A Perpignan, une gauche divisée veut arracher la mairie au RN Louis Aliot
Posté : 08 janvier 2026 10:12
""Les quartiers populaires sont abandonnés" : à Perpignan, une gauche divisée veut arracher la mairie au RN Louis Aliot
Le vice-président du Rassemblement national dirige cette ville des Pyrénées-Orientales depuis 2020. Il fait face à une opposition remontée sur son bilan, notamment en matière de sécurité et d'emploi.
Ce sera l'un des points chauds des élections municipales : Perpignan, 120 000 habitants, à la frontière espagnole, dans les Pyrénées-Orientales. La ville est dirigée depuis 2020 par le maire RN Louis Aliot, qui est également vice-président du parti. Il remet en jeu son mandat, attaqué sur son bilan et menacé d’inéligibilité dans l’affaire des assistants d’eurodéputés du RN, dont le procès en appel démarre mardi.
Les murs sont décrépis et les ordures s’amoncellent sur le trottoir. C'est à la lisière de Saint-Jacques, quartier très populaire de Perpignan que Mickael Idrac a donné rendez-vous à ses colistiers pour distribuer des tracts.
L'insoumis, à la tête d’une liste d’union avec les écologistes, pousse la porte d’un bar où le propriétaire se plaint très vite du bilan de Louis Aliot. "La ville est morte, il n'y a pas de transports, il n'y a rien. On a l'impression d'être dans une ville de vieux. En Espagne, ça bouge plus qu'ici. Tous mes clients vont en Espagne."
Le candidat LFI saisit la balle au bond : "Oui, les quartiers populaires sont abandonnés. Louis Aliot a flatté son électorat pour essayer de s'assurer une réélection, mais les quartiers populaires sont complètement abandonnés. Je dirais même qu'il n'y a que l'hypercentre qui est nettoyé, qui est sécurisé, mais dès qu'on s'éloigne un peu, il n'y a absolument plus rien."
L'opposition déplore une ville "en faillite"
Mais pour battre Louis Aliot, la gauche part divisée, comme dans la plupart des grandes villes. Il y a trois listes à ce stade, dont celle menée par Agnès Langevine, du parti de Raphaël Glucksmann, Place publique. La vice-présidente de la région Occitanie se présente "face au bilan de Louis Aliot, le maire d'extrême droite, lance-t-elle. On nous promettait Perpignan en grand, c'est Perpignan en faillite, sur le plan de l'emploi, sur le plan social. Un enfant sur deux vit dans une famille qui est sous le seuil de pauvreté."
Tous les partis du bloc central se sont, eux, rangés derrière un candidat, un éditeur, déjà dans l'opposition municipale : Bruno Nougayrède, qui appuie là où ça fait mal. "Il n'y a pas eu d'effet Aliot à Perpignan. On vous parle de sécurité, vous prenez les chiffres du ministère de l'Intérieur, ils sont catastrophiques dans tous les domaines, assène-t-il. Il a été élu sur la promesse de renverser la table, je crois qu'aujourd'hui, il est planqué sous la table du Rassemblement national à Paris. Il s'occupe clairement de ses affaires politiques, personnelles, judiciaires."
"Il y a quand même une question qui intéressera les Perpignanais : est-ce qu'ils veulent voter pour un maire qui risque une OQTP, une obligation de quitter le terrain politique, quelques semaines après son élection ?"
Bruno Nougayrède, candidat du bloc central
à franceinfo
Dans son vaste bureau du premier étage de l'hôtel de ville, le maire sortant, qui a recruté 40 policiers municipaux depuis 2020, répond aux attaques. "Ils s'opposent pour s'opposer, mais ils voient bien que le boulot est fait, réagit-il. Sans la police municipale, la situation serait beaucoup plus critique. On est dans la rénovation urbaine, mais évidemment on est aussi tributaire des moyens financiers qui sont ceux de la mairie, donc on avance petit à petit."
Louis Aliot évacue le risque d'être définitivement déclaré inéligible dans l'affaire des assistants d'eurodéputés du FN. "Dans tous les cas de figure, le conseil municipal se réunira et choisira au sein de la majorité le remplaçant ou la remplaçante", poursuit-il. Le vice-président du RN est confiant : " Si les électeurs avaient tenu compte de cette affaire, je n’aurais jamais été élu il y a cinq ans."
https://www.franceinfo.fr/elections/mun ... 26627.html
Le vice-président du Rassemblement national dirige cette ville des Pyrénées-Orientales depuis 2020. Il fait face à une opposition remontée sur son bilan, notamment en matière de sécurité et d'emploi.
