Le RN a cautionné le déroulement du référendum poutinien de juillet 2020, une "leçon de démocratie"
Posté : 07 mai 2021 01:08
Le journal russe Novaïa Gazeta publie jeudi 6 mai une enquête fouillée révélant les conditions d’organisation de la visite d'élus RN au Parlement Européen dont l'inénarrable MARIANI candidat en PACA, conditions assez mystérieuses, et au minimum bien éloignées des standards des missions électorales classiques.
En juillet 2020, un "étonnant" Charter s'était envolé de Bruxelles avec des "observateurs" chargés de vérifier le bon déroulement du référendum russe qui devait donner le pouvoir à Poutine jusqu'en 2036!
Soixante « experts » internationaux ont été ainsi amenés en Russie aux frais d’un mystérieux bienfaiteur pour valider le scrutin référendaire organisé par Moscou. Parmi eux, dix députés européens du Rassemblement national.
SOURCE DE L'ARTICLE https://www.lemonde.fr/international/ar ... _3210.html
pour cette caution honteuse à un référendum où l'opposition a été muselée et à l'organisation bananière!
Le RN n'a pas honte? Au contraire!
France info rapportait à l'époque:
Un référendum qui a les couleurs d'un RIC attrape couillons, cher aux vrais démocrates populistes
NB Pour ceux qui ne connaissent pas Novaïa Gazeta, il suffit de se souvenir d'Anna Politkovskaïa, et de Natalia Estemirova
https://www.france24.com/fr/info-en-con ... t-attaques
En juillet 2020, un "étonnant" Charter s'était envolé de Bruxelles avec des "observateurs" chargés de vérifier le bon déroulement du référendum russe qui devait donner le pouvoir à Poutine jusqu'en 2036!
Soixante « experts » internationaux ont été ainsi amenés en Russie aux frais d’un mystérieux bienfaiteur pour valider le scrutin référendaire organisé par Moscou. Parmi eux, dix députés européens du Rassemblement national.
« Une leçon de démocratie ! » Lors de la conférence de presse qu’elle donne à Moscou, le 2 juillet 2020, Hélène Laporte ne cache pas son enthousiasme. La députée européenne du Rassemblement national (RN) vient d’assister en qualité d’observatrice au scrutin référendaire qui permet au président russe, Vladimir Poutine, de rester au pouvoir pour deux mandats supplémentaires, au-delà de 2024. Quelques heures plus tôt, le « oui » a été proclamé vainqueur, avec 77,9 % des voix.
Que ce soit sur les réseaux sociaux ou sur les télévisions locales, ses collègues sont à peine moins élogieux. « Les règles sanitaires et électorales sont respectées. Stop aux “fake news” ! », tance Jean-Lin Lacapelle. « Un événement historique pour les Russes, avec une forte mobilisation », renchérit Virginie Joron.
Très médiatisée en Russie, la venue de représentants de l’extrême droite française à l’occasion de ce vote n’a rien d’un mystère. La plupart de ses participants s’en sont eux-mêmes fait le relais, et leurs conclusions ont contribué à légitimer un vote organisé hors de toute procédure habituelle et marqué par des fraudes record.
Enquête fouillée
Reste que le journal russe Novaïa Gazeta publie jeudi 6 mai une enquête fouillée révélant les conditions d’organisation de cette visite, conditions assez mystérieuses, et au minimum bien éloignées des standards des missions électorales classiques.
La particularité de la mission tient d’abord au scrutin organisé par la Russie le 1er juillet 2020 et au cours de la semaine précédente. Dès l’origine, les autorités avaient écarté l’hypothèse d’un référendum en bonne et due forme, pourtant prévu par la Constitution, mais aux règles trop contraignantes, notamment en matière d’observation électorale.
A la place, une procédure ad hoc a été conçue, sans possibilité d’un débat entre le « oui » et le « non », et qui a permis toutes les fantaisies. La mesure principale, la « remise à zéro » des mandats présidentiels, était noyée dans une longue liste de 46 amendements constitutionnels touchant aux sujets les plus divers, comme l’interdiction du mariage entre personnes de même sexe.
Résultat : les étrangers invités n’ont pas été enregistrés comme des « observateurs », mais comme des « experts ». La Novaïa Gazeta en a identifié soixante – soit davantage que les conclusions émises par de précédents travaux. On trouve des membres du parti Alternative pour l’Allemagne (AfD), un député de la Ligue du Nord italienne, un psychothérapeute autrichien, des membres de partis prorusses de pays de l’ex-URSS, cinq Afghans…
La France surreprésentée au sein de la mission
Tous sont convoqués à Minsk, en Biélorussie, selon le récit reconstitué par le journal russe. Les frontières de la Russie sont alors en théorie fermées, et, pour faciliter l’entrée sur le sol russe, un vol charter est spécialement affrété pour la petite troupe. Il ramènera les participants en Biélorussie le 3 juillet.
