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Retour du marxisme en France et aux USA

Posté : 23 avril 2018 15:22
par Skeptical Guy
Depuis quelques temps, le Monde publie (édition abonné) des articles sur un phénomène nouveau : un regain d'intérêt, en France et aux Etats-Unis, pour Karl Marx. Voici une petite sélection de trois articles, évoquant chacun ce phénomène.
En France, « un regain d’intérêt académique » pour les idées marxistes


Emmanuel Renault est professeur de philosophie sociale à l’université Paris-Nanterre. Pour le bicentenaire de la naissance de l’auteur du Capital, il publie en anglais Marx and Critical Theory (« Marx et la théorie critique », Brill, à paraître le 26 juillet)

Le marxisme existe-t-il encore en France ?

Tout dépend de ce qu’on appelle le marxisme ! De la fin du XIXe siècle jusqu’aux années 1970, le marxisme renvoyait à un mouvement politique révolutionnaire dans lequel l’organisation de la classe ouvrière par des partis de masse et des syndicats était étroitement associée à un ensemble de principes théoriques et politiques issus de Marx. Ce marxisme-là n’existe plus. Mais on n’en continue pas moins à se référer de différentes manières, théoriquement et politiquement, à Marx et à l’histoire des marxismes.

On peut alors qualifier de marxistes des théories, des analyses ou des stratégies partageant l’ensemble ou certaines de six thèses fondamentales. Premièrement, la base économique des sociétés produit des effets déterminants sur l’organisation d’ensemble de la vie sociale et sur les conflits qui s’y développent. Deuxièmement, les sociétés contemporaines ont un caractère capitaliste. Troisièmement, les sociétés, aujourd’hui comme hier, sont structurées par l’opposition des intérêts des classes dominées et des classes dominantes.

Quatrièmement, la politique doit être analysée, suivant une perspective réaliste, comme une lutte des classes. Cinquièmement, les classes dominantes tendent à présenter leurs intérêts particuliers comme étant conformes à l’intérêt général, selon un mécanisme auquel Marx a donné le nom d’idéologie. Il en résulte, sixièmement, qu’aucune politique émancipatrice n’est possible sans critique de l’idéologie.

Où la pensée de Marx est-elle active aujourd’hui ?

On constate un regain d’intérêt pour Marx dans l’université et dans des cercles para-académiques, en philosophie en particulier, ce dont témoigne un nombre significatif de thèses sur cet auteur. On a également vu apparaître des séminaires, des groupes de lecture et des revues organisés avec succès par des étudiants et des doctorants.

Tout cela s’explique sans doute par le fait que la fin du marxisme, au sens historique du terme, a aidé à ce que Marx soit reconnu comme l’un des grands noms de l’histoire de la philosophie. Ce regain d’intérêt académique reste cependant limité puisque, dans la plupart des sciences sociales, le marxisme reste peu légitime.
Suite de l'article (édition abonné) : http://www.lemonde.fr/idees/article/201 ... _3232.html
Comment les idées marxistes circulent aux Etats-Unis
« La bourgeoisie du XIXe siècle utilisait l’argument de la moralité pour assurer la dominance de classe – ce que les élites actuelles font encore. » C’est par ces mots que commence un article de la revue américaine Jacobin, fondée en 2010 par de jeunes diplômés d’universités, qui compte 30 000 abonnés et attire un million de visites mensuelles sur son site.

L’article procède à une analyse critique des habitudes de vie des classes supérieures aux Etats-Unis et en Europe. Et les compare aux comportements caractéristiques des classes bourgeoises du XIXe siècle, à travers lesquels elles affirmaient leur supériorité morale sur le reste de la société.

Domination de classe et idéologie

Si les pratiques ont changé, affirme l’auteur, un jeune historien, le mécanisme d’imposition de la supériorité morale reste bien actif : « Les cours de yoga, la nourriture artisanale et le parcours de candidature à l’université ont remplacé les promenades du dimanche, les cours du soir et les salons mondains. Mais ne vous y trompez pas, ils poursuivent le même but : donner au privilège de classe le visage de la vertu individuelle et, par là même, consolider la domination sociale. »

Une telle analyse s’appuie explicitement sur un certain nombre de concepts marxistes : celui de domination de classe évidemment, et celui d’idéologie – mécanisme par lequel ladite classe dominante produit des représentations qui la confortent.

