Lagardère News aurait tenté d’influencer certains députés, selon «Le Monde»
Posté : 27 avril 2026 07:01
C'est pas beau ça ?...
Des listes de questions orientées, vouées à fragiliser certains dirigeants auditionnés, auraient été envoyées aux parlementaires par la direction des affaires institutionnelles du groupe Lagardère, contrôlé par Vincent Bolloré, d’après une enquête du quotidien, mise en ligne ce dimanche 26 avril.
Publié le 26/04/2026 à 20h55, mis à jour le 26/04/2026 à 21h03
Les parlementaires de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public ont-ils été influencés par des émissaires du groupe Lagardère ? Selon une enquête du Monde parue ce dimanche 26 avril, Lagardère News, l’entité qui détient Europe 1 et Le Journal du dimanche (JDD) a proposé à des députés de la commission des questions à poser à des personnalités auditionnées. Or le propriétaire de Lagardère News, Louis Hachette Group, est l’apanage de la holding Vivendi contrôlée par Vincent Bolloré.
Le quotidien a pu consulter plusieurs séries de questions, vouées à nourrir les différentes auditions. Des «suggestions» envoyées par la direction des affaires institutionnelles et réglementaires de Lagardère News.
Selon le Monde, «dans leur formulation comme dans leur tonalité, elles s’inscrivent dans la même hostilité envers l’audiovisuel public que la plupart des 67 auditions qui se sont tenues» ces dernières semaines sous l’autorité du rapporteur Charles Alloncle, député Union des droites pour la République, et la présidence de Jérémie Patrier-Leitus (député Horizons), entre fin novembre 2025 et le 8 avril 2026.
Liste de six pages
Parmi les questions formulées, l’une concerne la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte Cunci, dans le cadre de sa première audition, le 10 décembre 2025. Il est suggéré de lui demander : «Madame la présidente, comment justifiez-vous d’avoir violé la déontologie et les règles qui s’imposent à un fonctionnaire public de votre rang et de vos responsabilités ?» Il est fait référence ici à un entretien au Monde le 18 septembre 2025, où elle avait qualifié CNews de «média d’opinion» et de «chaîne d’extrême droite».
Il s’agit d’une question parmi d’autres, sur une liste de six pages, et onze thèmes : «engagement politique contre l’extrême droite», «prime de performance Delphine Ernotte», «action en dénigrement de CNews, Europe 1 et Le JDD par Radio France et France Télévisions», «consultation du ministère de tutelle concernant l’assignation de CNews, Europe 1 et Le JDD pour dénigrement».
Le même procédé a eu lieu avec la présidente de Radio France Sibyle Veil, en amont de son passage devant les parlementaires le 17 décembre 2025. Avec Ernotte, elle avait saisi l’Arcom, déplorant une «campagne de dénigrement systématique et quotidienne» de la part de CNews à envers les deux groupes d’audiovisuel public. Avant d’assigner CNews, Europe 1 et Le JDD devant le tribunal de commerce, les accusant notamment de concurrence déloyale.
«Tentatives d’ingérence inédites»
Des actions en justice qui ont alimenté les thématiques du questionnaire à son égard : «Des chroniqueurs ou des invités choisis par le service public ont tenu, à de très nombreuses reprises et cela depuis plusieurs années, des propos très critiques, pour ne pas dire davantage, à l’encontre du groupe privé que vous visez», est-il suggéré de rappeler à Sibyle Veil par Lagardère News, toujours selon Le Monde. Autre question citée : «Ne pensez-vous pas, Madame la présidente, en ayant laissé faire sur les antennes de Radio France, et souvent au prétexte de l’humour, avoir déclenché les hostilités ?»
Contacté par le quotidien, le rapporteur Charles Alloncle certifie ne pas avoir «utilisé» ces questions. «Avant même que la commission ne commence, j’avais commencé à recevoir des centaines de mails sur ma boîte publique émanant de syndicalistes, de producteurs, d’anciens ou actuels directeurs de l’audiovisuel public, d’anciens ou actuels salariés», ajoute-t-il. Le président de la commission, le député Horizon Jérémie Patrier-Leitus indique simplement avoir reçu «des éléments concordants qui accréditent des tentatives d’ingérence, inédites dans une commission d’enquête parlementaire».
