Les oubliés de Macron
Posté : 18 juillet 2019 15:02
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Gernelle - Les oubliés de Macron (Extraits)
Le président affirmait qu'il était plus facile pour un jeune de trouver un client qu'un employeur. Aujourd'hui, il est pourtant plus compliqué de devenir chauffeur de VTC…Et la mobilité sociale ? PAR Étienne Gernelle
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Quelques mois plus tôt, interrogé par Le Monde à propos du phénomène Uber, il affirmait ceci : « Des gens souvent victimes de l'exclusion choisissent l'entrepreneuriat individuel, parce que pour beaucoup de jeunes aujourd'hui, c'est plus facile de trouver un client que de trouver un employeur. » Juste remarque, qui annonçait la couleur de sa « révolution » : libéraliser pour donner plus d'opportunités aux sans-horizon. Politiquement, il déstabilisait au passage une droite au libéralisme honteux et une gauche dont le conservatisme sur le droit du travail avait fini par ne favoriser que les mieux installés dans l'emploi, fermant la porte aux autres.
Cette phrase évoquant - sans les citer - les chauffeurs de VTC a tant marqué à l'époque que l'on a pu rencontrer des chauffeurs Uber qui croyaient - à tort - que Macron était à l'origine de l'arrivée en France de l'opérateur, et lui en étaient - à tort également - reconnaissants.Cela en disait long, toutefois, sur l'espoir suscité par ce politique du troisième type. Mais qu'est devenue cette promesse macronienne aujourd'hui ?
Une nouvelle nous est venue récemment du Palais-Royal, à Paris, où siège le Conseil d'Etat : celui-ci a retoqué le décret de 2017 organisant la formation des chauffeurs de VTC en raison d'une atteinte à la « liberté d'installation ». Pourquoi ? Parce que le processus est régi par les chambres de métiers et de l'artisanat, où sont très bien représentés… les taxis ! [/surligne]Il fallait y penser. D'ailleurs, cela n'a pas manqué, les taux de réussite à l'examen ont chuté, l'accès à la profession s'est restreint, alors que la demande, elle, augmentait. Absurde et scandaleux. Le vieux monde a visiblement de beaux restes. La nouveauté est que le pouvoir macronien en est, dans cette affaire, un zélé gardien.
Mobilité sociale ? Tout ça n'a aucun sens, si ce n'est la protection de l'ordre établi et des situations acquises. Surtout, c'est gravement préjudiciable à la mobilité sociale et à l'emploi. Les pays qui ont des taux de chômage très bas (Etats-Unis, Allemagne, etc.) ont ceci en commun qu'il y est particulièrement facile et rapide de reprendre le travail lorsque la croissance repart. Il faut croire que ce sujet n'est pas - complètement - la priorité.
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Gernelle - Les oubliés de Macron (Extraits)
Le président affirmait qu'il était plus facile pour un jeune de trouver un client qu'un employeur. Aujourd'hui, il est pourtant plus compliqué de devenir chauffeur de VTC…Et la mobilité sociale ? PAR Étienne Gernelle
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Quelques mois plus tôt, interrogé par Le Monde à propos du phénomène Uber, il affirmait ceci : « Des gens souvent victimes de l'exclusion choisissent l'entrepreneuriat individuel, parce que pour beaucoup de jeunes aujourd'hui, c'est plus facile de trouver un client que de trouver un employeur. » Juste remarque, qui annonçait la couleur de sa « révolution » : libéraliser pour donner plus d'opportunités aux sans-horizon. Politiquement, il déstabilisait au passage une droite au libéralisme honteux et une gauche dont le conservatisme sur le droit du travail avait fini par ne favoriser que les mieux installés dans l'emploi, fermant la porte aux autres.
Cette phrase évoquant - sans les citer - les chauffeurs de VTC a tant marqué à l'époque que l'on a pu rencontrer des chauffeurs Uber qui croyaient - à tort - que Macron était à l'origine de l'arrivée en France de l'opérateur, et lui en étaient - à tort également - reconnaissants.Cela en disait long, toutefois, sur l'espoir suscité par ce politique du troisième type. Mais qu'est devenue cette promesse macronienne aujourd'hui ?
Une nouvelle nous est venue récemment du Palais-Royal, à Paris, où siège le Conseil d'Etat : celui-ci a retoqué le décret de 2017 organisant la formation des chauffeurs de VTC en raison d'une atteinte à la « liberté d'installation ». Pourquoi ? Parce que le processus est régi par les chambres de métiers et de l'artisanat, où sont très bien représentés… les taxis ! [/surligne]Il fallait y penser. D'ailleurs, cela n'a pas manqué, les taux de réussite à l'examen ont chuté, l'accès à la profession s'est restreint, alors que la demande, elle, augmentait. Absurde et scandaleux. Le vieux monde a visiblement de beaux restes. La nouveauté est que le pouvoir macronien en est, dans cette affaire, un zélé gardien.
Mobilité sociale ? Tout ça n'a aucun sens, si ce n'est la protection de l'ordre établi et des situations acquises. Surtout, c'est gravement préjudiciable à la mobilité sociale et à l'emploi. Les pays qui ont des taux de chômage très bas (Etats-Unis, Allemagne, etc.) ont ceci en commun qu'il y est particulièrement facile et rapide de reprendre le travail lorsque la croissance repart. Il faut croire que ce sujet n'est pas - complètement - la priorité.
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