Son fondateur, Bhaskar Sunkara, a présenté Jacobin au moment de son lancement comme une « publication radicale », « largement le fait d’une jeune génération qui se sent moins liée par les paradigmes de la guerre froide que les milieux de gauche traditionnels », représentés par des revues telles que Dissent ou New Politics.

La philosophe Nancy Fraser, qui appartient à la génération de la guerre du Vietnam, abonde dans ce sens : « Jacobin est en train d’éduquer toute une génération de jeunes gens en leur proposant une autre interprétation des événements, effectivement d’inspiration marxiste. » Mais si ces nouveaux socialistes redécouvrent Marx, cela passe moins, selon l’historien Michael Kazin, par la lecture des textes originaux que « par le fait d’être ouverts aux idées marxistes, telles qu’elles circulent et sont portées aujourd’hui par des figures contemporaines ».
Suite de l'article (édition abonné) : http://www.lemonde.fr/idees/article/201 ... _3232.html
Karl Marx fait son come-back aux Etats-Unis
Une partie de la jeunesse américaine trouve dans les idées du philosophe allemand des outils pour comprendre la société. Enquête sur le renouveau du marxisme au pays du maccarthysme.

Karl Marx aurait eu 200 ans en mai. A l’heure de ce bicentenaire, toute une actualité éditoriale et événementielle revient sur la vie et l’œuvre du philosophe, aujourd’hui unanimement reconnu comme un auteur majeur, et sans doute le meilleur penseur du capitalisme. Mais qu’en est-il du Marx militant qui inspira les révolutions socialistes du XXe siècle, celui qu’évoque Raoul Peck dans son film Le Jeune Karl Marx (2017) ? A-t-il encore des disciples, trente ans après la chute du rideau de fer ? La réponse est oui. Mais contre toute attente, ils ont 20 ans et ils sont… américains !

Critique du capitalisme

L’organisation Democratic Socialists of America (DSA), issue de la scission du Parti socialiste d’Amérique en 1973, a vu ses effectifs multipliés par quatre ces deux dernières années, dépassant les 32 000 adhérents. Considéré jusque-là comme représentant l’aile gauche du Parti démocrate, mais en réalité dans une situation de dépendance à son égard et donc peu radical dans ses prises de position, le mouvement a récemment été investi par de jeunes militants désireux d’écrire une nouvelle page de l’histoire de la gauche américaine, sur un ton beaucoup plus critique du capitalisme que celui de leurs prédécesseurs.

Conséquence de cet afflux, l’âge médian de ses membres est passé de 68 ans en 2013 à 33 actuellement. Alors que le qualificatif de « socialiste » effrayait leurs aînés, qui le jugeaient indissociable des régimes totalitaires du XXe siècle, une nouvelle génération n’hésite plus à se définir comme tel, et à revendiquer une lecture « marxiste » des événements. Seth Ackerman, rédacteur en chef de la revue de gauche radicale Jacobin, confirme : « Quand j’avais 20 ans [il en a 35], se déclarer socialiste relevait de l’excentricité. Aujourd’hui, c’est un qualificatif que de nombreux jeunes assument. »

Dans un pays où l’anticommunisme et l’antimarxisme ont souvent paru aller de soi, comment expliquer un tel engouement ? Pour ­Jeffrey Isaac, professeur de sciences politiques à l’université de l’Indiana, « cet intérêt s’inscrit évidemment dans le sillage de la grande crise qu’a connu le néolibéralisme en 2008 ». La crise financière de 2008 qui, rappelons-le, fit perdre leur maison à plusieurs millions d’Américains, a ouvert une brèche dans les consciences. S’en est suivi le mouvement Occupy Wall Street et son slogan « Nous sommes les 99 % », dénonçant la concentration des richesses dans les mains d’une infime minorité.
Suite de l'article (édition abonné) : http://abonnes.lemonde.fr/idees/article ... _3232.html

Je repars bosser. À vos claviers.

