Et si on en finissait avec le machisme des religions ?
Posté : 10 novembre 2020 09:00
J'emprunte ce texte à l’historienne, Anne Morelli:
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Le Judaïsme
« Il n'est pas bon que l'homme soit seul. Je vais lui faire une aide qui lui soit assortie. » (La Genèse)
La femme arrive en deuxième, elle est fabriquée parce que l'homme n'a pas trouvé dans tous les animaux des cieux et des champs, un animal qui lui plaise. Anne Morelli le rappelle, dans la Genèse, la femme est tout de suite impliquée dans une histoire abominable. Elle va tenter l'homme et le convaincre de manger le fruit défendu. Si l'homme a été chassé du paradis terrestre, la faute en revient à la femme.
Les Grecs racontaient déjà la même histoire avec Pandore qui, trop curieuse, s'est rendue responsable de tous les malheurs du monde.
« Mieux vaut brûler la Bible que de la confier à une femme »
Dans le Talmud (un des textes fondamentaux du Judaïsme), il est décrit un Judaïsme à deux vitesses : l'un, important, pour les hommes, l'autre, plus basique, destinée aux femmes. Par exemple, ce qui est obligatoire pour les hommes ne l'est pas pour les femmes. Les hommes doivent aller prier à la synagogue au moins une fois par semaine. Les femmes peuvent le faire mais pour elles, l'important réside dans le fait de s'occuper de leur ménage, de leur mari et de leurs enfants.
Anne Morelli le rappelle, ce n'est que tout récemment, qu'on a vu émerger un judaïsme libéral aux Etats-Unis où il existe des femmes rabbins. Autre avancée, depuis le 30 janvier 2016, les femmes peuvent prier au Mur des Lamentations.
La place des femmes n'évoluent pas partout. En Israël, il existe des Juifs orthodoxes qui sont entrés dans une compétition avec les Musulmans pour savoir qui possédaient les femmes les plus pures.
« Merci à toi, ô Créateur, de ce que tu m'as fait de la race des hommes; de ce que tu m'as fait entendant, parlant, voyant ; de ce que tu m'as créé libre et non pas esclave; de ce que tu m'as créé homme et non pas femme. » (prière juive)
Le Christianisme
A l'Ancien Testament, les Chrétiens ajoutent le Nouveau. Dans cette partie de la Bible, les paroles qui sont attribuées à Jésus constituent, pour l'époque, une petite révolution. Elles sont, en effet, plutôt favorables aux femmes.
Anne Morelli rappelle que des femmes suivent Jésus : Marie de Magdala, Marie-Madeleine... Ensuite, Jésus parle et même touche les femmes. Il emploie des personnages féminins dans ses paraboles. Enfin, les femmes sont les premiers témoins de l'événement fondamental du Christianisme, la résurrection. Or, à l'époque, le témoignage des femmes ne vaut pas grand-chose.
Cependant, le Nouveau Testament ne contient pas que les Evangiles. Les Actes des Apôtres et les Epîtres sont beaucoup moins favorables à la gent féminine.
« Le Christ est le chef de tout homme ; l'homme est le chef de la femme. Dans la crainte du Christ, soyez tout dévouement aux autres, les femmes pour leur mari comme au Seigneur car l'homme est la tête de la femme comme le Christ est la tête de l'Eglise. » (Saint-Paul, Premier Epître aux Corinthiens)
Saint-Paul demande aussi aux femmes de se voiler la tête, « signe de sa dépendance ». Il condamne l'adultère des femmes mais ignore celui des maris. Les femmes doivent se taire dans les assemblées. Si elles veulent des explications, elles doivent interroger leur mari, une fois rentrées à la maison.
D'autres pères de l'Eglise ne sont pas plus tendres avec les femmes. Saint-Augustin : « Homme, tu es le maître, la femme est ton esclave, c'est Dieu qui l'a voulu. ». Saint-Thomas : « La femme a été créée plus imparfaite que l'homme même quant à son âme ».
En 585, un concile à Mâcon pose une question étonnante : « Les femmes ont-elles une âme ? » En clair, est-ce que Jésus est venu sauver les êtres humains ou seulement les hommes ? Le concile a finalement tranché que les femmes avaient bel et bien une âme mais le fait de poser la question est interpellant.
Selon Anne Morelli, le personnage de la Vierge Marie n'est pas l'égal de Dieu. De plus, elle constitue un modèle impossible à atteindre pour les femmes. On ne peut être à la fois vierge et mère.
Dans l'Eglise, est né un mouvement de théologie féministe. Ces théologiennes se sont rebellées contre le fait que la femme est toujours subordonnée. Elles s'opposent aussi à la figure masculine de Dieu. Par exemple, le fait de dire « Dieu le Père » masculinise Dieu qui est censé ne pas avoir de genre. Elles prient donc « Dieu qui est notre Père et notre Mère ». Elles luttent aussi contre le fait que les rôles des hommes et des femmes dans l'Eglise ne sont pas les mêmes.