Au sein de cette mission, la France est surreprésentée, avec une délégation de treize personnes (auxquels il faut ajouter plusieurs Français installés à Moscou), quand les Allemands ne sont que trois. A l’exception du député Les Républicains Jean-Claude Bouchet (inscrit au programme, l’ancien sénateur Yves Pozzo Di Borgo était absent), tous sont membres du RN, parti qui a bénéficié de plusieurs prêts d’institutions financières russes.
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Dix députés européens et une poignée d’assistants parlementaires composent le groupe, emmené par le vétéran Thierry Mariani. La tête de liste du RN aux élections régionales en Provence-Alpes-Côte d’Azur est un habitué des déplacements polémiques et des observations électorales en Crimée annexée ou dans le Donbass en guerre.
L’organisation comme le commentaire du Parlement européen (qui évoque à l’époque de simples « visites privées ») rappellent d’ailleurs fortement ces déplacements très encadrés par la partie russe, et embarrassants pour les diplomaties européennes. Pour ne rien arranger, la plupart des Français sont envoyés en Crimée, où la visite des bureaux de vote, prévue à la minute près, alterne avec les conférences de presse et les haltes au restaurant.
« Tout est transparent »
Conséquence de la procédure originale choisie par Moscou, l’invitation des « experts » n’émanait pas de la Commission électorale mais de la Chambre civile, un organe consultatif auprès du gouvernement. Selon les déclarations remplies par plusieurs participants en conformité avec les règles du Parlement européen, c’est cette institution qui aurait financé la mission – billets d’avion et séjours dans des hôtels de luxe. Sauf que Novaïa Gazeta n’a pas retrouvé la trace de ces paiements. La Chambre civile dément avoir déboursé le moindre rouble, de même que le Parlement ou le ministère des affaires étrangères.
« Tout est transparent, estime toutefois Thierry Mariani. La puissance invitante est bien la Russie, et nous donnons le détail des frais pris en charge dans la déclaration transmise au Parlement européen. » L’élu concède que ce déplacement avait bien « une dimension politique », mais comparable selon lui aux missions électorales très encadrées conduites par l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) : « L’OSCE est tenue par les Américains, et ses rapports sont écrits à l’avance, assure M. Mariani. Notre mission a fait un travail équivalent à celui de toute autre mission électorale. »
Ses membres n’ont en tout cas noté aucune entorse au processus électoral ni fait la moindre allusion aux bureaux de vote installés, de manière inédite, en pleine rue, sur des bancs, à l’arrière de voitures ou sur de simples souches d’arbre. A l’époque, en visitant trois bureaux de vote en banlieue de Moscou, Le Monde avait vu des bulletins jetés en bloc dans une urne et recueilli le témoignage (anonyme) d’assesseurs sommés de fournir un résultat déterminé à l’avance. Selon nombre d’observateurs, ce scrutin est celui ayant donné lieu aux falsifications les plus importantes depuis vingt ans en Russie.
SOURCE DE L'ARTICLE https://www.lemonde.fr/international/ar ... _3210.html
Le RN n'a pas honte? Au contraire!
France info rapportait à l'époque:
SOURCE https://www.francetvinfo.fr/monde/russi ... 30317.html...Inscription du mariage hétérosexuel dans la Constitution
La révision introduit aussi dans la Constitution des principes conservateurs chers au président, tels que la foi en Dieu, le mariage réservé aux hétérosexuels, ou encore l'enseignement patriotique. Des garanties sociales, comme l'indexation des retraites, intègrent également le texte.
Les détracteurs de Vladimir Poutine, notamment l'opposant Alexeï Navalny, jugent que le référendum n'a d'autre but que de lui garantir "une présidence à vie" et que les autres mesures ont visé à faire aller les Russes aux urnes.
Ce vote est intervenu sur fond de baisse de la popularité du président russe à cause d'une réforme des retraites décriée et de la crise du Covid-19. De mai 2018 à juin 2020, le taux d'approbation de sa politique mesuré par l'institut indépendant Levada est descendu de 79% à 60%. Selon les critiques du Kremlin, le pouvoir a multiplié les ruses pour s'assurer un succès retentissant et une participation électorale forte au scrutin.
Un référendum qui a les couleurs d'un RIC attrape couillons, cher aux vrais démocrates populistes
NB Pour ceux qui ne connaissent pas Novaïa Gazeta, il suffit de se souvenir d'Anna Politkovskaïa, et de Natalia Estemirova
https://www.france24.com/fr/info-en-con ... t-attaques