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Le chomage recule

Posté : 26 mai 2016 18:43
par patoche
Voici que deux mois de suite le chômage recule. Mais est ce vraiment le fait que l'emploi repart ?
Même si il y a un frémissement très léger d'embauche, il serait bon de considérer qu'il y a aussi un nombre important de demandeurs d'emploi nés du baby boom qui partent à la retraite. en 2015 et 2019 la CNAV prévoit 650 000 demandes de retraite .

Re: Le chomage recule

Posté : 26 mai 2016 19:45
par Hdelapampa
Le nombre des chômeurs totaux sans aucune activité recensés à Pôle emploi (catégorie A) a baissé de 19 900 personnes après 60 000 en mars. Déjà il y a une grosse différence entre les deux chiffres. Le moins élevé est postérieur au premier.
Donc...ralentissement de la baisse et non explosion d'un printemps de l'emploi.
3 511 000 personnes restent au chômage.
1 885 900 personnes à la recherche d’un travail sont occupées quelques heures par semaine.
Au total, donc, 5 397 000 personnes cherchent du travail.

Il faut y ajouter 702 700 personnes inscrites à Pôle emploi et qui sont soit non immédiatement disponibles et sans emploi (par exemple en formation ou en maladie), soit pourvues d'un emploi plus ou moins précaires (contrats aidés). Plus de 6 100 000 personnes au total sont donc inscrites à Pôle emploi et environ une sur deux est indemnisée (3 140 000).

Comme les créations d’emplois par les entreprises sont très faibles (malgré les milliards du pacte de compétitivité et du CICE) et que les services publics subissent des compressions d’emplois, le gouvernement appuie sur le champignon des emplois subventionnés et surtout l’envoi dans des formations bidons et coûteuses de nombreux chômeurs.

Il s’agit d’obtenir une baisse plusieurs mois de suite et ainsi « d’inverser la courbe du chômage ».
On restera quand même à 10 % de la population active.
Tu parles ensuite de démographie pour les départs à la retraite (freinée par les décôtes).
Mais il y a un autre facteur inverse :
http://www.insee.fr/fr/themes/document. ... _id=ip1345
La population active continue de croître à un rythme soutenu. Selon le scénario central des nouvelles projections, le nombre d’actifs augmenterait encore fortement jusqu’en 2025, pour ensuite se stabiliser avant de repartir légèrement à la hausse à partir de 2035 sous l’effet de la fécondité élevée de ces dernières années. En France métropolitaine, le nombre d'actifs serait de 30,1 millions en 2030 et atteindrait 31,2 millions en 2060, soit 2,85 millions de plus qu’en 2010.

Re: Le chomage recule

Posté : 27 mai 2016 10:25
par sihanouk
Oui, il recule. Quand j'ai 15 kilomètres à faire à pied et que j'avance de 10 mètres, la longueur du parcours a reculé.

Re: Le chomage recule

Posté : 27 mai 2016 10:28
par sebmbala
sihanouk a écrit : Oui, il recule. Quand j'ai 15 kilomètres à faire à pied et que j'avance de 10 mètres, la longueur du parcours a reculé.
:hehe: c'est limite de la philosophie là :D

Re: Le chomage recule

Posté : 27 mai 2016 10:44
par evariste
comme je l'ai déjà écrit dans un précédent post , deux de mes enfants ont été invité à faire une service civique à 45 kilomètres du domicile , aussitôt rayé des listes de pôle emploi pour un salaire va t-on dire de 600 euros par mois dont il faut déduire les frais de trajet soit 45 km x 2 = 90 km , ils ont accepté de faire ça non pas pour faire plaisir à Hollande ,mais ne voulant pas resté inactif et resté sans rien faire , mais au mois de septembre que va t-il se passer à la fin de ce service civique ? du travail il n'y en a pas , les patrons rechignent à embaucher , payer un salarié coûte beaucoup d'argent ,alors les petites entreprises tournent avec le minimum de personnel . Mais le véritable problème du chômage et la cause du chômage c'est l'explosion des impôts locaux et fonciers qui plombent le pouvoir d'achat des gens et les plogent dans l'inquiétude pour l'année suivante savoir si ils pourront payer ces impôts qui augmentent sans cesse tout en ayant salaires et retraites bloqués , nous allons au désastre avec cette politique fiscale , de plus les gens divorcent car joindre les deux bouts quand on peut devient intolérable pour bon nombre d'entre nous , il serait temps que les politiques revoient tout ce système qui s'écroule

