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Re: D'où vient le racisme?

Posté : 15 avril 2016 16:46
par Kelenner
Anne32 a écrit :

Il me semble pourtant avoir lu très souvent des propos haineux envers les Kolons et les pieds noirs
Serait ce un rétro pédalage??????
Ce système Colonial que vous rejetez, n'a pas été de notre fait, mais du pouvoir Central situé à Paris
Il faut donc vous retourner contre vos prédécesseurs qui ont imposé ce système
Facile de faire le procès de cette époque auX XI èle siècle, les pieds dans ses pantoufles, et sans aucun risque
Vous niez l'évolution des élites locales avant 1939.
De mémoire:Ferhat Abbas, pharmacien- Farès Notaire, Sator, Ould Aoudia Avocats, Ben Cheneb et Tidjani, Professeurs au Lycée d'Alger, et combien d'autres
J'allais oublier Oudjedan, député d'Alger,Ali Chekal, assassiné par le FLN, alors qu'il sortait du stade aux côtés du Président de la Republique
Vous vous contentez de généralités, moi je vous parle du terrain et de l'amélioration constante de la situation de la population autochtone

L'Algérie n'était née que depuis 130 ans, et vous auriez voulu qu'elle soit aussi parfaite que la France, qui a demandé mille ans pour être ce qu'elle est
Encore une fois, vous n'avez rien compris à ce que j'écris, qui est pourtant en français me semble-t-il. Je me fous des pieds-noirs, il est vrai que je n'ai pas beaucoup de respect pour ceux que j'ai pu rencontrer, mais je ne généralise pas. Ils ne sont pas le sujet. C'est un système que je dénonce, là encore je me fous de savoir qui l'a institué, s'il ne vous plaisait pas vous pouviez très bien vous en aller.

Par ailleurs, ça m'est égal de savoir qu'un Mohamed ou un Mouloud avaient pu devenir pharmacien ou avocat, si c'est votre seul argument pour justifier l'oppression d'un peuple, c'est pathétique. Il est évident qu'un tel système s'appuie sur des "collaborateurs" locaux, ça n'a jamais fonctionné autrement. Ca n'excuse en rien d'avoir privé de ses droits toute une population -dont l'écrasante majorité n'avait pas la chance de fréquenter vos hautes sphères...-, d'avoir spolié ses terres et d'avoir massacré ceux qui osaient réclamer leur droit à l'auto-détermination. Voilà ce que je dis. La question n'a rien de personnel, c'est un système qu'il faut sans cesse combattre et dénoncer, puisque visiblement encore aujourd'hui certains n'ont pas encore renoncé à le voir renaître de ses cendres.

Re: D'où vient le racisme?

Posté : 15 avril 2016 16:52
par Kelenner
Victor a écrit :
Merci d'avoir clarifié tes propos.
Je ne défends pas le système colonial, je dis simplement que le bilan n'est pas complètement négatif comme certains le prétendent.
Pas mal d'algériens qui ont connu la colonisation disent que c'était mieux du temps de la colonisation ...
Non pas tant qu'ils regrettent la colonisation, (sauf quelques rares cas), car ils sont conscients que "l'apartheid" entre les catégories de population était immoral et plus tenable.
Il faut plutôt en conclure:
1 - L'échec de la plupart des gouvernements qui ont suivi la décolonisation.
2 - Que le système français de colonisation, avec tous ses défauts et ses injustices n'était pas aussi ignoble que cela, vu que l'on arrive à le regretter ...

Je peux même affirmer que beaucoup de jeunes algériens aimeraient bien avoir des visas pour venir en France ...
donc si on proposait, aujourd'hui aux jeunes algériens (qui n'ont connu ni la colonisation, ni la guerre d'indépendance) que l'Algérie devienne une sorte de DOM-TOM français, plutôt un genre de TOM comme la Nouvelle-Calédonie, beaucoup seraient intéressés vu l'absence d'avenir qu'ils ont actuellement dans leur pays.
C'est une toute autre question. L'échec, évident, des vieillards du FLN ne remet absolument pas en cause l'immoralité et l'injustice du système colonial. Tout comme ce n'est pas parce que René Coty était un Président bidon (j'en sais rien, j'étais pas né) que l'Occupation allemande devenait du même coup plus acceptable... Peut-être même que certains ne verraient actuellement pas d'un mauvais oeil une forme d'association d'égal à égal avec la France, faute de perspectives chez eux. Mais je pense surtout que l'écrasante majorité des algériens souhaiteraient avant tout un gouvernement ALGERIEN efficace et compétent, comme dans tout pays gangrené par le népotisme, la corruption et la mauvaise gestion. Et c'est dans notre propre intérêt de les y aider..

Re: D'où vient le racisme?

Posté : 15 avril 2016 16:52
par Anne32
Victor, où avez vous vu de l'apartheid en Algérie?