Dans l'Eglise protestante, ces courants ont mieux réussi que chez les catholiques puisque des femmes ont été nommées évêques.
L'Islam
L'Islam fait régulièrement la une de l'actualité pour la façon dont les femmes musulmanes sont considérées. Anne Morelli le reconnaît : certains passages du Coran sont particulièrement hostiles aux femmes. Pourtant, vu ce qui précède, Juifs et Chrétiens sont mal placés pour donner des leçons.
« Les maris sont supérieurs à leur femme à cause des qualités par lesquelles Dieu a élevé ceux-là au-dessus de celles-ci et parce que les hommes emploient leurs biens pour leur femme. » Sourate 2-228
« Les femmes vertueuses sont obéissantes et soumises. »
Les hommes peuvent répudier leur femme. Il suffit de dire trois fois « Je n'en veux plus ». L'inverse n'est pas vrai.
Il existe une inégalité de traitement dans les témoignages. Il faut le témoignage de deux femmes pour contrebalancer celui d'un seul homme. Les pays qui appliquent la sharia continuent à procéder de la sorte, y compris dans les accidents de roulage. Lors d'un héritage, une fille peut avoir au maximum la moitié de ce qu'aura un garçon.
Dans le Coran, se trouve un texte qui justifie les violences conjugales : « Vous réprimanderez celles dont vous aurez à craindre la désobéissance ; vous les reléguerez dans des lits à part, vous les battrez ; mais, dès qu'elles vous obéissent, ne leur cherchez point querelle. »
Comme pour les deux autres religions du Livre, il existe actuellement des tensions entre les traditionnalistes et les progressistes au sein de l'Islam. Des théologiennes féministes émergent aussi au sein de la religion musulmane. Elles recherchent dans le Coran les textes positifs pour les femmes et souhaitent que les passages hostiles en soient retirés. Comme les catholiques veulent pouvoir être ordonnées prêtres, elles souhaitent pouvoir devenir imams. Certaines ont obtenu gain de cause."
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Ne serait-il pas temps aujourd'hui d'expurger des textes, dits sacrés, les parties qui veulent consacrer l'inégalité de la femme et ne serait-ce pas une occasion d'en expurger la violence ?
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Le Judaïsme
« Il n'est pas bon que l'homme soit seul. Je vais lui faire une aide qui lui soit assortie. » (La Genèse)
La femme arrive en deuxième, elle est fabriquée parce que l'homme n'a pas trouvé dans tous les animaux des cieux et des champs, un animal qui lui plaise. Anne Morelli le rappelle, dans la Genèse, la femme est tout de suite impliquée dans une histoire abominable. Elle va tenter l'homme et le convaincre de manger le fruit défendu. Si l'homme a été chassé du paradis terrestre, la faute en revient à la femme.
Les Grecs racontaient déjà la même histoire avec Pandore qui, trop curieuse, s'est rendue responsable de tous les malheurs du monde.
« Mieux vaut brûler la Bible que de la confier à une femme »
Dans le Talmud (un des textes fondamentaux du Judaïsme), il est décrit un Judaïsme à deux vitesses : l'un, important, pour les hommes, l'autre, plus basique, destinée aux femmes. Par exemple, ce qui est obligatoire pour les hommes ne l'est pas pour les femmes. Les hommes doivent aller prier à la synagogue au moins une fois par semaine. Les femmes peuvent le faire mais pour elles, l'important réside dans le fait de s'occuper de leur ménage, de leur mari et de leurs enfants.
Anne Morelli le rappelle, ce n'est que tout récemment, qu'on a vu émerger un judaïsme libéral aux Etats-Unis où il existe des femmes rabbins. Autre avancée, depuis le 30 janvier 2016, les femmes peuvent prier au Mur des Lamentations.
La place des femmes n'évoluent pas partout. En Israël, il existe des Juifs orthodoxes qui sont entrés dans une compétition avec les Musulmans pour savoir qui possédaient les femmes les plus pures.
« Merci à toi, ô Créateur, de ce que tu m'as fait de la race des hommes; de ce que tu m'as fait entendant, parlant, voyant ; de ce que tu m'as créé libre et non pas esclave; de ce que tu m'as créé homme et non pas femme. » (prière juive)
Le Christianisme
A l'Ancien Testament, les Chrétiens ajoutent le Nouveau. Dans cette partie de la Bible, les paroles qui sont attribuées à Jésus constituent, pour l'époque, une petite révolution. Elles sont, en effet, plutôt favorables aux femmes.
