsenal russe. Grâce à des "importations supplémentaires importantes de munitions" en provenance de Pyongyang — qui auraient représenté "jusqu’à la moitié de tous les projectiles tirés par la Russie en Ukraine au cours des six derniers mois" — l’armée russe aurait réalisé des avancées notables dans la reconstitution de stocks entamés par la durée et l’intensité du conflit.
"Pour le Kremlin, le maintien de telles réserves constitue très probablement un élément essentiel de la planification de conflits potentiels futurs", écrit l'Estonie. L’avertissement est d’autant plus scruté que les services de renseignement de ce pays sont souvent considérés comme comptant parmi les plus performants pour collecter et exploiter des informations classifiées sur la Russie, que Tallinn désigne comme son principal adversaire stratégique.
Le VLA observe que ces gains de production interviennent dans un contexte intérieur moins favorable. Le rapport évoque une économie "qui s’affaiblit rapidement" — après quelques années d'une économie de guerre poussive et inflationniste, notions-nous récemment — et une inquiétude croissante au sein de la société russe concernant l’impact social de la guerre.
L'Otan en ligne de mire ?
Mais à quel adversaire, alors, sont destinés les obus qui sortent par millions des usines russes ? Sur le plan stratégique, Kaupo Rosin, chef du renseignement estonien, affirme que ses services ne croient pas que Vladimir Poutine ait l’intention d’attaquer l’Otan "dans un avenir proche". Il avertit toutefois que le Kremlin continue de se percevoir comme engagé dans une confrontation existentielle avec l’Alliance.
Faute de perspective de percée décisive sur le terrain, le rapport indique que la Russie a finalement, ces derniers mois, déplacé une partie de son effort vers des opérations de renseignement et d’influence. L’objectif central, selon le VLA, serait de creuser les divergences entre les États-Unis et les pays européens, à leur paroxysme cet hiver, alors que Donald Trump multiplie les déclarations nébuleuses, à l'image de celles faites sur le Groenland.
Les cycles de "pourparlers de paix" entre Washington et Moscou autour de l’Ukraine seraient également, d’après le rapport, instrumentalisés par le Kremlin. "Les institutions de l’État russe ont reçu pour instruction de la part du Kremlin de projeter une image d’ouverture et de volonté de coopérer avec les États-Unis", écrit le VLA, ajoutant qu’il s’agit "d’une ruse". La dernière d'une très longue liste pour Vladimir Poutine."
https://www.geo.fr/geopolitique/la-russ ... 025-230872
La Russie a accru sa production d’obus à un niveau tel qu’elle est désormais "en train de se préparer à sa prochaine guerre", a averti mardi le service de renseignement extérieur estonien, alors que le conflit d’usure en Ukraine approche de son quatrième anniversaire.
es chiffres sont éloquents. Selon des estimations estoniennes, les usines russes ont produit en 2025 plus de 7 millions d’obus, de munitions de mortier et de roquettes, contre 4,5 millions en 2024. Le chiffre représenterait 17 fois ceux du début de la guerre en Ukraine.
D’après un rapport annuel du service de renseignement estonien Välisluureamet (VLA), rendu public mardi, l’essentiel de la progression récente s’explique par la construction de sites industriels entièrement nouveaux sur le territoire russe, plutôt que par la simple extension d’unités existantes.
Les munitions nord-coréennes au secours des unités russes
Le document du VLA souligne par ailleurs l’effet tremplin des armes nord-coréennes pour l'arsenal russe. Grâce à des "importations supplémentaires importantes de munitions" en provenance de Pyongyang — qui auraient représenté "jusqu’à la moitié de tous les projectiles tirés par la Russie en Ukraine au cours des six derniers mois" — l’armée russe aurait réalisé des avancées notables dans la reconstitution de stocks entamés par la durée et l’intensité du conflit.
"Pour le Kremlin, le maintien de telles réserves constitue très probablement un élément essentiel de la planification de conflits potentiels futurs", écrit l'Estonie. L’avertissement est d’autant plus scruté que les services de renseignement de ce pays sont souvent considérés comme comptant parmi les plus performants pour collecter et exploiter des informations classifiées sur la Russie, que Tallinn désigne comme son principal adversaire stratégique.
Le VLA observe que ces gains de production interviennent dans un contexte intérieur moins favorable. Le rapport évoque une économie "qui s’affaiblit rapidement" — après quelques années d'une économie de guerre poussive et inflationniste, notions-nous récemment — et une inquiétude croissante au sein de la société russe concernant l’impact social de la guerre.
L'Otan en ligne de mire ?
Mais à quel adversaire, alors, sont destinés les obus qui sortent par millions des usines russes ? Sur le plan stratégique, Kaupo Rosin, chef du renseignement estonien, affirme que ses services ne croient pas que Vladimir Poutine ait l’intention d’attaquer l’Otan "dans un avenir proche". Il avertit toutefois que le Kremlin continue de se percevoir comme engagé dans une confrontation existentielle avec l’Alliance.
Faute de perspective de percée décisive sur le terrain, le rapport indique que la Russie a finalement, ces derniers mois, déplacé une partie de son effort vers des opérations de renseignement et d’influence. L’objectif central, selon le VLA, serait de creuser les divergences entre les États-Unis et les pays européens, à leur paroxysme cet hiver, alors que Donald Trump multiplie les déclarations nébuleuses, à l'image de celles faites sur le Groenland.
Les cycles de "pourparlers de paix" entre Washington et Moscou autour de l’Ukraine seraient également, d’après le rapport, instrumentalisés par le Kremlin. "Les institutions de l’État russe ont reçu pour instruction de la part du Kremlin de projeter une image d’ouverture et de volonté de coopérer avec les États-Unis", écrit le VLA, ajoutant qu’il s’agit "d’une ruse". La dernière d'une très longue liste pour Vladimir Poutine."
https://www.geo.fr/geopolitique/la-russ ... 025-230872