Les transports en commun étaient ouverts à tous, contrairement aux Etats Unis
Les écoles, les Lycées, les Facs, idem
Tous les commerces étaient ouverts à tout le monde
Quant à l'Assemblée Algérienne, elle était composée de deux Collèges,mais les travaux étaient communs, ainsi que les délibérations.
Je vous rappelle les Présidents élus par les deuxCollèges: Sayah Abdelkader et Ali Chekal entre autres
Dans les conseils généraux et conseils municipaux, les élus de toutes origines étaient confondus, et là aussi, travaux et délibérations étaient pris en commun

A Alger, le maire Jacques Chevalier, avait eu parmi ses adjoints, Maître Kiouane

Re: D'où vient le racisme?

Posté : 15 avril 2016 17:07
par Galaxi
Racisme = colonialisme ? Le racisme se résume-t-il à ça ??
Ca voudrait dire qu'il n'y a de nouveau que les blancs qui sont de vilains racistes ?

Re: D'où vient le racisme?

Posté : 15 avril 2016 17:08
par Anne32
Kelenner a écrit :

Encore une fois, vous n'avez rien compris à ce que j'écris, qui est pourtant en français me semble-t-il. Je me fous des pieds-noirs, il est vrai que je n'ai pas beaucoup de respect pour ceux que j'ai pu rencontrer, mais je ne généralise pas. Ils ne sont pas le sujet. C'est un système que je dénonce, là encore je me fous de savoir qui l'a institué, s'il ne vous plaisait pas vous pouviez très bien vous en aller.

Par ailleurs, ça m'est égal de savoir qu'un Mohamed ou un Mouloud avaient pu devenir pharmacien ou avocat, si c'est votre seul argument pour justifier l'oppression d'un peuple, c'est pathétique. Il est évident qu'un tel système s'appuie sur des "collaborateurs" locaux, ça n'a jamais fonctionné autrement. Ca n'excuse en rien d'avoir privé de ses droits toute une population -dont l'écrasante majorité n'avait pas la chance de fréquenter vos hautes sphères...-, d'avoir spolié ses terres et d'avoir massacré ceux qui osaient réclamer leur droit à l'auto-détermination. Voilà ce que je dis. La question n'a rien de personnel, c'est un système qu'il faut sans cesse combattre et dénoncer, puisque visiblement encore aujourd'hui certains n'ont pas encore renoncé à le voir renaître de ses cendres.
Voilà une dialectique bien rodée, bien générale, qui ne s'appuie sur rien, puisque dès que je donne des arguments, vous bottez en touche pour répéter sempiternellement ce que l'on vous a appris
Vous n'avez même pas le bon sens de vérifier si tout ce qu'on vous a inculqué est exact, vous avez tout pris pour argent comptant, et ressortez tous les vieux clichés d'il y a 50 ans
Moi je vous donne des faits exacts, des preuves d'une coopération en marche
Mais ça vous gêne beaucoup, car ces preuves vous ne pouvez les nier,et votre "cellule "sera dans l'incapacité de prouver le contraire

Faut savoir réfléchir par soi même, aller lire ce que ceux que vous condamnez ont à dire, donner son impression personnelle
et ne pas régurgiter bêtement les lectures tellement orientées qu'elles en sont banales

Re: D'où vient le racisme?

Posté : 15 avril 2016 17:23
par Victor
Anne32 a écrit : Victor, où avez vous vu de l'apartheid en Algérie?

Les transports en commun étaient ouverts à tous, contrairement aux Etats Unis
Les écoles, les Lycées, les Facs, idem
Tous les commerces étaient ouverts à tout le monde
Quant à l'Assemblée Algérienne, elle était composée de deux Collèges,mais les travaux étaient communs, ainsi que les délibérations.
Je vous rappelle les Présidents élus par les deuxCollèges: Sayah Abdelkader et Ali Chekal entre autres
Dans les conseils généraux et conseils municipaux, les élus de toutes origines étaient confondus, et là aussi, travaux et délibérations étaient pris en commun

A Alger, le maire Jacques Chevalier, avait eu parmi ses adjoints, Maître Kiouane
Anne, Si vous relisez mon message vous verrez que j'ai mis le mot apartheid entre parenthèses.
Pour signifier que ce n'était pas un véritable apartheid comme vous avez la pertinence et la gentillesse de le préciser mais qu'il y avait bien néanmoins deux catégories de population.

Re: D'où vient le racisme?

Posté : 15 avril 2016 18:22
par Anne32
Victor a écrit :
Anne, Si vous relisez mon message vous verrez que j'ai mis le mot apartheid entre parenthèses.
Pour signifier que ce n'était pas un véritable apartheid comme vous avez la pertinence et la gentillesse de le préciser mais qu'il y avait bien néanmoins deux catégories de population.
Bien sûr qu'il y avait deux catégories de populations
Personne ne peut le nier
Mais ce que je voudrais faire passer, c'est que contrairement aux Etats Unis, qui eux, n'ont pas fait le détail et ont éliminé délibérément les indiens, nous avons fait le contraire.
La preuve en est, c'est qu'en 1830, il y avait à peu près une population d'un million , et quand nous en sommes partis, elle était passée à 10 millions.
Faut croire que nous n'étions pas si assoiffés de sang comme certains l'affirment
Ceci corrigé, je vous lis toujours avec plaisir.
Bonne continuation

Re: D'où vient le racisme?