Ce sera l'un des points chauds des élections municipales : Perpignan, 120 000 habitants, à la frontière espagnole, dans les Pyrénées-Orientales. La ville est dirigée depuis 2020 par le maire RN Louis Aliot, qui est également vice-président du parti. Il remet en jeu son mandat, attaqué sur son bilan et menacé d’inéligibilité dans l’affaire des assistants d’eurodéputés du RN, dont le procès en appel démarre mardi.
Les murs sont décrépis et les ordures s’amoncellent sur le trottoir. C'est à la lisière de Saint-Jacques, quartier très populaire de Perpignan que Mickael Idrac a donné rendez-vous à ses colistiers pour distribuer des tracts.
L'insoumis, à la tête d’une liste d’union avec les écologistes, pousse la porte d’un bar où le propriétaire se plaint très vite du bilan de Louis Aliot. "La ville est morte, il n'y a pas de transports, il n'y a rien. On a l'impression d'être dans une ville de vieux. En Espagne, ça bouge plus qu'ici. Tous mes clients vont en Espagne."
Le candidat LFI saisit la balle au bond : "Oui, les quartiers populaires sont abandonnés. Louis Aliot a flatté son électorat pour essayer de s'assurer une réélection, mais les quartiers populaires sont complètement abandonnés. Je dirais même qu'il n'y a que l'hypercentre qui est nettoyé, qui est sécurisé, mais dès qu'on s'éloigne un peu, il n'y a absolument plus rien."
L'opposition déplore une ville "en faillite"
Mais pour battre Louis Aliot, la gauche part divisée, comme dans la plupart des grandes villes. Il y a trois listes à ce stade, dont celle menée par Agnès Langevine, du parti de Raphaël Glucksmann, Place publique. La vice-présidente de la région Occitanie se présente "face au bilan de Louis Aliot, le maire d'extrême droite, lance-t-elle. On nous promettait Perpignan en grand, c'est Perpignan en faillite, sur le plan de l'emploi, sur le plan social. Un enfant sur deux vit dans une famille qui est sous le seuil de pauvreté."
Tous les partis du bloc central se sont, eux, rangés derrière un candidat, un éditeur, déjà dans l'opposition municipale : Bruno Nougayrède, qui appuie là où ça fait mal. "Il n'y a pas eu d'effet Aliot à Perpignan. On vous parle de sécurité, vous prenez les chiffres du ministère de l'Intérieur, ils sont catastrophiques dans tous les domaines, assène-t-il. Il a été élu sur la promesse de renverser la table, je crois qu'aujourd'hui, il est planqué sous la table du Rassemblement national à Paris. Il s'occupe clairement de ses affaires politiques, personnelles, judiciaires."
"Il y a quand même une question qui intéressera les Perpignanais : est-ce qu'ils veulent voter pour un maire qui risque une OQTP, une obligation de quitter le terrain politique, quelques semaines après son élection ?"
Bruno Nougayrède, candidat du bloc central
à franceinfo
Dans son vaste bureau du premier étage de l'hôtel de ville, le maire sortant, qui a recruté 40 policiers municipaux depuis 2020, répond aux attaques. "Ils s'opposent pour s'opposer, mais ils voient bien que le boulot est fait, réagit-il. Sans la police municipale, la situation serait beaucoup plus critique. On est dans la rénovation urbaine, mais évidemment on est aussi tributaire des moyens financiers qui sont ceux de la mairie, donc on avance petit à petit."
Louis Aliot évacue le risque d'être définitivement déclaré inéligible dans l'affaire des assistants d'eurodéputés du FN. "Dans tous les cas de figure, le conseil municipal se réunira et choisira au sein de la majorité le remplaçant ou la remplaçante", poursuit-il. Le vice-président du RN est confiant : " Si les électeurs avaient tenu compte de cette affaire, je n’aurais jamais été élu il y a cinq ans."
https://www.franceinfo.fr/elections/mun ... 26627.html