Re: Retour du marxisme en France et aux USA

Posté : 23 avril 2018 18:22
par GEORGES
Une fois lu ton post, où est le scandale ????
Entre 1940 et 1982 aux USA les revenus supérieurs à 150.000$ étaient imposables à 95% et durant cette période les USA fonctionnaient mieux qu'aujourd'hui.
De 2006 a 2008 7 millions de familles US ont perdu leurs maisons à cause de la crise.
Cela fait peut être réfléchir les plus jeunes aujourd'hui que 95% des richesses détenues par 1% de la population n'est pas viable.

Re: Retour du marxisme en France et aux USA

Posté : 23 avril 2018 19:20
par Skeptical Guy
GEORGES a écrit : Une fois lu ton post, où est le scandale ????
Entre 1940 et 1982 aux USA les revenus supérieurs à 150.000$ étaient imposables à 95% et durant cette période les USA fonctionnaient mieux qu'aujourd'hui.
De 2006 a 2008 7 millions de familles US ont perdu leurs maisons à cause de la crise.
Cela fait peut être réfléchir les plus jeunes aujourd'hui que 95% des richesses détenues par 1% de la population n'est pas viable.
Qui a parlé de scandale ? :0

Re: Retour du marxisme en France et aux USA

Posté : 23 avril 2018 21:41
par GEORGES
Skeptical Guy a écrit :
GEORGES a écrit : Une fois lu ton post, où est le scandale ????
Entre 1940 et 1982 aux USA les revenus supérieurs à 150.000$ étaient imposables à 95% et durant cette période les USA fonctionnaient mieux qu'aujourd'hui.
De 2006 a 2008 7 millions de familles US ont perdu leurs maisons à cause de la crise.
Cela fait peut être réfléchir les plus jeunes aujourd'hui que 95% des richesses détenues par 1% de la population n'est pas viable.
Qui a parlé de scandale ? :0
C'était juste une question argumentée par des faits avérés. Rien d'autre.
Je pense qu'un peu plus de partage ne ferait de mal à personne.

Re: Retour du marxisme en France et aux USA

Posté : 23 avril 2018 21:56
par Fonck1
GEORGES a écrit : Une fois lu ton post, où est le scandale ????
Entre 1940 et 1982 aux USA les revenus supérieurs à 150.000$ étaient imposables à 95% et durant cette période les USA fonctionnaient mieux qu'aujourd'hui.
De 2006 a 2008 7 millions de familles US ont perdu leurs maisons à cause de la crise.
Cela fait peut être réfléchir les plus jeunes aujourd'hui que 95% des richesses détenues par 1% de la population n'est pas viable.
non, c'est à cause de cet abruti de bush qui a déréglementé le crédit en laissant des gens emprunter qui ne pouvaient pas payer, en faire.

Re: Retour du marxisme en France et aux USA

Posté : 23 avril 2018 22:06
par GEORGES
Fonck1 a écrit :
GEORGES a écrit : Une fois lu ton post, où est le scandale ????
Entre 1940 et 1982 aux USA les revenus supérieurs à 150.000$ étaient imposables à 95% et durant cette période les USA fonctionnaient mieux qu'aujourd'hui.
De 2006 a 2008 7 millions de familles US ont perdu leurs maisons à cause de la crise.
Cela fait peut être réfléchir les plus jeunes aujourd'hui que 95% des richesses détenues par 1% de la population n'est pas viable.
non, c'est à cause de cet abruti de bush qui a déréglementé le crédit en laissant des gens emprunter qui ne pouvaient pas payer, en faire.
Faire porter le chapeau au crétin de Bush c'est facile.
Les banques ne se sont pas gênées pour piéger les gens qu'ils savaient limite pour emprunter. Ils ont même organisé le coup en créant les placements toxiques (subprimes) qui ont été vendus et revendus entre eux et qui ont déclenché le bordel.
Les banques sont bien les responsables et non l'abruti de GWB.
Un banquier est un bandit par nature, comme un assureur.

Re: Retour du marxisme en France et aux USA

Posté : 23 avril 2018 22:16
par Fonck1
va emprunter du fric à ton coiffeur.