Haute tension
Voilà qui ne va pas apaiser les tensions autour de cette commission, alors que le rapport et ses préconisations doivent être soumis au vote des 30 députés membres de la commission d’enquête lundi 27 avril, après plus de quatre mois de travaux sous haute tension.
Suppression de la chaîne jeunesse France 4 et de la radio Mouv’, fusion de France 2 et France 5, et une stricte neutralité imposée aux figures de France Télévisions et Radio France font partie des mesures préconisées par le rapporteur de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, le député UDR Charles Alloncle.
Outre ces mesures d’économies, qui viseraient à dégager plus d’un milliard d’euros, soit un quart des crédits alloués par l’Etat à l’audiovisuel public, l’élu du parti d’Eric Ciotti propose de revenir à une nomination des dirigeants de France Télévisions et Radio France par le président de la République, après avis du Parlement et avis «conforme» de l’Arcom, le régulateur, a appris vendredi l’AFP de sources proches de la commission.
Un vote favorable est nécessaire pour que le rapport soit rendu public une semaine plus tard. Un vote négatif est rarissime, mais les tensions qui ont émaillé les travaux et les premières réactions des parlementaires aux conclusions écrites de Charles Alloncle, consultées à huis clos jeudi et vendredi par ses collègues, rendent tout pronostic délicat.
https://www.liberation.fr/economie/medi ... 35HE7LU4Q/
Le groupe Lagardère a tenté de peser sur la commission d’enquête sur l’audiovisuel public
Selon les informations du « Monde », la direction des affaires institutionnelles du groupe d’Arnaud Lagardère, contrôlé par Vincent Bolloré, a envoyé des listes de questions à des députés, avant leurs échanges avec des auditionnés. Dans leur formulation, elles s’inscrivent dans la même hostilité envers l’audiovisuel public que la plupart des 67 auditions qui se sont tenues.
https://www.lemonde.fr/economie/article ... _3234.html
Des listes de questions orientées, vouées à fragiliser certains dirigeants auditionnés, auraient été envoyées aux parlementaires par la direction des affaires institutionnelles du groupe Lagardère, contrôlé par Vincent Bolloré, d’après une enquête du quotidien, mise en ligne ce dimanche 26 avril.
Publié le 26/04/2026 à 20h55, mis à jour le 26/04/2026 à 21h03
Les parlementaires de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public ont-ils été influencés par des émissaires du groupe Lagardère ? Selon une enquête du Monde parue ce dimanche 26 avril, Lagardère News, l’entité qui détient Europe 1 et Le Journal du dimanche (JDD) a proposé à des députés de la commission des questions à poser à des personnalités auditionnées. Or le propriétaire de Lagardère News, Louis Hachette Group, est l’apanage de la holding Vivendi contrôlée par Vincent Bolloré.
Le quotidien a pu consulter plusieurs séries de questions, vouées à nourrir les différentes auditions. Des «suggestions» envoyées par la direction des affaires institutionnelles et réglementaires de Lagardère News.
Selon le Monde, «dans leur formulation comme dans leur tonalité, elles s’inscrivent dans la même hostilité envers l’audiovisuel public que la plupart des 67 auditions qui se sont tenues» ces dernières semaines sous l’autorité du rapporteur Charles Alloncle, député Union des droites pour la République, et la présidence de Jérémie Patrier-Leitus (député Horizons), entre fin novembre 2025 et le 8 avril 2026.
Liste de six pages
Parmi les questions formulées, l’une concerne la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte Cunci, dans le cadre de sa première audition, le 10 décembre 2025. Il est suggéré de lui demander : «Madame la présidente, comment justifiez-vous d’avoir violé la déontologie et les règles qui s’imposent à un fonctionnaire public de votre rang et de vos responsabilités ?» Il est fait référence ici à un entretien au Monde le 18 septembre 2025, où elle avait qualifié CNews de «média d’opinion» et de «chaîne d’extrême droite».