Posté : 15 avril 2016 19:10
par Hdelapampa
Galaxi a écrit :


J'ai lu :roll: je voulais juste te faire remarquer qu'on ne peut dater le racisme, le rejet de ce qui est différent de nous a toujours existé, déjà au temps de la préhistoire les conflits "ethniques" existaient, celui qui habitait l'autre côté de la montagne était un ennemi ... alors dire que le racisme est apparu avec telle personne, tel jour, c'est complètement ridicule.
Alors je persiste à dire que vous n'avez pas lu le sujet.
Pas de racisme sans l'idée de race et de hiérarchie.
Une rivalité territoriale, il y a dix mille ans, n'est pas un conflit de races.
La guerre entre Protestants et Catholiques,, les Croisades ne sont pas des conflits de races.
Ceux qui disent que le racisme est en chacun de nous et a toujours existé;
-au mieux se trompent.
-au pire sont d'effrontés menteurs qui veulent culpabiliser tout le monde, interdire toute pensée et toute critique pour dissimuler la vérité et transformer l'Histoire de France en conte de fées.

Re: D'où vient le racisme?

Posté : 15 avril 2016 19:34
par Hdelapampa
Le mot apartheid gêne? Alors que l'existence de deux catégories d'habitant séparées et avec des droits et des devoirs différents existaient bien?
Pas de problème.
Parlons du "code de l'indigènat"
http://ldh-toulon.net/le-code-de-l-indi ... ans-l.html
Les musulmans d’Algérie étaient français - formellement. Pratiquement, ils étaient soumis au code de l’Indigénat et avaient une nationalité dégradée, dénaturée. Pour devenir pleinement français, ils devaient d’ailleurs en passer par une naturalisation : entre 1865 et 1962, seuls 7 000 d’entre eux sont devenus ainsi français ! Et pourtant on leur tenait le discours sur la République, l’égalité et la fraternité.

Jamais ailleurs qu’en Algérie la distance n’a été aussi grande entre les mots du discours républicain et sa pratique [1].

Le code de l’Indigénat en Algérie [6]

Une liste de 27 infractions spécifiques à l’indigénat a été établie en 1874. Augmentée en 1876 et 1877, elle comporte en 1881, par exemple, les infractions suivantes : réunion sans autorisation, départ du territoire de la commune sans permis de voyage, acte irrespectueux, propos offensant vis-à-vis d’un agent de l’autorité même en dehors de ses fonctions, ... Outre le séquestre, l’indigène peut être puni d’une amende ou d’une peine d’internement. A ces peines individuelles, peuvent s’ajouter des amendes collectives infligées aux tribus ou aux douars, dans le cas d’incendies de forêts.

Inutile de dire que l’exercice des libertés publiques, celles de réunion ou de circulation - totalement supprimées, de 1862 à 1890, puis légèrement assouplies - est extrèmement restreint.

Codifiées en 1881, les infractions spéciales constituent progressivement un véritable code de l’indigénat. Il faut les distinguer des crimes et délits commis en violation de la loi française, lesquels sont du ressort de la loi française.

Un statut de caractère ethnique [7]

Le simple fait de renoncer au statut personnel de musulman (c’est-à-dire aux coutumes incompatibles avec le Code civil) ne suffisait pas en Algérie pour acquérir la pleine nationalité. La preuve en est donnée par les musulmans convertis au catholicisme étudiés par André Bonnichon. Dans les années 1920, ils sont - selon ses évaluations - plusieurs centaines ou quelques milliers. La plupart sont naturalisés, mais pas tous, pour des raisons qui tiennent parfois à l’âge, lorsqu’ils ont moins de 21 ans et qu’ils n’ont pas encore eu accès à la procédure de naturalisation. Dans ce cas, le converti non naturalisé reste considéré comme un indigène musulman soumis au « code de l’indigénat », au régime pénal et de police, aux tribunaux répressifs indigènes, mais aussi au tribunal du cadi là où il existe. Pour justifier cette règle, la cour d’appel d’Alger a statué en 1903 que le terme musulman « n’a pas un sens purement confessionnel, mais qu’il désigne au contraire l’ensemble des individus d’origine musulmane qui, n’ayant point été admis au droit de cité, ont nécessairement conservé leur statut personnel musulman, sans qu’il y ait lieu de distinguer s’ils appartiennent ou non au culte mahométan. »

Cette assignation à l’origine ethnique ou religieuse, qui maintient le musulman converti dans le statut de l’indigénat tant qu’il n’a pas fait l’objet d’une naturalisation (laquelle relève d’une décision de l’autorité publique), montre le caractère ethnico-politique, et non pas simplement civil ou religieux, de ce statut. Un musulman ne peut quitter ce statut que s’il en fait la demande et si l’Etat l’accepte, après enquête, comme dans une procédure de naturalisation classique. [8]


Re: D'où vient le racisme?