Re: Le chomage recule

Posté : 27 mai 2016 10:58
par Victor
Hdelapampa a écrit : Le nombre des chômeurs totaux sans aucune activité recensés à Pôle emploi (catégorie A) a baissé de 19 900 personnes après 60 000 en mars. Déjà il y a une grosse différence entre les deux chiffres. Le moins élevé est postérieur au premier.
Donc...ralentissement de la baisse et non explosion d'un printemps de l'emploi.
3 511 000 personnes restent au chômage.
1 885 900 personnes à la recherche d’un travail sont occupées quelques heures par semaine.
Au total, donc, 5 397 000 personnes cherchent du travail.

Il faut y ajouter 702 700 personnes inscrites à Pôle emploi et qui sont soit non immédiatement disponibles et sans emploi (par exemple en formation ou en maladie), soit pourvues d'un emploi plus ou moins précaires (contrats aidés). Plus de 6 100 000 personnes au total sont donc inscrites à Pôle emploi et environ une sur deux est indemnisée (3 140 000).

Comme les créations d’emplois par les entreprises sont très faibles (malgré les milliards du pacte de compétitivité et du CICE) et que les services publics subissent des compressions d’emplois, le gouvernement appuie sur le champignon des emplois subventionnés et surtout l’envoi dans des formations bidons et coûteuses de nombreux chômeurs.

Il s’agit d’obtenir une baisse plusieurs mois de suite et ainsi « d’inverser la courbe du chômage ».
On restera quand même à 10 % de la population active.
Tu parles ensuite de démographie pour les départs à la retraite (freinée par les décôtes).
Mais il y a un autre facteur inverse :
http://www.insee.fr/fr/themes/document. ... _id=ip1345
On voit bien que tu fais tout pour hyper-relativiser les petits résultats de Hollande.
Elle est belle la gauche !
Etant de gauche, tu devrais au contraire défendre les résultats d'un président de gauche ... Mais non
Tu fais tout le contraire.
Vas-y continue ! Cela m'arrange.
Voir la gauche se déchirer entre elle, c'est un bonheur sans nom et surtout une source d'espoir !

Re: Le chomage recule

Posté : 27 mai 2016 11:16
par Lion blanc
sihanouk a écrit : Oui, il recule. Quand j'ai 15 kilomètres à faire à pied et que j'avance de 10 mètres, la longueur du parcours a reculé.
Tout à fait.. :super: ::d
Il va en falloir beaucoup, de bout de chandelle mis bout à bout, pour pouvoir dire " Ca y est, le chômage n'existe plus"... :hehe:

Re: Le chomage recule

Posté : 27 mai 2016 13:10
par Allora
Victor a écrit :
On voit bien que tu ( HdelaPampa) fais tout pour hyper-relativiser les petits résultats de Hollande.
Elle est belle la gauche !
Etant de gauche, tu devrais au contraire défendre les résultats d'un président de gauche ... Mais non
Tu fais tout le contraire. Vas-y continue ! Cela m'arrange.
Voir la gauche se déchirer entre elle, c'est un bonheur sans nom et surtout une source d'espoir !
C'est bizarre cette remarque Victor :content116
Hdelapampa prouve que la gauche n'est plus du tout unie . Tout simplement .

Qui pourrait dire aujourd'hui que la Droite républicaine et le FN c'est pareil?

Pourquoi Hdelapampa - plutôt extrême gauche - défendrait Hollande puisqu'il ne partage pas du tout sa politique???

Il y a bien une différence énorme entre les PS et la gauche de type Mélenchon .