Il s’agit d’une question parmi d’autres, sur une liste de six pages, et onze thèmes : «engagement politique contre l’extrême droite», «prime de performance Delphine Ernotte», «action en dénigrement de CNews, Europe 1 et Le JDD par Radio France et France Télévisions», «consultation du ministère de tutelle concernant l’assignation de CNews, Europe 1 et Le JDD pour dénigrement».
Le même procédé a eu lieu avec la présidente de Radio France Sibyle Veil, en amont de son passage devant les parlementaires le 17 décembre 2025. Avec Ernotte, elle avait saisi l’Arcom, déplorant une «campagne de dénigrement systématique et quotidienne» de la part de CNews à envers les deux groupes d’audiovisuel public. Avant d’assigner CNews, Europe 1 et Le JDD devant le tribunal de commerce, les accusant notamment de concurrence déloyale.
«Tentatives d’ingérence inédites»
Des actions en justice qui ont alimenté les thématiques du questionnaire à son égard : «Des chroniqueurs ou des invités choisis par le service public ont tenu, à de très nombreuses reprises et cela depuis plusieurs années, des propos très critiques, pour ne pas dire davantage, à l’encontre du groupe privé que vous visez», est-il suggéré de rappeler à Sibyle Veil par Lagardère News, toujours selon Le Monde. Autre question citée : «Ne pensez-vous pas, Madame la présidente, en ayant laissé faire sur les antennes de Radio France, et souvent au prétexte de l’humour, avoir déclenché les hostilités ?»
Contacté par le quotidien, le rapporteur Charles Alloncle certifie ne pas avoir «utilisé» ces questions. «Avant même que la commission ne commence, j’avais commencé à recevoir des centaines de mails sur ma boîte publique émanant de syndicalistes, de producteurs, d’anciens ou actuels directeurs de l’audiovisuel public, d’anciens ou actuels salariés», ajoute-t-il. Le président de la commission, le député Horizon Jérémie Patrier-Leitus indique simplement avoir reçu «des éléments concordants qui accréditent des tentatives d’ingérence, inédites dans une commission d’enquête parlementaire».
Haute tension
Voilà qui ne va pas apaiser les tensions autour de cette commission, alors que le rapport et ses préconisations doivent être soumis au vote des 30 députés membres de la commission d’enquête lundi 27 avril, après plus de quatre mois de travaux sous haute tension.
Suppression de la chaîne jeunesse France 4 et de la radio Mouv’, fusion de France 2 et France 5, et une stricte neutralité imposée aux figures de France Télévisions et Radio France font partie des mesures préconisées par le rapporteur de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, le député UDR Charles Alloncle.
Outre ces mesures d’économies, qui viseraient à dégager plus d’un milliard d’euros, soit un quart des crédits alloués par l’Etat à l’audiovisuel public, l’élu du parti d’Eric Ciotti propose de revenir à une nomination des dirigeants de France Télévisions et Radio France par le président de la République, après avis du Parlement et avis «conforme» de l’Arcom, le régulateur, a appris vendredi l’AFP de sources proches de la commission.
Un vote favorable est nécessaire pour que le rapport soit rendu public une semaine plus tard. Un vote négatif est rarissime, mais les tensions qui ont émaillé les travaux et les premières réactions des parlementaires aux conclusions écrites de Charles Alloncle, consultées à huis clos jeudi et vendredi par ses collègues, rendent tout pronostic délicat.
https://www.liberation.fr/economie/medi ... 35HE7LU4Q/
Le groupe Lagardère a tenté de peser sur la commission d’enquête sur l’audiovisuel public
Selon les informations du « Monde », la direction des affaires institutionnelles du groupe d’Arnaud Lagardère, contrôlé par Vincent Bolloré, a envoyé des listes de questions à des députés, avant leurs échanges avec des auditionnés. Dans leur formulation, elles s’inscrivent dans la même hostilité envers l’audiovisuel public que la plupart des 67 auditions qui se sont tenues.
https://www.lemonde.fr/economie/article ... _3234.html