En France, une immigration de plus en plus diplômée mais toujours sous-utilisée
Posté : 24 mars 2026 07:40
"« Je ne me fais plus d’illusion »… En France, une immigration de plus en plus diplômée mais toujours sous-utilisée
décryptage•En France, de plus en plus d’immigrés sont diplômés du supérieur mais un tiers d’entre eux continuent de travailler dans un emploi sous-qualifié par rapport à leur formation
l ne reste parfois que l’ironie pour échapper à la tristesse d’une situation. « En Algérie, j’étais technicien informatique, ici je suis technicien de surface », sourit, doux-amer, Aziz, 35 ans. Aujourd’hui, son diplôme « chèrement obtenu » il y a dix ans, appartient au passé « Je ne me fais plus d’illusion, je ne bosserais jamais sur un ordinateur. » Selon l’Insee, en 2023, 52 % des personnes immigrées âgées d’au moins 25 ans étaient diplômées du supérieur. Ils étaient seulement 41 % en 2006.
Pourtant, comme Sélim, cette immigration reste trop souvent sous-utilisée en France. Un immigré diplômé sur trois est déclassé, selon le Département des statistiques, des études et de la documentation du ministère de l’Intérieur. Certes, presque autant d’immigrés (48 %) arrivent sans diplôme. Jean-Christophe Dumont, économiste à la tête de la division des migrations internationales au sein de l’OCDE, évoque « une immigration très inégale », particulièrement en France. 17 % des immigrés adultes y ont un niveau scolaire équivalent au primaire, contre 13 % en moyenne européenne, requérants des moyens spécifiques.
Mais l’immigration reste bien souvent caricaturée, présentée comme servant principalement à occuper les métiers de première ligne en tensions - serveurs, hôtellerie – voire dénigrée pour justifier des positions politiques. Le pays voit, en réalité, arriver quantité de médecins, d’ingénieurs, de techniciens…
Des emplois rapides plus que correspondants au diplôme
Comment expliquer ce décalage entre diplôme et emploi ? La politique d’attribution des titres de séjour exige de trouver un emploi extrêmement rapidement, « ce qui met la pression pour accepter des emplois bien en dessous des niveaux de formation en renforçant ce déclassement », estime Pauline Valot, sociologue spécialiste de l’immigration à l’Université de Bourgogne. Les institutions européennes, se basant sur l’OCDE, « ont une vision des "highly skilled migrants" assez déconnectées », poursuit-elle. Exemple : la Carte bleue européenne, qui permet d’exercer une activité professionnelle et de séjourner en France, sans avoir d’autorisation de travail. Pour l’obtenir, il faut un salaire de 60.000 euros brut par an. « Une exigence beaucoup trop forte ».".
Suite de l'article dans le lien ci-dessous :
https://www.20minutes.fr/economie/42126 ... s-utilisee
décryptage•En France, de plus en plus d’immigrés sont diplômés du supérieur mais un tiers d’entre eux continuent de travailler dans un emploi sous-qualifié par rapport à leur formation
l ne reste parfois que l’ironie pour échapper à la tristesse d’une situation. « En Algérie, j’étais technicien informatique, ici je suis technicien de surface », sourit, doux-amer, Aziz, 35 ans. Aujourd’hui, son diplôme « chèrement obtenu » il y a dix ans, appartient au passé « Je ne me fais plus d’illusion, je ne bosserais jamais sur un ordinateur. » Selon l’Insee, en 2023, 52 % des personnes immigrées âgées d’au moins 25 ans étaient diplômées du supérieur. Ils étaient seulement 41 % en 2006.
Pourtant, comme Sélim, cette immigration reste trop souvent sous-utilisée en France. Un immigré diplômé sur trois est déclassé, selon le Département des statistiques, des études et de la documentation du ministère de l’Intérieur. Certes, presque autant d’immigrés (48 %) arrivent sans diplôme. Jean-Christophe Dumont, économiste à la tête de la division des migrations internationales au sein de l’OCDE, évoque « une immigration très inégale », particulièrement en France. 17 % des immigrés adultes y ont un niveau scolaire équivalent au primaire, contre 13 % en moyenne européenne, requérants des moyens spécifiques.
Mais l’immigration reste bien souvent caricaturée, présentée comme servant principalement à occuper les métiers de première ligne en tensions - serveurs, hôtellerie – voire dénigrée pour justifier des positions politiques. Le pays voit, en réalité, arriver quantité de médecins, d’ingénieurs, de techniciens…
Des emplois rapides plus que correspondants au diplôme
Comment expliquer ce décalage entre diplôme et emploi ? La politique d’attribution des titres de séjour exige de trouver un emploi extrêmement rapidement, « ce qui met la pression pour accepter des emplois bien en dessous des niveaux de formation en renforçant ce déclassement », estime Pauline Valot, sociologue spécialiste de l’immigration à l’Université de Bourgogne. Les institutions européennes, se basant sur l’OCDE, « ont une vision des "highly skilled migrants" assez déconnectées », poursuit-elle. Exemple : la Carte bleue européenne, qui permet d’exercer une activité professionnelle et de séjourner en France, sans avoir d’autorisation de travail. Pour l’obtenir, il faut un salaire de 60.000 euros brut par an. « Une exigence beaucoup trop forte ».".
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