J'ai toujours trouvé insupportable que des gens de gauche traitent les gens de droite de fachos comme si toute la droite était obligatoirement un paquet indistinct de type FN . :roll:

C'est pareil ( plus que jamais ) pour la gauche .. plus rien ne rassemble le PS et l'extrême gauche / les radicaux de gauches / les communistes ( même moribonds) :evil:

D'ailleurs il est intéressant de voir que Mélenchon et MLP ont des discours communs sur certains points
ce qui prouve qu'on est bien loin des schémas gauche /droite.

tandis que le PS Valls / Macron ,le centre et l'aile gauche de la droite se ressemblent de plus en plus ..

Re: Le chomage recule

Posté : 27 mai 2016 13:49
par voileux
Dans les faits le chomage ne recule pas du tout ,si l'on en croit FRANCE BLEUE 272000 ont été rayés des listes de pôle emploi, dont une baisse de 19900 ,cela traduit une hausse de 252000 ce qui n'est pas la même chose...Soyez rassurés vous payez entre 12 et 25 millions d'euros par la guerre au proche orient et cela permet aux déchets politiques que Dassault et Thalès puissent payer les campagnes électorales qui s'annoncent dans un an

Re: Le chomage recule

Posté : 27 mai 2016 15:28
par Hdelapampa
Non: peu m'importe l'avenir d'Hollande.
Moi ce qui fait que je suis de gauche, c'est l'intérêt que je porte à la situation de MA classe, celle des salariés.
Hollande fait régresser la condition des salariés et fait comme Thatcher puis Blair.
Hollande est "de gauche".
Je suis "de gauche".
Hollande ment: suis je tenu d'être solidaire de ses mensonges?
Je réponds sans état d'âme : non.
C'est très simple.

Re: Le chomage recule

Posté : 27 mai 2016 16:14
par voileux
Hdelapampa a écrit : Non: peu m'importe l'avenir d'Hollande.
Moi ce qui fait que je suis de gauche, c'est l'intérêt que je porte à la situation de MA classe, celle des salariés.
Hollande fait régresser la condition des salariés et fait comme Thatcher puis Blair.
Hollande est "de gauche".
Je suis "de gauche".
Hollande ment: suis je tenu d'être solidaire de ses mensonges?
Je réponds sans état d'âme : non.
C'est très simple.
En fait tu rejoins la majorité des personnes pour qui les politiciens ne sont en fait que des baratineurs à la solde exclusive d'eux mêmes...Gauche droite cela ne veut plus rien dire...L'avenir d'abord c'est comme pour 35 états sur 50 aux USA ,la démocratie directe (chez nous cela viendra dans 10 ans) Cela existe partiellement pour les Landers et en Suisse, mais en France nous avons toujours du retard à l'allumage...

Re: Le chomage recule

Posté : 27 mai 2016 17:37
par Hdelapampa
Contresens complet.
Je ne crois absolument pas, comme le FN et d'autres ici, que le clivage gauche/droite n'existe plus et ne correspond à aucune réalité.
Les politiciens (FN compris) sont au service du capitalisme, avant de servir leurs propres intérêts.
Hollande en est la parfaite illustration.
Ce n'est pas sur les salariés (ses principaux électeurs jusqu'ici) qu'il compte pour la poursuite de sa carrière, au risque de la compromettre définitivement.
Mais il sait qu'il ne connaîtra pas le sort des gens que sa politique fait souffrir.
Alors, il y va.
Je dis que le PS mène une politique ultralibérale anti-ouvrière digne de Margareth Thatcher.
Valls est sa réincarnation en homme. :lol:
Une politique de droite et qu'il a rompu tous ses liens avec le mouvement ouvrier.
Cette position, je le rappelle, n'a rien de nouveau.
Lutte Ouvrière par exemple, a souvent appelé à s'abstenir, tandis que la LCR, puis le NPA ont toujours appelé à "battre la Droite".
Ben, là...
C'est la Droite PS, la Droite LR ou l'extrême-Droite.


