Des médicaments sans ordonnance bientôt disponibles sur Amazon ?
Posté : 06 février 2020 20:11
Un projet de loi, présenté ce mercredi 5 février en conseil des ministres, propose d’assouplir les conditions de vente de médicaments disponibles sans ordonnance sur internet. Le texte inquiète plusieurs représentants de pharmaciens.
Des médicaments disponibles sur des sites de vente en ligne comme Amazon ? C’est ce que pourrait permettre un projet de loi présenté ce mercredi 5 février en conseil des ministres, rapporte le journal Le Parisien.
Ce texte propose d’assouplir les conditions de vente des médicaments disponibles sans ordonnance sur internet. Il est déjà possible d’acheter des remèdes sans ordonnance en ligne, mais ceux-ci doivent être stockés, physiquement, dans une pharmacie, explique la radio RTL .
Avec ce projet de loi « Asap », pour Accélération et simplification de l’action publique, les stocks de médicaments pourraient être situés en dehors de l’officine en elle-même, sur un site distant. Et cela inquiète Gilles Bonnefond, le président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine.
« Avec ce texte, on ouvre la voie à l’ubérisation de la pharmacie, dit-il au Parisien. Demain, si Amazon veut s’associer à un ou plusieurs pharmaciens diplômés, il pourra le faire et se lancer dans la vente en ligne de médicaments. On passe au stade de la marchandisation du médicament contre laquelle nous nous sommes toujours battus. »
Développer la vente en ligne » de médicaments
Selon lui, ce texte reviendrait aussi à « favoriser leur vente en ligne », alors que depuis le 15 janvier, plusieurs médicaments disponibles sans ordonnance ne sont plus accessibles en libre-service dans les pharmacies, justement « pour en réduire la consommation », ajoute-t-il.
Il n’est pas le seul professionnel à s’alarmer. Selon Carine Wolf-Thal, la présidente du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens, le projet de loi « n’apporte aucune garantie de sécurité, par exemple sur l’usage des données personnelles ».
Elle s’inquiète, aussi, du statut d’un pharmacien qui travaillerait pour une plateforme de vente en ligne. « On ne sait pas s’il devra toujours être rattaché à une officine physique, en dur », ajoute-t-elle. Carine Wolf-Thal dit encore avoir « demandé le retrait du texte ».
Mais selon le ministère de la Santé, assouplir les conditions de vente en ligne des médicaments, c’est « une condition nécessaire au développement de la vente en ligne, notamment dans les zones urbaines où le foncier est plus rare et cher ».
Des membres de l’entourage d’Agnès Buzyn, la ministre des Solidarités et de la Santé, indiquent au Parisien qu’une future plateforme de vente de médicaments sur internet serait « rattachée à la licence d’une officine et placée sous le contrôle du pharmacien ».
L’an dernier, l’Autorité de la concurrence avait recommandé de permettre à la grande distribution de vendre des médicaments sans ordonnance. Agnès Buzyn s’y était opposée.
https://www.ouest-france.fr/sante/medic ... on-6722727
Des médicaments disponibles sur des sites de vente en ligne comme Amazon ? C’est ce que pourrait permettre un projet de loi présenté ce mercredi 5 février en conseil des ministres, rapporte le journal Le Parisien.
Ce texte propose d’assouplir les conditions de vente des médicaments disponibles sans ordonnance sur internet. Il est déjà possible d’acheter des remèdes sans ordonnance en ligne, mais ceux-ci doivent être stockés, physiquement, dans une pharmacie, explique la radio RTL .
Avec ce projet de loi « Asap », pour Accélération et simplification de l’action publique, les stocks de médicaments pourraient être situés en dehors de l’officine en elle-même, sur un site distant. Et cela inquiète Gilles Bonnefond, le président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine.
« Avec ce texte, on ouvre la voie à l’ubérisation de la pharmacie, dit-il au Parisien. Demain, si Amazon veut s’associer à un ou plusieurs pharmaciens diplômés, il pourra le faire et se lancer dans la vente en ligne de médicaments. On passe au stade de la marchandisation du médicament contre laquelle nous nous sommes toujours battus. »
Développer la vente en ligne » de médicaments
Selon lui, ce texte reviendrait aussi à « favoriser leur vente en ligne », alors que depuis le 15 janvier, plusieurs médicaments disponibles sans ordonnance ne sont plus accessibles en libre-service dans les pharmacies, justement « pour en réduire la consommation », ajoute-t-il.
Il n’est pas le seul professionnel à s’alarmer. Selon Carine Wolf-Thal, la présidente du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens, le projet de loi « n’apporte aucune garantie de sécurité, par exemple sur l’usage des données personnelles ».
Elle s’inquiète, aussi, du statut d’un pharmacien qui travaillerait pour une plateforme de vente en ligne. « On ne sait pas s’il devra toujours être rattaché à une officine physique, en dur », ajoute-t-elle. Carine Wolf-Thal dit encore avoir « demandé le retrait du texte ».
Mais selon le ministère de la Santé, assouplir les conditions de vente en ligne des médicaments, c’est « une condition nécessaire au développement de la vente en ligne, notamment dans les zones urbaines où le foncier est plus rare et cher ».
Des membres de l’entourage d’Agnès Buzyn, la ministre des Solidarités et de la Santé, indiquent au Parisien qu’une future plateforme de vente de médicaments sur internet serait « rattachée à la licence d’une officine et placée sous le contrôle du pharmacien ».
L’an dernier, l’Autorité de la concurrence avait recommandé de permettre à la grande distribution de vendre des médicaments sans ordonnance. Agnès Buzyn s’y était opposée.
https://www.ouest-france.fr/sante/medic ... on-6722727