Posté : 15 avril 2016 19:44
par Hdelapampa
De la scolarisation et de la politique scolaire de l'administration coloniale:
http://books.openedition.org/enseditions/1268?lang=fr
L'incontournable Jules Ferry le civilisateur.
Jules Ferry a écrit :« On dit – et le fait dans sa généralité est vrai – que le jeune arabe, le jeune kabyle, le musulman jusqu’à l’âge de douze ans ou de treize ans montre tous les signes d’une vive intelligence, remarque Ferry, mais à ce moment, poursuit-il, il se produit dans son organisation une crise et dans son intelligence un arrêt de développement. Il se marie jeune et il est perdu non seulement pour l’école mais même ajoute-t-on pour la civilisation française ! Messieurs, je pourrais répondre que la crise à laquelle on fait allusion est la même chez les jeunes tunisiens ; je me contenterai d’une réponse plus simple encore. Si la crise éclate dans la quatorzième année, gardons-les toujours jusqu’à cet âge, propose Ferry, c’est assez, bien assez puisque nous ne voulons pas leur rendre familiers nos beaux programmes d’enseignement primaire que nous ne voulons leur apprendre ni beaucoup l’histoire ni beaucoup de géographie mais seulement le français, le français avant tout, le français et rien d’autre. Si vous le voulez. Et si nous ajoutons à cela, comme on en a fait l’essai heureux dans un certain nombre d’école, un petit enseignement pratique et professionnel, nous nous apercevons bien vite que le coran n’est en aucune façon l’ennemi de la science, même sous son aspect le plus humble et le plus élémentaire ; et ces populations qui sont avant tout laborieuses, malheureuses, vouées au travail manuel, comprendront vite de quel secours peut bien être cette modeste éducation française, dans leur lutte pour la vie de chaque jour14. »
Image

Re: D'où vient le racisme?

Posté : 16 avril 2016 10:33
par Anne32
[quote="Hdelapampa"] Le mot apartheid gêne? Alors que l'existence de deux catégories d'habitant séparées et avec des droits et des devoirs différents existaient bien?
Pas de problème.
Parlons du "code de l'indigènat"
http://ldh-toulon.net/le-code-de-l-indi ... ans-l.html
[quote]Les musulmans d’Algérie étaient français - formellement. Pratiquement, ils étaient soumis au code de l’Indigénat et avaient une nationalité dégradée, dénaturée. Pour devenir pleinement français, ils devaient d’ailleurs en passer par une naturalisation : entre 1865 et 1962, seuls 7 000 d’entre eux sont devenus ainsi français ! Et pourtant on leur tenait le discours sur la République, l’égalité et la fraternité.

Jamais ailleurs qu’en Algérie la distance n’a été aussi grande entre les mots du discours républicain et sa pratique [1].

Le code de l’Indigénat en Algérie [6]

Une liste de 27 infractions spécifiques à l’indigénat a été établie en 1874. Augmentée en 1876 et 1877, elle comporte en 1881, par exemple, les infractions suivantes : réunion sans autorisation, départ du territoire de la commune sans permis de voyage, acte irrespectueux, propos offensant vis-à-vis d’un agent de l’autorité même en dehors de ses fonctions, ... Outre le séquestre, l’indigène peut être puni d’une amende ou d’une peine d’internement. A ces peines individuelles, peuvent s’ajouter des amendes collectives infligées aux tribus ou aux douars, dans le cas d’incendies de forêts.

Inutile de dire que l’exercice des libertés publiques, celles de réunion ou de circulation - totalement supprimées, de 1862 à 1890, puis légèrement assouplies - est extrèmement restreint.

Codifiées en 1881, les infractions spéciales constituent progressivement un véritable code de l’indigénat. Il faut les distinguer des crimes et délits commis en violation de la loi française, lesquels sont du ressort de la loi française.

Un statut de caractère ethnique [7]

Le simple fait de renoncer au statut personnel de musulman (c’est-à-dire aux coutumes incompatibles avec le Code civil) ne suffisait pas en Algérie pour acquérir la pleine nationalité. La preuve en est donnée par les musulmans convertis au catholicisme étudiés par André Bonnichon. Dans les années 1920, ils sont - selon ses évaluations - plusieurs centaines ou quelques milliers. La plupart sont naturalisés, mais pas tous, pour des raisons qui tiennent parfois à l’âge, lorsqu’ils ont moins de 21 ans et qu’ils n’ont pas encore eu accès à la procédure de naturalisation. Dans ce cas, le converti non naturalisé reste considéré comme un indigène musulman soumis au « code de l’indigénat », au régime pénal et de police, aux tribunaux répressifs indigènes, mais aussi au tribunal du cadi là où il existe. Pour justifier cette règle, la cour d’appel d’Alger a statué en 1903 que le terme musulman « n’a pas un sens purement confessionnel, mais qu’il désigne au contraire l’ensemble des individus d’origine musulmane qui, n’ayant point été admis au droit de cité, ont nécessairement conservé leur statut personnel musulman, sans qu’il y ait lieu de distinguer s’ils appartiennent ou non au culte mahométan. »