Mais ce n'est pas une surprise.
Ce n'est pas la première fois dans l'Histoire que la social-démocratie montre son vrai visage.

Re: Le chomage recule

Posté : 27 mai 2016 18:55
par Victor
Allora a écrit :
C'est bizarre cette remarque Victor :content116
Hdelapampa prouve que la gauche n'est plus du tout unie . Tout simplement .

Qui pourrait dire aujourd'hui que la Droite républicaine et le FN c'est pareil?
Ce n'est pas du tout la même chose.
Le FN n'a jamais appelé à voter pour un candidat LR à un second tour.
Tandis qu'à gauche, c'est différent.
comme le dit la pampa :" la LCR, puis le NPA ont toujours appelé à "battre la Droite"."
Jamais le FN n'a appel à battre la gauche.
Il existait donc un accord tacite entre les différentes composantes de la gauche.
Rien de tel entre LR et le FN.

Re: Le chomage recule

Posté : 27 mai 2016 18:58
par Victor
Hdelapampa a écrit : Non: peu m'importe l'avenir d'Hollande.
Moi ce qui fait que je suis de gauche,
Non tu n'es pas de gauche. Etre de gauche au XXIe siècle, c'est être social démocrate.
Tu es un extrémiste voir un ultra-gauchiste.
Tu ne peux pas te revendiquer de gauche.

Re: Le chomage recule

Posté : 27 mai 2016 19:58
par GEORGES
Victor a écrit :
Non tu n'es pas de gauche. Etre de gauche au XXIe siècle, c'est être social démocrate.
Tu es un extrémiste voir un ultra-gauchiste.
Tu ne peux pas te revendiquer de gauche.
Tu as bien appris la leçon des propagandistes et des annonceurs de la pensée unique.
Tu auras beau répéter bêtement ce que la presse annonce à longueur de journée cela n'en fait pas une vérité.
Ci-après la définition de la vrai social démocratie, bien loin de ce qui se fait et de ce qui est prévu par les gangsters de droite que tu soutiens.
Social-démocratie : Histoire d'une idée politique

Ce mouvement s'est bâti dans un esprit de pluralisme et de modération

En rupture avec le communisme, la social-démocratie s'est placée, dès l'origine, sous le signe du pluralisme politique et de la doctrine keynésienne alliant initiative privée et impulsion de l'Etat. Après l'âge d'or des années 1970-1980, incarné par Willy Brandt, Olof Palme et Bruno Kreisky, elle n'a pas su tirer profit de la chute du mur de Berlin.

La social-démocratie européenne représente des politiques et des organisations qui se sont peu à peu constituées dans les pays de l'Europe du Nord et de l'Europe centrale, à la fin du XIXe siècle. Entre les partis sociaux-démocrates, il y a eu (et il y a encore) des différences de culture et de structure, liées aux réalités nationales, mais leur histoire a été largement commune. Ils sont nés avec et par l'entrecroisement de deux dynamiques politiques : d'une part, la lutte pour le suffrage universel, la démocratie politique, qui en fait des partis démocrates (républicain en France), d'autre part, la critique du capitalisme, de ses injustices et de son irrationalité, qui en a fait initialement des partis ouvriers, d'inspiration marxiste pour la plupart sur le continent - le travaillisme présentant une idéologie composite de tradition religieuse, imprégnée de syndicalisme, avant tout réformiste.

Au fil des débats et des crises qui ont traversé le socialisme européen - notamment la crise « révisionniste » des années 1900 - les partis sociaux-démocrates ont refusé de plus en plus explicitement la révolution violente. Mais, en même temps, ces partis, avec les syndicats qui leur étaient liés, ont transformé peu à peu les sociétés libérales en inscrivant la question sociale en leur cœur.

Avec la grande rupture de 1917, la social-démocratie, en opposition du communisme, a accepté explicitement la démocratie pluraliste. Mais, au contraire du libéralisme, elle a opposé à l'économie de marché la légitimité des revendications sociales, et a privilégié le rôle de l'Etat.