Re: Retour du marxisme en France et aux USA

Posté : 23 avril 2018 22:30
par Skeptical Guy
GEORGES a écrit :
C'était juste une question argumentée par des faits avérés. Rien d'autre.
Je pense qu'un peu plus de partage ne ferait de mal à personne.
Question rhétorique en somme. Aucun problème.

Cependant, la crise a désormais 10 ans d'âge. Ce n'est pas une explication suffisante, loin de là, pour évoquer un regain d'intérêt récent pour Marx. Même si ça joue évidemment, il y a plus que ça.

On note globalement une remontée des gauches socialistes plus "classiques" au R-U avec Corbyn, USA avec Sanders, en France avec LFI, aux Pays-Bas avec Jesse Klaver et le parti de la Gauche verte qui a remporté les villes d’Amsterdam et d’Utrecht, etc. Tous dans des résultats assez audibles avec en parallèle un essoufflement dans ces mêmes pays des partis de centre gauche traditionnels.

Il faut regarder le tableau complet et pas seulement se limiter au constat d'une réaction d'agacement face aux errements de l'économie de marché en 2008 (même si ça compte).

Re: Retour du marxisme en France et aux USA

Posté : 23 avril 2018 22:56
par Le Merlu
Quel retour du "Marxisme en France" ?

Mais nous avons toujours eu un faible pour le communisme.

Avec ses premiers secrétaires : y a eu Jojo Marchais, qui travaillait pour les nazis pendant la guerre, puis Bob Hue dit " Hue cocotte" (il a fini par voter Macron), et puis d'autres dont j'ai oublié le nom.

Une belle bande de loosers, et le communisme, un vrai plan foireux, qui a merdé complet.

On aime tellement qu'aujourd'hui ce parti, on en a deux, l'officiel, celui de Pierre Laurent, et celui de Mélenchon, (un admirateur d'Hugo Chavez).

A mon avis on est pas prêt de s'en passer, quand y quelque chose qui est sur de partir en couille, alors là ... on aime, ... on adorre ... :fouet2:

Re: Retour du marxisme en France et aux USA

Posté : 23 avril 2018 22:57
par Fonck1
la France est appelée la "petite communiste" en Europe.

Re: Retour du marxisme en France et aux USA

Posté : 23 avril 2018 23:04
par Skeptical Guy
Fonck1 a écrit : la France est appelée la "petite communiste" en Europe.
Jamais rien lu ou entendu de tel. Pas même venant anglo-saxons de ma connaissance (et c'est pas faute de discuter politique) et d'étrangers en général. J'ai très souvent lu ou entendu "pays socialiste" mais jamais communiste.

Re: Retour du marxisme en France et aux USA

Posté : 23 avril 2018 23:05
par Fonck1
Skeptical Guy a écrit :
Fonck1 a écrit : la France est appelée la "petite communiste" en Europe.
Jamais rien lu ou entendu de tel. Pas même venant anglo-saxons de ma connaissance (et c'est pas faute de discuter politique) et d'étrangers en général. J'ai très souvent lu "pays socialiste" mais jamais communiste.
tu ne sors pas assez de chez toi c'est pour cela.

Re: Retour du marxisme en France et aux USA

Posté : 23 avril 2018 23:07
par Skeptical Guy
Fonck1 a écrit : tu ne sors pas assez de chez toi c'est pour cela.
Je passe ma vie dehors au contact de nombreuses personnes, notamment étrangères. C'est surtout vous qui hallucinez et inventez des conneries comme celle-là. Qu'on parle de pays socialiste encore, j'dirais d'accord. Mais communiste, faut arrêter les champi'.

Re: Retour du marxisme en France et aux USA

Posté : 23 avril 2018 23:10
par vincent
Skeptical Guy a écrit : Depuis quelques temps, le Monde publie (édition abonné) des articles sur un phénomène nouveau : un regain d'intérêt, en France et aux Etats-Unis, pour Karl Marx. Voici une petite sélection de trois articles, évoquant chacun ce phénomène.
En France, « un regain d’intérêt académique » pour les idées marxistes


Emmanuel Renault est professeur de philosophie sociale à l’université Paris-Nanterre. Pour le bicentenaire de la naissance de l’auteur du Capital, il publie en anglais Marx and Critical Theory (« Marx et la théorie critique », Brill, à paraître le 26 juillet)

Le marxisme existe-t-il encore en France ?

