Barbara Lefebvre condamnée pour injure publique envers les gens du voyage
Posté : 16 avril 2026 17:55
Comment va réagir RMC ?...
Barbara Lefebvre a été condamnée le 15 avril 2026 par la 17ème chambre correctionnelle du tribunal de Paris pour injure publique envers les gens du voyage
Barbara Lefebvre condamnée pour injure publique envers les gens du voyage
Le 15 avril 2026 Barbara Lefebvre a été condamnée par la 17ème chambre correctionnelle du tribunal de Paris pour injure publique en raison de l’origine à une peine d’amende de 1 000 euros pour avoir tenu les propos suivants sur RMC le 8 avril 2024 :
« Non, ils n’ont pas les codes d’une société civilisée. Alors ils vivent selon leurs règles. D’accord. Les gens du voyage, les machins. Ils ont leurs propres lois, leurs propres règles. On voit souvent des reportages, je veux dire hein euh, sur la question des animaux. Quand vous avez des cirques qui sont tenus par des gens du voyage, je vous raconte pas l’état dans lequel sont les animaux. Va va va demander à un préfet, aux aux aux instances départementales vétérinaires de venir chercher les animaux. Tu les as tous sur le dos et ils t’attendent à coup de barres de fer. Donc moi je suis navrée : il y a des gens, ils n’ont pas les codes. Si vous avez pas les codes, la porte est ouverte. »
Sur saisine de la députée Ersilia Soudais, l’ARCOM avait déjà mis en garde la chaîne le 24 juillet 2024 en raison de ces propos « de nature à encourager des comportements discriminatoires ».
La justice pénale a été dans le même sens en considérant que Barbara Lefebvre avait commis le délit d’injure publique en raison de l’appartenance à la catégorie des gens du voyage. L’injure publique est définie par l’article 29 alinéa 2 de la loi du 29 juillet 1881 comme « toute expression outrageante, termes de mépris ou invective qui ne renferme l’imputation d’un fait ». L’article 33 alinéa 3 de la même loi la réprime plus sévèrement lorsqu’elle est commise contre une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée.
Le tribunal a rappelé que l’appréciation du caractère injurieux du propos devait être effectuée en fonction du contexte en tenant compte des éléments intrinsèques et extrinsèques du message et de façon objective sans prise en considération de la perception personnelle des victimes. Un contrôle de proportionnalité doit être effectué entre d’un côté la liberté d’expression, particulièrement en cas d’existence d’un débat public d’intérêt général, et de l’autre la réputation des personnes visées.
Au terme d’une analyse minutieuse, le tribunal a jugé que ces propos méritaient une sanction pénale. Il a d’abord considéré que le groupe des gens du voyage ne saurait être réduit à une catégorie administrative dans la mesure où ils partagent une origine commune et mènent, pour une part importante d’entre eux, un mode de vie sédentaire. Il a ensuite considéré que les propos poursuivis tendaient à présenter les gens du voyage comme « des gens primitifs et violents, rétifs à se soumettre aux règles élémentaires du vivre ensemble ». Puis il a constaté que ce « discours général et globalisant » mettait en cause indifféremment tous les gens du voyage. Il a enfin relevé que l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme, qui protège la liberté d’expression, ne saurait s’appliquer aux propos « visant à propager, provoquer ou justifier la haine sur un fondement d’intolérance ».
Le tribunal en arrive ainsi à la conclusion suivante :
« Ces propos, présentant ces personnes comme primitives et violentes et qui remettant en cause leur appartenance à la communauté nationale, étaient d’autant plus dangereux qu’ils étaient tenus, sans aucune modération, dans une émission de grande écoute dont la prévenue est une chroniqueuse attitrée, au lendemain d’un fait divers générateur de tensions ».
Barbara Lefebvre est donc condamnée à une peine d’amende de 1 000 euros, sans inscription au bulletin n°2 de son casier judiciaire.
Elle est en outre condamnée à un droit fixe de procédure d’un montant de 254 euros et à indemniser les parties civiles. L’association Défense des forains et des circassiens reçoit la somme de 1 euro. La Voix des Rroms, l’ANGVC, SOS Soutien Ô Sans Papiers et SOS Racisme reçoivent chacune la somme de 500 euros au titre du préjudice subi et 500 euros au titre des frais de procédure, sauf l’ANGVC qui reçoit 1000 euros à ce titre puisqu’elle avait déposé la plainte initiale qui a permis au parquet de se saisir de cette affaire.
Sauf erreur de calcul, le montant de l’addition pour Madame Lefebvre, condamnation et dommages-intérêts confondus, s’élève à 5755 euros.
Il est à souhaiter que ce soit suffisamment dissuasif pour qu’elle ou d’autres personnes plus ou moins bien intentionnées évitent à l’avenir de tenir ce genre de propos à l’encontre des gens du voyage. Chaque année, la CNCDH indique dans son rapport annuel qu’ils sont les première victimes du racisme en France.
Pour l’instant, l’ensemble des médias se sont montrés d’une discrétion exemplaire au sujet des poursuites intentées par le parquet de Paris contre Barbara Lefebvre. Sa condamnation sera-t-elle également passée sous silence ou est-on en droit d’espérer un sursaut informationnel même si l’empire Bolloré est directement concerné ?