Cette assignation à l’origine ethnique ou religieuse, qui maintient le musulman converti dans le statut de l’indigénat tant qu’il n’a pas fait l’objet d’une naturalisation (laquelle relève d’une décision de l’autorité publique), montre le caractère ethnico-politique, et non pas simplement civil ou religieux, de ce statut. Un musulman ne peut quitter ce statut que s’il en fait la demande et si l’Etat l’accepte, après enquête, comme dans une procédure de naturalisation classique. [8]


Le code de l'indigénat a été instauré dans les années 1888, et nous sommes aujourd'hui au 21 ème siècle
Comment pouvez vous comparer la mentalité de cette époque, avec la notre et sa modernité (télé, voitures, congés payés, 35 heures etc)
A l'époque, en Métropole,les enfants de 12 ans descendaient dans les mines, les ouvriers étaient affamés, leur vie était écourtée.

Sortir un évènement, un document,de son contexte général est la source de bien des erreurs
La preuve en est: quel était l'état d'esprit en Métropole à cette époque

Il ne faut jamais extraire un fait, un évènement, un document de son contexte général
D'autre part, je vous rappelle que c'est PARIS qui décidait des lois à appliquer en Algérie

Vous passez sous silence, que ce code de l'indigénat a été assez rapidement abandonné
L'internement administratif a été fortement réduit en 1914
Les administrateurs n'exercent plus de sanctions disciplinaires vers 1927
Les tribunaux répressifs sont supprimés en 1931
Les Cours criminelles en 1942
Toutes les autres mesures ont été abolies dès 1944
Vous constaterez donc, la progression vers une normalisation entre les deux ethnies, et si nous avions eu le temps nécessaire pour entreprendre des dialogues constructifs, avec une partie de la rébellion, nous aurions évité, et l'exode des pieds noirs, et les guerres fratricides qui ont suivi notre départ.

Re: D'où vient le racisme?

Posté : 16 avril 2016 10:56
par Hdelapampa
Le 8 mai 1945, 1 er jour de la "Guerre d'Algérie, on était à peine à la moitié du XX ème siècle.
Je ne sous-estime pas la barbarie de la société capitaliste du XIX ème siècle.
Vous avez raison de rappeler le sort réservé aux enfants DES OUVRIERS et...à leurs parents.
Mais d'une part c'est la même société, la même classe qui a voulu la colonisation de l'Algérie et y a envoyé la troupe pour que des Français puissent y vivre comme en Métropole (en remplaçant les ouvriers par les autochtones).
D'autre part, ça n'excuse rien : à cette époque quels étaient les valeurs des différents régimes qui se sont succédés?
Les II et III ème République ont elles refait ce que les restaurations et les deux "Empires" avaient défait?
Non: elles l'ont continué.

Et enfin et surtout, que proposez-vous pour faire reculer le racisme AUJOURD'HUI?
Niez vous que le racisme existe, comme vous niez l'existence de celui de la société coloniale?
Puis-je vous demander de cesser de dire "nous"?
Nous ne faisons pas partie du même, avec tout le respect que je vous dois.

Après la loi du 7 avril 1946 abolissant le Code de l'indigénat , les autochtones (Nouvelle-Calédonie, Madagascar, Algérie, etc.) purent à nouveau circuler librement, de jour comme de nuit, et récupérer le droit de résider où ils voulaient et de travailler librement. Cependant, les autorités françaises réussirent à faire perdurer le Code de l'indigénat en Algérie pratiquement jusqu'à l'Indépendance (1962).
11] Source LECLERC, Jacques. « Le Code de l’indigénat » dans L’aménagement linguistique dans le monde, Québec, TLFQ, Université Laval, http://www.axl.cefan.ulaval.ca/afrique/ ... t_code.htm


Des codes similaires furent adoptés par les Britanniques, les Portugais, les Hollandais, etc. Ce ne sont pas les Français qui ont inventé ça!

Sur la scolarisation, toujours, puisque vous ne lisez pas tout dans les pages des liens: une illustration de la courbe que j'ai publiée
Le secondaire : un recrutement dérisoire

41 Voir C.-R. Ageron, Les Algériens…, p. 941.
42 Voir Morinaud, El Akhbar, 19 janvier 1913, cité par C.-R. Ageron, Les Algériens…, p. 960.
43 Charles-Robert Ageron relève, pour sa part, 40 bacheliers dont 32 en série de philosophie et 8 en (...)