Tout dépend de ce qu’on appelle le marxisme ! De la fin du XIXe siècle jusqu’aux années 1970, le marxisme renvoyait à un mouvement politique révolutionnaire dans lequel l’organisation de la classe ouvrière par des partis de masse et des syndicats était étroitement associée à un ensemble de principes théoriques et politiques issus de Marx. Ce marxisme-là n’existe plus. Mais on n’en continue pas moins à se référer de différentes manières, théoriquement et politiquement, à Marx et à l’histoire des marxismes.

On peut alors qualifier de marxistes des théories, des analyses ou des stratégies partageant l’ensemble ou certaines de six thèses fondamentales. Premièrement, la base économique des sociétés produit des effets déterminants sur l’organisation d’ensemble de la vie sociale et sur les conflits qui s’y développent. Deuxièmement, les sociétés contemporaines ont un caractère capitaliste. Troisièmement, les sociétés, aujourd’hui comme hier, sont structurées par l’opposition des intérêts des classes dominées et des classes dominantes.

Quatrièmement, la politique doit être analysée, suivant une perspective réaliste, comme une lutte des classes. Cinquièmement, les classes dominantes tendent à présenter leurs intérêts particuliers comme étant conformes à l’intérêt général, selon un mécanisme auquel Marx a donné le nom d’idéologie. Il en résulte, sixièmement, qu’aucune politique émancipatrice n’est possible sans critique de l’idéologie.

Où la pensée de Marx est-elle active aujourd’hui ?

On constate un regain d’intérêt pour Marx dans l’université et dans des cercles para-académiques, en philosophie en particulier, ce dont témoigne un nombre significatif de thèses sur cet auteur. On a également vu apparaître des séminaires, des groupes de lecture et des revues organisés avec succès par des étudiants et des doctorants.

Tout cela s’explique sans doute par le fait que la fin du marxisme, au sens historique du terme, a aidé à ce que Marx soit reconnu comme l’un des grands noms de l’histoire de la philosophie. Ce regain d’intérêt académique reste cependant limité puisque, dans la plupart des sciences sociales, le marxisme reste peu légitime.
Suite de l'article (édition abonné) : http://www.lemonde.fr/idees/article/201 ... _3232.html
Comment les idées marxistes circulent aux Etats-Unis
« La bourgeoisie du XIXe siècle utilisait l’argument de la moralité pour assurer la dominance de classe – ce que les élites actuelles font encore. » C’est par ces mots que commence un article de la revue américaine Jacobin, fondée en 2010 par de jeunes diplômés d’universités, qui compte 30 000 abonnés et attire un million de visites mensuelles sur son site.

L’article procède à une analyse critique des habitudes de vie des classes supérieures aux Etats-Unis et en Europe. Et les compare aux comportements caractéristiques des classes bourgeoises du XIXe siècle, à travers lesquels elles affirmaient leur supériorité morale sur le reste de la société.

Domination de classe et idéologie

Si les pratiques ont changé, affirme l’auteur, un jeune historien, le mécanisme d’imposition de la supériorité morale reste bien actif : « Les cours de yoga, la nourriture artisanale et le parcours de candidature à l’université ont remplacé les promenades du dimanche, les cours du soir et les salons mondains. Mais ne vous y trompez pas, ils poursuivent le même but : donner au privilège de classe le visage de la vertu individuelle et, par là même, consolider la domination sociale. »

Une telle analyse s’appuie explicitement sur un certain nombre de concepts marxistes : celui de domination de classe évidemment, et celui d’idéologie – mécanisme par lequel ladite classe dominante produit des représentations qui la confortent.

Son fondateur, Bhaskar Sunkara, a présenté Jacobin au moment de son lancement comme une « publication radicale », « largement le fait d’une jeune génération qui se sent moins liée par les paradigmes de la guerre froide que les milieux de gauche traditionnels », représentés par des revues telles que Dissent ou New Politics.