Après 1918, les partis sociaux-démocrates ont été confrontés au défi de gouverner dans des sociétés qui demeuraient capitalistes et, souvent, de participer à des coalitions avec d'autres forces politiques. Mais ils n'étaient pas préparés à des situations où ils ne pouvaient pas mettre en œuvre leur «programme maximum», la socialisation des moyens de production et d'échange. Les premières expériences gouvernementales après 1918 ont été ainsi décevantes. Des réformes ont été mises en œuvre, mais, en même temps, les principes de l'économie libérale se sont imposés. Avec les années 1930 et la crise économique mondiale, les difficultés se sont accrues. La progression du fascisme et du nazisme en Europe a détruit plusieurs partis, particulièrement les partis autrichien et allemand. Mais, pourtant, ce fut dans ces années que commença à être définie une politique qui sortit le socialisme européen de ses contradictions pour une longue période. Ce fut en Suède et en Norvège qu'elle fut d'abord appliquée, avant d'influencer toutes les politiques social-démocrates d'après-guerre.

L'idée de base de la social-démocratie moderne fut que la nationalisation des moyens de production et d'échange n'était pas nécessaire pour combattre l'irrationalité et l'injustice du capitalisme. Les gouvernements qui voulaient lutter contre les inégalités, tout en menant des politiques économiques efficaces, pouvaient mettre en œuvre des politiques anticycliques pour maîtriser les fluctuations du marché, stimuler les investissements, développer la protection sociale, accroître le niveau d'éducation, etc. Les travaux de Keynes, qui réconciliaient l'initiative privée et une direction démocratique de l'économie, donnèrent une doctrine économique à la social-démocratie. L'étendue du secteur public a varié selon les pays et la place de l'Etat, puissant en Autriche et en France, important en Angleterre, faible en Suède ou en Allemagne - mais nulle part les entreprises publiques n'ont été des outils de rupture avec le marché.

L'autre dimension de l'expérience politique de la social-démocratie a été l'importance du pluralisme politique et social. La social-démocratie ne nie pas la réalité des conflits dans une société, elle s'est même appuyée sur la reconnaissance d'intérêts constitués, principalement des syndicats et des patronats. Mais elle a pensé que la méthode de résolution des conflits devait passer par le compromis, et a donc mis en œuvre des procédures de négociation entre les différents acteurs de la société.
La social-démocratie historique n'est donc pas seulement une politique, c'est indissociablement une culture politique, qui part du pluralisme social et défend la « modération » politique, et des structures d'organisation pour la négociation et la concertation. Les partis socialistes d'Europe du Sud - dont le parti français - ont connu des expériences quelque peu différentes, ils ont longtemps mis l'accent sur le conflit, jusque dans les années 1970, et conservé plus longtemps qu'en Europe du Nord une forme de révérence vis-à-vis du marxisme. Aujourd'hui, les conditions économiques et politiques ont largement rapproché les partis sociaux-démocrates et socialistes – même si les réalités nationales demeurent.

Au total, les politiques sociales-démocrates ont connu d'importants succès pratiques. Toutes les analyses statistiques dans les années 1950-1970 ont montré que les plus faibles inégalités de revenus, la protection sociale la plus développée, les meilleurs équilibres entre l'emploi, les investissements et les salaires, ont été le fait de pays où la social-démocratie a exercé durablement le pouvoir - sans même parler de la comparaison avec les pays communistes.

Mais, depuis la fin des années 1970, la social-démocratie a rencontré de nouvelles difficultés. Les résultats électoraux ont connu d'importantes fluctuations. La plus connue est la plus récente. Dans les années 1997 et 1998, l'Union européenne a compté onze gouvernements sociaux-démocrates, travaillistes et socialistes sur quinze, et l'on parlait d'une « Europe rose ». En 2002, hormis en Angleterre, toute la social-démocratie européenne est sur la défensive.