29Le secondaire lui-même ne recrutait guère : 86 élèves suivaient les cours des lycées et collèges en 1892, 90 en 1899, 124 en 1905, 290 en 1912, 386 en 1914 et 445 en 192041. Plus que les effectifs scolaires dans cet ordre d’enseignement, c’est le nombre de bacheliers qui est révélateur des obstacles mis à l’accès à la seule instruction « qui fut vraiment féconde »42. De 1880 à 1890, quatre élèves musulmans pouvaient se prévaloir du titre de bachelier. Il y en eut entre 1890 et 1904 : 13, et en 1914 : 13 dont 11 en série de philosophie et deux en série de mathématiques. La faiblesse numérique manifeste des élèves algériens dans ces derniers degrés de l’enseignement n’est pas essentiellement le fait de déterminismes sociologiques mais politiques. Pour les autorités coloniales, aussi bien pouvoir métropolitain que lobby colon, l’enseignement secondaire et a fortiori l’enseignement supérieur qui présentaient le danger d’être des terrains d’éveil des consciences devaient être sinon fermés aux élèves autochtones du moins réservés à ceux d’entre eux issus de la bourgeoisie collaboratrice. De fait, la majorité de ceux qui accèdent à l’enseignement secondaire était originaire de cette classe : Charles-Robert Ageron relève ainsi que les 120 boursiers des lycées en 1912 étaient tous fils d’aghas et de caïds43. Cependant, même cette politique de promotion d’une fraction de la population algérienne fut rapidement remise en cause.

et...conclusion du long article
Un système hiérarchisé fonctionnant à la relégation et à l’exclusion des autochtones

77 Si la langue arabe est marginalisée, elle n’en demeure pas moins le support d’un système éducatif (...)
78 La permanence d’un système d’enseignement autochtone, sa réactivation entre les deux guerres pourr (...)
79 La structure d’ensemble est à dominante dans le sens où elle est le lieu d’une unité contradictoir (...)
80 L’usage ou le non-usage de l’une ou de l’autre langue ne partage pas en deux, comme le ferait une (...)
81 On pourrait à cet égard établir une hiérarchie ascendante des enseignements qui irait du pôle où l (...)
82 Mostefa Lacheraf, L’Algérie, nation et société, Alger : SNED, 1978.
83 Celle-ci participe de la tradition islamique qui valorise le ilm (la connaissance), indépendamment (...)
84 Pour une société totalement dominée, le côté pratique et utilitaire de l’instruction en français a (...)
85 La scolarité durant l’époque coloniale était, dans la plupart des cas, vécue comme une aventure. A (...)

46La mise en place du système de l’enseignement supérieur français parce qu’elle manifeste avant tout, au-delà du changement de formes et de contenus des enseignements, la prééminence de la langue française n’en introduit pas moins une hiérarchisation qui ne peut pas se laisser réduire simplement à une hiérarchie – proprement scolaire – formelle des disciplines. Autrement dit, dans le cas algérien, le rapport aux disciplines apparaît comme surdéterminé par le rapport aux langues en cours dans la société globale77. On l’a vu, l’installation du système d’enseignement français n’a pas abouti à l’élimination des institutions éducatives algériennes, celles-ci bien que combattues ont survécu et ont même connu une certaine redynamisation sous l’effet du mouvement réformiste. La configuration qu’offre le système d’enseignement de l’Algérie coloniale78 apparaît comme celle d’un ensemble complexe à dominante79 dont le principe de différenciation est l’usage prévalant dans l’un ou l’autre des sous-ensembles, de la langue française ou de la langue arabe80. La hiérarchie des enseignements que dessine la rencontre du système d’enseignement exogène avec le système d’enseignement autochtone apparaît ainsi tout entière principalement structurée sur une base linguistique81. L’usage ou le non-usage dans la transmission du savoir de l’une ou l’autre langue s’avère dans le cas algérien plus déterminant dans les attitudes à l’égard de l’école que la « nature » même des enseignements. Sans doute pourrait-on croire qu’il n’existe pas dans la situation coloniale de véritables choix scolaires. De fait nombre d’Algériens dissociant, d’« instinct, par alibi de nécessité »82 ou par tradition culturelle83, l’appareil scolaire français de sa gangue coloniale tendaient de plus en plus à orienter préférentiellement leurs enfants vers les filières de l’enseignement français. Celui-ci apparaissait pour beaucoup d’entre eux comme le gage le plus sûr pour l’obtention d’un emploi84. Ce qui importait, dans la stratégie de survie déployée par les populations dominées, c’était moins la nature ou la diversité des disciplines que le simple fait de pouvoir passer par l’école française ou au mieux d’obtenir un diplôme quel qu’il fût85.

86 Les conditions mêmes de la scolarisation limitaient considérablement le libre jeu des choix cultur (...)
87 Il n’y avait pas de débouchés, les médersas libres ne produisaient que des enseignants pour leurs (...)

