papibilou a écrit : 02 avril 2025 16:01
jeandu53 a écrit : 02 avril 2025 14:56
Qui peut sincèrement croire qu'on luttera contre les déserts médicaux juste en allégeant la cadence des renouvellements d'ordonnance ?
Si on estime que environ 40% des visites au généraliste se font pour renouvellement d'ordonnance, un allègement de 50% de ces visites limitera fortement leur nombre et fera baisser le nombre de médecins dans les zones ou il y en a déjà trop. Il leur faudra alors s'installer ou il y a du boulot.
J'ai seulement donné une amorce de solution mais on peut en trouver bien d'autres.
- Un centre médical dans les petites agglomérations,
- un appart de fonction,
- un remboursement plus élevé dans les zones désertées
- des activités aujourd'hui dévolues aux médecins et attribuées à des infirmiers,
- etc..
Excusez-moi, mais j'ai l'impression que les solutions que vous avancez ne sont pas du tout à la hauteur des enjeux.
J'ai aussi l'impression que vous ne savez pas vraiment de quoi vous parlez, et que vous découvrez le problème, puisque vous formulez des propositions... qui sont déjà appliquées !
Les centres médicaux, appelés aussi maisons de santé, ou maisons médicales, ça existe déjà. Toutes les communes désireuses d'attirer ou conserver des médecins en ont déjà fait construire.
Les avantages pour les médecins (logements de fonction ou autres), ça existe déjà : aujourd'hui, les collectivités locales rivalisent d'efforts pour attirer les médecins, à tel point qu'elles se font concurrence entre elles :
Entre déserts médicaux, une concurrence qui ne dit pas son nom
C'est la guerre ! Face à la désertification médicale, les communes prêtes à tout pour faire venir des médecins
Cette concurrence malsaine profite aux médecins, qui n'ont plus qu'à se vendre au plus offrant.
Transférer des activités aux infirmiers, ça se fait déjà, comme je l'ai souligné plus haut. On peut creuser cette piste, à condition que les toubibs eux-mêmes le veuillent bien...
40% des visites pour un renouvellement d'ordonnance, ça me semble beaucoup. Je veux bien qu'on passe de 3 mois à 4 mois pour une ordonnance, mais en pratique, ça va juste faire baisser d'un tiers ce stock de visites. C'est mieux que rien, me direz-vous, mais ça ne me semble pas à la hauteur des enjeux.
Pour moi, le principal problème est bien celui de la liberté d'installation. Vous avez ouvert ce topic en évoquant une proposition de loi du député Guillaume Garot sur la liberté d'installation, mais j'ai l'impression que vous cherchez à détourner le débat, car finalement, vous évoquez plein de mesures possibles, dont des mesures qui existent déjà, sans prendre la peine de débattre sur la liberté d'installation. Comme si c'était un sujet tabou.
En 2022, le département de la Mayenne avait organisé des états généraux de la santé. De nombreuses réunions publiques avaient été organisées, des propositions avaient été formulées... Des propositions du même genre que celles que vous avez formulées. Mais à aucun moment il ne fut question de la liberté d'installation... Comme si c'était un sujet tabou.
Donc, concernant la liberté d'installation, il faut savoir que ça fait longtemps que le député Guillaume Garot (député de la Mayenne, ancien maire de Laval) porte ce combat. Il avait déjà déposé une proposition de loi il y a quelques années, cette proposition avait à l'époque été rejetée. Cette fois-ci, il a mobilisé de nombreux collègues députés dans un groupe transpartisan.
Il y a beaucoup plus de médecins aujourd'hui qu'il y a 20 ou 30 ans. Le problème, c'est bien leur mauvaise répartition.