Comment expliquer cette situation ? Les causes économiques sont majeures. Elles tiennent, dans une certaine mesure, à des difficultés propres aux politiques mises en œuvre : le coût budgétaire des programmes sociaux, la montée du chômage dans les années 1980-1990, les limites de la politique fiscale, la décentralisation du système de relations professionnelles, qui rend difficile une politique des revenus, etc. Mais ce sont les causes externes qui sont les plus importantes - que l'on résume souvent sous le terme de « mondialisation ». L'autonomisation des marchés financiers, l'entrée dans une société de la connaissance et de l'information, l'accroissement de la compétition internationale, ont modifié les données des « compromis nationaux » de la période antérieure.

Les armes traditionnelles de la politique keynésienne, notamment la politique monétaire, avec le jeu des dévaluations, et la politique budgétaire, avec des déficits importants, ne peuvent plus avoir cours. La mondialisation rend difficile d'être à contre-courant des cycles économiques dominants - comme le gouvernement socialiste français l'a éprouvé en 1982 et 1983. Cela explique que tous les partis sociaux-démocrates et socialistes, à des dates différentes, aient révisé leurs programmes pour demeurer dans le jeu économique national, et aient fait le choix européen pour peser davantage dans la mondialisation.

Mais les évolutions tiennent également aux changements intervenus dans les sociétés et les cultures. La transformation du salariat, avec le déclin de la classe ouvrière traditionnelle, et l'existence de millions d'ouvriers et d'employés qui vivent des conditions de travail faites de précarisation et d'isolement, l'importance des classes moyennes salariées, la place majeure des femmes dans le travail, l'allongement du « moment » de la jeunesse, et, en même temps, le vieillissement, la présence de populations immigrées, la force de l'individualisme, tout cela a fragilisé les structures de représentation traditionnelle mises en place par la social-démocratie. Les syndicats n'ont plus la même homogénéité et ont pris leur autonomie. Les partis sociaux-démocrates et socialistes doivent réunir plusieurs électorats aux intérêts différents et volatils.

L'identité de la social-démocratie est devenue ainsi depuis une vingtaine d'années plus politique et beaucoup moins idéologique, sociologique et culturelle. Elle est donc plus fragile, dépendante des résultats de sa politique, nourrissant moins que par le passé un sentiment d'appartenance. Et cela d'autant plus qu'elle doit affronter de nouveaux concurrents, les partis verts, qui défendent des valeurs post-matérialistes et ont une influence dans les nouvelles générations urbaines, les partis populistes, qui attirent des catégories populaires inquiètes.

Ce sont bien les fondements des « compromis sociaux-démocrates » qui sont à repenser dans un nouvel âge du capitalisme. Tous les partis en ont fait le constat et ont remis sur le métier leurs programmes et tentent d'adapter leurs structures. Mais le débat n'est pas clos. Plusieurs tendances se confrontent, quels que soient les partis, avec des influences respectives plus ou moins fortes. Tony Blair et le « New Labour » incarnent un pôle résumé trop simplement sous la notion de « social-libéralisme », qui propose certes une synthèse nouvelle avec le libéralisme, mais entend répondre aussi au désir d'ordre et de repères des classes populaires. Il y a également une « vieille gauche » dans les partis socialistes et sociaux-démocrates, proche des courants les plus critiques du capitalisme mondialisé, qui privilégie les dépenses publiques, une réglementation stricte imposée au secteur privé, une méfiance vis-à-vis de l'Union européenne telle qu'elle se construit. Lionel Jospin et son gouvernement, pendant cinq années, ont tenté de mettre en œuvre un « socialisme moderne » d'inspiration néo-keynésienne, voulant rénover plus que dépasser la social-démocratie européenne.

Ces oppositions ne sont sans doute pas satisfaisantes tant les problèmes ne se résument pas simplement. Le sens final de la rénovation de la social-démocratie européenne est encore à déterminer. Sa force est de représenter partout les partis d'alternance face aux conservateurs et aux libéraux. Sa faiblesse est d'avoir perdu la capacité de définir un projet authentiquement collectif dans les années récentes. A elle d'en marquer aujourd'hui la volonté.

ALAIN BERGOUNIOUX
Ce texte a été publié dans L'édition du 24 mai du Monde