47Tout conduit à penser qu’il n’existait pas de réelle alternative aussi bien à l’intérieur du système d’enseignement qu’à l’extérieur de celui-ci.Les carrières qu’empruntaient les élèves autochtones étaient celles qui leur étaient assignées par le système colonial86. Les limites en étaient tracées d’avance, les options simplifiées, le contenu spécialisé et adapté. Le système d’enseignement autochtone lui-même semblait, parce que ne débouchant sur aucun emploi sûr et stable, exclu de fait de la compétition87. Sans doute trouve-t-on dans les médersas libres aussi bien que dans les écoles coraniques, des enfants en grand nombre qui sont exclus des écoles laïques, ceux qui refusent d’y aller ou ceux qui n’ont aucune chance d’y entrer. Mais l’existence de ces filières n’est pas à l’origine de proposer, seulement une alternative à l’échec dans l’école française ; elles se proposent surtout comme projet cohérent visant à disputer à celle-ci la légitimité culturelle.

Re: D'où vient le racisme?

Posté : 16 avril 2016 11:43
par Anne32
Hdelapampa a écrit : Le 8 mai 1945, 1 er jour de la "Guerre d'Algérie, on était à peine à la moitié du XX ème siècle.
Je ne sous-estime pas la barbarie de la société capitaliste du XIX ème siècle.
Vous avez raison de rappeler le sort réservé aux enfants DES OUVRIERS et...à leurs parents.
Mais d'une part c'est la même société, la même classe qui a voulu la colonisation de l'Algérie et y a envoyé la troupe pour que des Français puissent y vivre comme en Métropole (en remplaçant les ouvriers par les autochtones).
D'autre part, ça n'excuse rien : à cette époque quels étaient les valeurs des différents régimes qui se sont succédés?
Les II et III ème République ont elles refait ce que les restaurations et les deux "Empires" avaient défait?
Non: elles l'ont continué.

Et en fin et surtout, que proposez-vous pour faire reculer le racisme AUJOURD'HUI?
Niez vous que le racisme existe, comme vous niez l'existence de celui de la société coloniale?

http://inter.culturel.free.fr/textes/indigenat.htm



Sur la scolarisation, toujours, puisque vous ne lisez pas tout dans les pages des liens: une illustration de la courbe que j'ai publiée



et...conclusion du long article
On ne pourra jamais faire reculer le racisme
Je l'ai démontré en évoquant un épisode dans ma région
C'est de la pure utopie que de le croire, comme de croire que le capitalisme sera un jour éradiqué
Il prendra un autre nom, c'est tout

Quant à l'enseignement, ne croyez pas que les autochtones apprenaient uniquement le Français
Certes c'était indispensable pour communiquer, ce me semble
J'ai le témoignage de ma Grand mère, partie d'Issoire, pour enseigner en Kabylie
Elle a eu la responsabilité de plusieurs classes dans des bleds oubliés des Dieux
Je ne l'ai jamais entendue dire qu'elle se cantonnait uniquement dans l'apprentissage de la langue Française
D'autre part, aucune école, aucun lycée, aucune Fac, n'était interdite
J'en suis témoin et mon mari aussi

Savez vous ce qu'a fait ma grand mère, je parle des années 1880/90?
Après l'arrivée des Alsaciens fuyant l'invasion Allemande????????
Elle avait repéré un élève Kabyle, particulièrement intelligent, mais comme beaucoup des siens, dans l'impossibilité de poursuivre des études supérieures
Eh bien malgré une surcharge de travail et 5 enfants à élever, elle a pris sur ses temps de repos, pour enseigner tout ce qu'elle pouvait à ce jeune garçon
Il a passé des concours, et a obtenu un poste de directeur adjoint des impôts
Ce garçon a toujours gardé une fidélité à toute épreuve envers son institutrice, et bien des années après,il venait lui rendre visite

Pour en revenir à l'indigenat, et à la situation catastrophique en France, sous Clémenceau, il ne faut pas oublier le climat de tension qui régnait
Il faut se souvenir des soulèvements des vignerons du Sud ouest, de Clémenceau qui ne s'est pas gêné pour blouser Marcelin, et donné ordre de tirer sur la foule
Heureusement que le 17 ème régiment d'infanterie n'a pas obéi et a levé la crosse
Aussi, je crois que replacer le Code de l'indigénat, dans le contexte général de la situation en France, explique la sévérité de cette loi

Quant à la poursuite de l'application de ce code jusqu'en 1962, j'aimerais assez qu'on m'en donne la preuve
Ce texte que j'ai lu, me paraît bien manichéen, et à l'opposé total de ce que j'ai vécu, vu, et entendu

Le Quebec ferait bien de se préoccuper de la montée en puissance de l'Islamisme, nombre de ses adeptes sont réfugiés au Canada
Il a donc intérêt à se renseigner avant de sortir de pareilles affirmations

Re: D'où vient le racisme?

