Plus d'un français sur deux considère les profs mal payés.
Posté : 24 janvier 2019 05:47
Les syndicats enseignants appellent à la grève ce jeudi 24 janvier. Un mouvement soutenu à 54 % par l'opinion publique qui, dans un sondage Odoxa/Dentsu Consulting pour Le Figaro et France Info, porte un regard positif sur le métier malgré un manque de reconnaissance.
http://www.lefigaro.fr/actualite-france ... etents.php
Source:Le Figaro.
Les syndicats d'enseignants appellent à une nouvelle grève ce jeudi 24 janvier, comme en novembre, pour l'augmentation des salaires, l'arrêt des suppressions de postes et contre la réforme du lycée. Ils seront rejoints à titre individuel par des «stylos rouges», ces professeurs qui tentent de se mobiliser sur Facebook depuis un mois et demi et qui organiseront leurs premières manifestations nationales le 2 février à Paris, Lyon, Nice et Bordeaux avec des motivations similaires. Ces «stylos rouges» n'ont pas souhaité faire la jonction avec les «gilets jaunes» et pour cause: seuls 8% des enseignants se sentent proches de ces derniers, à l'image des plus diplômés.
Leur situation n'est pas rose pourtant. Les enseignants français sont les plus nombreux, parmi les pays de l'OCDE, à considérer que leur métier est dévalué dans la société. Violences, difficultés d'apprentissage, hétérogénéité des élèves... le métier de prof ne ferait plus envie. Sans compter des salaires peu attractifs. De fait, la profession n'attire plus les meilleurs étudiants dans certaines disciplines.
Les Français pensent à 54 % que les enseignants sont mal payés:
Pourtant, comme le révèle le sondage Odoxa/Dentsu Consulting pour Le Figaro et France Info, réalisé auprès d'un échantillon de 1000 Français interrogés par Internet les 22 et 23 janvier 2019, les professeurs se sous-estiment. Même s'ils l'ignorent le plus souvent, ils sont aimés et respectés des Français, selon ce sondage. Ainsi, 70 % les jugent «compétents», 62 % «travailleurs» et 55 % «efficaces». Et les difficultés de leur métier sont bel et bien reconnues: on estime assez unanimement (86 %) qu'ils sont «confrontés à des élèves et des parents de plus en plus durs» et que face à cela, ils ne «sont pas assez soutenus par l'administration» (69 %).
Pour nos concitoyens, le «sens de la pédagogie» est, de loin, la première qualité d'un prof et revêt bien plus d'importance que sa compétence propre dans sa discipline ou son autorité.
Par ailleurs, cette difficulté dans l'exercice de leur travail se doublerait, selon les Français, d'un manque de reconnaissance: 54 % considèrent aussi qu'ils sont «mal payés». Pour une majorité de l'opinion, ce ne sont pas des privilégiés malgré les congés et autres avantages. Pour nos concitoyens, le «sens de la pédagogie» est, de loin, la première qualité d'un prof et revêt bien plus d'importance que sa compétence propre dans sa discipline ou son autorité. Sur ces points, les Français diffèrent des enseignants. La motivation première d'entrée dans le métier, surtout dans l'enseignement secondaire, reste l'amour de sa discipline pour la plupart des enseignants.
Portée par Jean-Michel Blanquer, la réforme des lycées et du baccalauréat est plutôt soutenue par l'opinion: 50 % estiment que c'est une bonne réforme, contre 28 % qui jugent que c'est une mauvaise réforme (1 sur 5 ne la connaît pas)… Pourtant, les Français sont «en même temps» 59 % à soutenir la grève des enseignants de ce jeudi portant, en partie, contre cette réforme des lycées et du baccalauréat…
Est-il possible de faire aussi bien avec moins de moyens? Non, répondent à 78 % les Français, estimant que l'on ne peut pas supprimer de postes dans l'Éducation nationale, si l'on veut que l'enseignement reste de qualité. Après la création des 60.000 postes d'enseignants sous le quinquennat Hollande, Jean-Michel Blanquer a relancé une politique de suppression de postes: en 2019, 2600 seront supprimés.
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