Anne Morelli rappelle que des femmes suivent Jésus : Marie de Magdala, Marie-Madeleine... Ensuite, Jésus parle et même touche les femmes. Il emploie des personnages féminins dans ses paraboles. Enfin, les femmes sont les premiers témoins de l'événement fondamental du Christianisme, la résurrection. Or, à l'époque, le témoignage des femmes ne vaut pas grand-chose.
Cependant, le Nouveau Testament ne contient pas que les Evangiles. Les Actes des Apôtres et les Epîtres sont beaucoup moins favorables à la gent féminine.
« Le Christ est le chef de tout homme ; l'homme est le chef de la femme. Dans la crainte du Christ, soyez tout dévouement aux autres, les femmes pour leur mari comme au Seigneur car l'homme est la tête de la femme comme le Christ est la tête de l'Eglise. » (Saint-Paul, Premier Epître aux Corinthiens)
Saint-Paul demande aussi aux femmes de se voiler la tête, « signe de sa dépendance ». Il condamne l'adultère des femmes mais ignore celui des maris. Les femmes doivent se taire dans les assemblées. Si elles veulent des explications, elles doivent interroger leur mari, une fois rentrées à la maison.
D'autres pères de l'Eglise ne sont pas plus tendres avec les femmes. Saint-Augustin : « Homme, tu es le maître, la femme est ton esclave, c'est Dieu qui l'a voulu. ». Saint-Thomas : « La femme a été créée plus imparfaite que l'homme même quant à son âme ».
En 585, un concile à Mâcon pose une question étonnante : « Les femmes ont-elles une âme ? » En clair, est-ce que Jésus est venu sauver les êtres humains ou seulement les hommes ? Le concile a finalement tranché que les femmes avaient bel et bien une âme mais le fait de poser la question est interpellant.
Selon Anne Morelli, le personnage de la Vierge Marie n'est pas l'égal de Dieu. De plus, elle constitue un modèle impossible à atteindre pour les femmes. On ne peut être à la fois vierge et mère.
Dans l'Eglise, est né un mouvement de théologie féministe. Ces théologiennes se sont rebellées contre le fait que la femme est toujours subordonnée. Elles s'opposent aussi à la figure masculine de Dieu. Par exemple, le fait de dire « Dieu le Père » masculinise Dieu qui est censé ne pas avoir de genre. Elles prient donc « Dieu qui est notre Père et notre Mère ». Elles luttent aussi contre le fait que les rôles des hommes et des femmes dans l'Eglise ne sont pas les mêmes.
Dans l'Eglise protestante, ces courants ont mieux réussi que chez les catholiques puisque des femmes ont été nommées évêques.
L'Islam
L'Islam fait régulièrement la une de l'actualité pour la façon dont les femmes musulmanes sont considérées. Anne Morelli le reconnaît : certains passages du Coran sont particulièrement hostiles aux femmes. Pourtant, vu ce qui précède, Juifs et Chrétiens sont mal placés pour donner des leçons.
« Les maris sont supérieurs à leur femme à cause des qualités par lesquelles Dieu a élevé ceux-là au-dessus de celles-ci et parce que les hommes emploient leurs biens pour leur femme. » Sourate 2-228
« Les femmes vertueuses sont obéissantes et soumises. »
Les hommes peuvent répudier leur femme. Il suffit de dire trois fois « Je n'en veux plus ». L'inverse n'est pas vrai.
Il existe une inégalité de traitement dans les témoignages. Il faut le témoignage de deux femmes pour contrebalancer celui d'un seul homme. Les pays qui appliquent la sharia continuent à procéder de la sorte, y compris dans les accidents de roulage. Lors d'un héritage, une fille peut avoir au maximum la moitié de ce qu'aura un garçon.
Dans le Coran, se trouve un texte qui justifie les violences conjugales : « Vous réprimanderez celles dont vous aurez à craindre la désobéissance ; vous les reléguerez dans des lits à part, vous les battrez ; mais, dès qu'elles vous obéissent, ne leur cherchez point querelle. »
Comme pour les deux autres religions du Livre, il existe actuellement des tensions entre les traditionnalistes et les progressistes au sein de l'Islam. Des théologiennes féministes émergent aussi au sein de la religion musulmane. Elles recherchent dans le Coran les textes positifs pour les femmes et souhaitent que les passages hostiles en soient retirés. Comme les catholiques veulent pouvoir être ordonnées prêtres, elles souhaitent pouvoir devenir imams. Certaines ont obtenu gain de cause."
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Ne serait-il pas temps aujourd'hui d'expurger des textes, dits sacrés, les parties qui veulent consacrer l'inégalité de la femme et ne serait-ce pas une occasion d'en expurger la violence ?