La philosophe Nancy Fraser, qui appartient à la génération de la guerre du Vietnam, abonde dans ce sens : « Jacobin est en train d’éduquer toute une génération de jeunes gens en leur proposant une autre interprétation des événements, effectivement d’inspiration marxiste. » Mais si ces nouveaux socialistes redécouvrent Marx, cela passe moins, selon l’historien Michael Kazin, par la lecture des textes originaux que « par le fait d’être ouverts aux idées marxistes, telles qu’elles circulent et sont portées aujourd’hui par des figures contemporaines ».
Suite de l'article (édition abonné) : http://www.lemonde.fr/idees/article/201 ... _3232.html
Karl Marx fait son come-back aux Etats-Unis
Une partie de la jeunesse américaine trouve dans les idées du philosophe allemand des outils pour comprendre la société. Enquête sur le renouveau du marxisme au pays du maccarthysme.

Karl Marx aurait eu 200 ans en mai. A l’heure de ce bicentenaire, toute une actualité éditoriale et événementielle revient sur la vie et l’œuvre du philosophe, aujourd’hui unanimement reconnu comme un auteur majeur, et sans doute le meilleur penseur du capitalisme. Mais qu’en est-il du Marx militant qui inspira les révolutions socialistes du XXe siècle, celui qu’évoque Raoul Peck dans son film Le Jeune Karl Marx (2017) ? A-t-il encore des disciples, trente ans après la chute du rideau de fer ? La réponse est oui. Mais contre toute attente, ils ont 20 ans et ils sont… américains !

Critique du capitalisme

L’organisation Democratic Socialists of America (DSA), issue de la scission du Parti socialiste d’Amérique en 1973, a vu ses effectifs multipliés par quatre ces deux dernières années, dépassant les 32 000 adhérents. Considéré jusque-là comme représentant l’aile gauche du Parti démocrate, mais en réalité dans une situation de dépendance à son égard et donc peu radical dans ses prises de position, le mouvement a récemment été investi par de jeunes militants désireux d’écrire une nouvelle page de l’histoire de la gauche américaine, sur un ton beaucoup plus critique du capitalisme que celui de leurs prédécesseurs.

Conséquence de cet afflux, l’âge médian de ses membres est passé de 68 ans en 2013 à 33 actuellement. Alors que le qualificatif de « socialiste » effrayait leurs aînés, qui le jugeaient indissociable des régimes totalitaires du XXe siècle, une nouvelle génération n’hésite plus à se définir comme tel, et à revendiquer une lecture « marxiste » des événements. Seth Ackerman, rédacteur en chef de la revue de gauche radicale Jacobin, confirme : « Quand j’avais 20 ans [il en a 35], se déclarer socialiste relevait de l’excentricité. Aujourd’hui, c’est un qualificatif que de nombreux jeunes assument. »

Dans un pays où l’anticommunisme et l’antimarxisme ont souvent paru aller de soi, comment expliquer un tel engouement ? Pour ­Jeffrey Isaac, professeur de sciences politiques à l’université de l’Indiana, « cet intérêt s’inscrit évidemment dans le sillage de la grande crise qu’a connu le néolibéralisme en 2008 ». La crise financière de 2008 qui, rappelons-le, fit perdre leur maison à plusieurs millions d’Américains, a ouvert une brèche dans les consciences. S’en est suivi le mouvement Occupy Wall Street et son slogan « Nous sommes les 99 % », dénonçant la concentration des richesses dans les mains d’une infime minorité.
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L'HUMANITÉ


Bureau Presse Payante Grand Public
Famille Presse Quotidienne Nationale
Thématique Actualités / Actualités Générales
Site web http://www.humanite.presse.fr
voila le siteet les chiffres de vente de l' Humanité ( c'est le bordel lors de copier /coller de tableau donc chiffres en manuel)

2013......40 562
2014......38 196
2015......36 931
2016......35 835
2017......33 875

sans commentaires

Re: Retour du marxisme en France et aux USA

Posté : 23 avril 2018 23:13
par Skeptical Guy
vincent a écrit : L'HUMANITÉ

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voila le siteet les chiffres de vente de l' Humanité ( c'est le bordel lors de copier /coller de tableau donc chiffres en manuel)

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C'est pas ce qu'on peut appeler un indicateur qualitatif pertinent. Toute la presse française perd des ventes depuis longtemps... :roll: