Présidentielle 2027 : le RN rate sa pré-campagne (et personne n’en parle)
Posté : 13 juin 2026 12:26
Leadership incertain, fautes de communication, néant idéologique… Si on ne nous avait pas dit que le Rassemblement national était le favori de l’élection, on ne l’aurait pas deviné.
Dans le célèbre conte d’Andersen, l’empereur est nu, tout le monde le sait, mais personne ne le dit. Dans cette pré-campagne présidentielle, le Rassemblement national est remarquablement mauvais, mais un curieux scrupule retient beaucoup de commentateurs d’en faire la remarque. Le dire n’est pas prétendre que le parti d’extrême droite file vers l’accident électoral. C’est constater que confusion, paresse et excès de confiance semblent à l’œuvre dans un RN qui, à le juger sur ses actes plutôt que sur les sondages, pourrait lui aussi prétendre au bonnet d’âne.
Que le parti soit suspendu à l’échéance du 7 juillet, où la justice tranchera l’avenir électoral de Marine Le Pen, n’excuse pas tout. A commencer par le pilotage de moins en moins lisible du tandem Le Pen-Bardella, qui suggère tantôt un passage de relais consenti, tantôt une cohabitation aigre-douce entre deux figures, dont les divergences de style et de ligne vont en s’élargissant. Au fil d’interventions rivalisant de fadeur, les autres orateurs du parti, que l’on sent tétanisés par la situation, défendent l’idée de candidatures parfaitement interchangeables – ce qui, en plus d’être douteux, n’est guère leur rendre hommage. Que la question soit arbitrée par une affaire de détournement de fonds publics n’est pas non plus le meilleur des auspices.
Sous les radars du débat public
Dans ce contexte, le moins qu’on puisse dire de Jordan Bardella, candidat le plus probable sauf surprise judiciaire, est qu’il ne marque pas le débat public d’une empreinte indélébile. La dernière de ses rares apparitions, sur LCI fin mai, a suscité, au sujet de la réforme des retraites prônée par le parti, un trouble que personne après lui n’a su dissiper. Puis, en pleine affaire Lyhanna, il est apparu une coupe à la main au Grand Prix de Monaco – imaginons ce qu’aurait valu à n’importe lequel de ses adversaires, sur CNews par exemple, un tel cliché dans un tel contexte.
Entre-temps, aucun travail de fond, aucune idée neuve ne vient donner le change, dans un RN où la production idéologique est moins que jamais une priorité. Aucun geste fort, aucune autre figure du parti ne vient habiller le néant de cette fin de printemps. La chance du RN, c’est le faible niveau de ces adversaires et le relativisme ambiant, qui permet aux mesures de censure des mairies RN et à la radicalité de tant de ses cadres de rester sous les radars du débat public.
https://www.liberation.fr/politique/pre ... XSZVWGAOU/
Dans le célèbre conte d’Andersen, l’empereur est nu, tout le monde le sait, mais personne ne le dit. Dans cette pré-campagne présidentielle, le Rassemblement national est remarquablement mauvais, mais un curieux scrupule retient beaucoup de commentateurs d’en faire la remarque. Le dire n’est pas prétendre que le parti d’extrême droite file vers l’accident électoral. C’est constater que confusion, paresse et excès de confiance semblent à l’œuvre dans un RN qui, à le juger sur ses actes plutôt que sur les sondages, pourrait lui aussi prétendre au bonnet d’âne.
Que le parti soit suspendu à l’échéance du 7 juillet, où la justice tranchera l’avenir électoral de Marine Le Pen, n’excuse pas tout. A commencer par le pilotage de moins en moins lisible du tandem Le Pen-Bardella, qui suggère tantôt un passage de relais consenti, tantôt une cohabitation aigre-douce entre deux figures, dont les divergences de style et de ligne vont en s’élargissant. Au fil d’interventions rivalisant de fadeur, les autres orateurs du parti, que l’on sent tétanisés par la situation, défendent l’idée de candidatures parfaitement interchangeables – ce qui, en plus d’être douteux, n’est guère leur rendre hommage. Que la question soit arbitrée par une affaire de détournement de fonds publics n’est pas non plus le meilleur des auspices.
Sous les radars du débat public
Dans ce contexte, le moins qu’on puisse dire de Jordan Bardella, candidat le plus probable sauf surprise judiciaire, est qu’il ne marque pas le débat public d’une empreinte indélébile. La dernière de ses rares apparitions, sur LCI fin mai, a suscité, au sujet de la réforme des retraites prônée par le parti, un trouble que personne après lui n’a su dissiper. Puis, en pleine affaire Lyhanna, il est apparu une coupe à la main au Grand Prix de Monaco – imaginons ce qu’aurait valu à n’importe lequel de ses adversaires, sur CNews par exemple, un tel cliché dans un tel contexte.
Entre-temps, aucun travail de fond, aucune idée neuve ne vient donner le change, dans un RN où la production idéologique est moins que jamais une priorité. Aucun geste fort, aucune autre figure du parti ne vient habiller le néant de cette fin de printemps. La chance du RN, c’est le faible niveau de ces adversaires et le relativisme ambiant, qui permet aux mesures de censure des mairies RN et à la radicalité de tant de ses cadres de rester sous les radars du débat public.
https://www.liberation.fr/politique/pre ... XSZVWGAOU/