Posté : 16 avril 2016 15:35
par Hdelapampa
Chez les ex-colons, je pense en effet, que le racisme n'est pas éradicable.
En cherchant j'ai trouvé ceci (excusez ce retour en arrière)
http://www.academie-en-ligne.fr/ressour ... nce-07.pdf
Allez vous accuser le Ministère de l'EN d'être anti Français?
http://www.academie-en-ligne.fr/ressour ... ce-07.pdf1. La spoliation des terres
La colonisation donna lieu, en particulier dans les colonies qui reçurent un peuplement blanc important à un vaste mouvement de spoliation des terres. Ce fut le cas en Algérie où les domaines de l’ancien État ottoman, mais aussi les terres des confréries religieuses furent confisqués par l’administration.
On peut estimer qu’en 1919, les musulmans avaient perdu le contrôle d’environ 7millions d’hectares de terres agricoles.
.

Re: D'où vient le racisme?

Posté : 16 avril 2016 16:19
par Hdelapampa
http://www.editions-zones.fr/spip.php?p ... =113#intro
Après le déclenchement de la « guerre de libération nationale » le 1er novembre 1954, l’état d’urgence est proclamé dans les départements français d’Algérie par la loi du 3 avril 1955 qui permet au gouvernement derétablir l’esprit sinon la lettre de certaines mesures en vigueur sous la IIIe République.L’article 1er définit les conditions de mise en œuvre de cet état d’urgence qui « peut être déclaré sur tout ou partie du territoire métropolitain, de l’Algérie ou des départements d’outre-mer, soit en cas de péril imminent résultant d’atteintes graves à l’ordre public, soit en cas d’événements présentant, par leur nature et leur gravité, le caractère de calamité publique ». L’article 6 prévoit que « le ministre de l’Intérieur dans tous les cas et, en Algérie, le gouverneur général peuvent prononcer l’assignation à résidence dans une circonscription territoriale ou une localité déterminée de toute personne […] dont l’activité s’avère dangereuse pour la sécurité et l’ordre publics ». En aucun cas, est-il précisé, « l’assignation à résidence ne pourra avoir pour effet la création de camps où seraient détenues les personnes visées à l’alinéa précédent ». Vaine promesse et vrai mensonge, nous le verrons.

Le gouvernement que dirige le socialiste Guy Mollet reconduit ces dispositions dans le cadre de la loi du 16 mars 1956 relative aux pouvoirs spéciaux en Algérie, laquelle est adoptée à l’Assemblée nationale avec le soutien des députés communistes présents. Trois jours plus tôt, en effet, Jacques Duclos avait pris soin de justifier la « ligne » du Parti en écrivant dans L’Humanité : « Notre vote exprimera notre volonté très nette de faire obstacle à toutes les manœuvres de la réaction en développant l’unité d’action de la classe ouvrière et des masses populaires. » Face à la contestation de certains élus et militants communistes, Maurice Thorez est contraint de défendre une nouvelle fois la position de l’organisation qu’il dirige en affirmant : cette décision « n’a pas été inspiré[e] seulement par des préoccupations de tactique parlementaire, par le désir de faire échec aux efforts des partis de droite » ; elle « a obéi à des considérations plus larges et plus élevées ».

Le 26 juillet 1957, une nouvelle loi, votée à la demande du président du Conseil, M. Bourgès-Maunoury, autorise l’internement en métropole dans des camps pudiquement nommés « centres d’hébergement ». À la suite des manifestations du 13 mai 1958 à Alger et pour faire face à un éventuel coup de force, l’état d’urgence est étendu à la France métropolitaine le 17 mai 1958 pour une période de trois mois. Le 7 octobre 1958, une ordonnance rend possibles l’assignation à résidence et l’internement administratif sur le territoire métropolitain des « personnes dangereuses pour la sécurité publique en raison de l’aide matérielle, directe ou indirecte, qu’elles apportent aux rebelles algériens ».

Appliqué pendant cent dix-sept ans dans l’ancienne Régence d’Alger puis dans de nombreux territoires de l’empire, l’internement administratif fut mis en œuvre pendant six ans en métropole, entre 1938 et 1944, puis de nouveau au cours de la guerre longtemps sans nom qui s’est déroulée outre-Méditerranée. En 1962, dressant le bilan de l’application de cette mesure, le juriste Loïc Philip écrit : « Depuis vingt-trois ans, la France a pratiqué l’internement administratif pendant douze ans, soit plus d’un an sur deux. » Il n’est donc pas surprenant que, au moment de l’indépendance de l’Algérie, et contrairement aux déclarations de certains responsables politiques, il y ait eu près de 15 000 « Français musulmans » internés dans l’ancienne colonie et environ 5 000 dans plusieurs camps situés en métropole. Remarquable poursuite du processus d’extension-banalisation d’une disposition répressive qui, jugée exorbitante par les meilleurs spécialistes du droit colonial dans les années 1920, n’a cessé de prospérer et d’être employée contre des catégories nouvelles de personnes : « indigènes » de l’empire d’abord, étrangers ensuite, citoyens enfin. Mais l’histoire de l’état d’urgence et de l’internement administratif ne s’arrête pas à la fin du conflit algérien.