Combien de temps tolérerons nous cette situation alors même que la France n’a pas encore reconnu officiellement le génocide perpétré à leur encontre pendant la deuxième guerre mondiale ?
https://blogs.mediapart.fr/henri-braun- ... -du-voyage
Barbara Lefebvre a été condamnée le 15 avril 2026 par la 17ème chambre correctionnelle du tribunal de Paris pour injure publique envers les gens du voyage
Barbara Lefebvre condamnée pour injure publique envers les gens du voyage
Le 15 avril 2026 Barbara Lefebvre a été condamnée par la 17ème chambre correctionnelle du tribunal de Paris pour injure publique en raison de l’origine à une peine d’amende de 1 000 euros pour avoir tenu les propos suivants sur RMC le 8 avril 2024 :
« Non, ils n’ont pas les codes d’une société civilisée. Alors ils vivent selon leurs règles. D’accord. Les gens du voyage, les machins. Ils ont leurs propres lois, leurs propres règles. On voit souvent des reportages, je veux dire hein euh, sur la question des animaux. Quand vous avez des cirques qui sont tenus par des gens du voyage, je vous raconte pas l’état dans lequel sont les animaux. Va va va demander à un préfet, aux aux aux instances départementales vétérinaires de venir chercher les animaux. Tu les as tous sur le dos et ils t’attendent à coup de barres de fer. Donc moi je suis navrée : il y a des gens, ils n’ont pas les codes. Si vous avez pas les codes, la porte est ouverte. »
Sur saisine de la députée Ersilia Soudais, l’ARCOM avait déjà mis en garde la chaîne le 24 juillet 2024 en raison de ces propos « de nature à encourager des comportements discriminatoires ».
La justice pénale a été dans le même sens en considérant que Barbara Lefebvre avait commis le délit d’injure publique en raison de l’appartenance à la catégorie des gens du voyage. L’injure publique est définie par l’article 29 alinéa 2 de la loi du 29 juillet 1881 comme « toute expression outrageante, termes de mépris ou invective qui ne renferme l’imputation d’un fait ». L’article 33 alinéa 3 de la même loi la réprime plus sévèrement lorsqu’elle est commise contre une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée.
Le tribunal a rappelé que l’appréciation du caractère injurieux du propos devait être effectuée en fonction du contexte en tenant compte des éléments intrinsèques et extrinsèques du message et de façon objective sans prise en considération de la perception personnelle des victimes. Un contrôle de proportionnalité doit être effectué entre d’un côté la liberté d’expression, particulièrement en cas d’existence d’un débat public d’intérêt général, et de l’autre la réputation des personnes visées.
Au terme d’une analyse minutieuse, le tribunal a jugé que ces propos méritaient une sanction pénale. Il a d’abord considéré que le groupe des gens du voyage ne saurait être réduit à une catégorie administrative dans la mesure où ils partagent une origine commune et mènent, pour une part importante d’entre eux, un mode de vie sédentaire. Il a ensuite considéré que les propos poursuivis tendaient à présenter les gens du voyage comme « des gens primitifs et violents, rétifs à se soumettre aux règles élémentaires du vivre ensemble ». Puis il a constaté que ce « discours général et globalisant » mettait en cause indifféremment tous les gens du voyage. Il a enfin relevé que l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme, qui protège la liberté d’expression, ne saurait s’appliquer aux propos « visant à propager, provoquer ou justifier la haine sur un fondement d’intolérance ».
Le tribunal en arrive ainsi à la conclusion suivante :
« Ces propos, présentant ces personnes comme primitives et violentes et qui remettant en cause leur appartenance à la communauté nationale, étaient d’autant plus dangereux qu’ils étaient tenus, sans aucune modération, dans une émission de grande écoute dont la prévenue est une chroniqueuse attitrée, au lendemain d’un fait divers générateur de tensions ».
Barbara Lefebvre est donc condamnée à une peine d’amende de 1 000 euros, sans inscription au bulletin n°2 de son casier judiciaire.
Elle est en outre condamnée à un droit fixe de procédure d’un montant de 254 euros et à indemniser les parties civiles. L’association Défense des forains et des circassiens reçoit la somme de 1 euro. La Voix des Rroms, l’ANGVC, SOS Soutien Ô Sans Papiers et SOS Racisme reçoivent chacune la somme de 500 euros au titre du préjudice subi et 500 euros au titre des frais de procédure, sauf l’ANGVC qui reçoit 1000 euros à ce titre puisqu’elle avait déposé la plainte initiale qui a permis au parquet de se saisir de cette affaire.
Sauf erreur de calcul, le montant de l’addition pour Madame Lefebvre, condamnation et dommages-intérêts confondus, s’élève à 5755 euros.
Il est à souhaiter que ce soit suffisamment dissuasif pour qu’elle ou d’autres personnes plus ou moins bien intentionnées évitent à l’avenir de tenir ce genre de propos à l’encontre des gens du voyage. Chaque année, la CNCDH indique dans son rapport annuel qu’ils sont les première victimes du racisme en France.
Pour l’instant, l’ensemble des médias se sont montrés d’une discrétion exemplaire au sujet des poursuites intentées par le parquet de Paris contre Barbara Lefebvre. Sa condamnation sera-t-elle également passée sous silence ou est-on en droit d’espérer un sursaut informationnel même si l’empire Bolloré est directement concerné ?
Combien de temps tolérerons nous cette situation alors même que la France n’a pas encore reconnu officiellement le génocide perpétré à leur encontre pendant la deuxième guerre mondiale ?
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