Fête de la musique à Paris : le concert de LFI interdit par la préfecture de police, les insoumis annoncent un recours
Posté : 18 juin 2026 05:21
Via un post sur ses réseaux sociaux ce mercredi 17 juin, Jean-Luc Mélenchon fustige «un scandale démocratique grave en période électorale», après l’annulation de cet événement initialement prévu place de la République dimanche.
LFI privé de Fête de la musique ? Le mouvement insoumis devait organiser, le 21 juin au soir à Paris, «des concerts antiracistes et des prises de parole» place de la République, dans la capitale. Le but ? «Faire de la campagne un moment de bouillonnement culturel», dixit Manuel Bompard, coordinateur national du parti, au Parisien. Mais ce mercredi 17 juin, Jean-Luc Mélenchon a annoncé via un post sur ses réseaux sociaux que l’événement avait été interdit par les autorités.
«Pourtant prévenu depuis le mois d’avril, le préfet de Police de Paris vient de prononcer un arrêté d’interdiction du concert gratuit des insoumis, place de la République», a ainsi fait part le leader insoumis. Ce dernier a ajouté que cette interdiction avait été prise «à la demande du président du Crif [Conseil représentatif des institutions juives de France, ndlr] Yonathan Arfi et du maire PS de l’arrondissement Paris Centre [Ariel Weil]».
«Scandale démocratique»
Dans son arrêté publié mercredi en début de soirée, le préfet de police, Patrice Faure, ne précise pas si les prises de position des deux hommes contre ces concerts ont motivé sa décision - le premier avait déclaré que «pour LFI, la musique n’est pas une fin, c’est un moyen au service d’un agenda politique» et le second avait dénoncé la «récupération d’un événement festif» et des «risques réels» pour l’ordre public. Cependant, Patrice Faure justifie longuement son interdiction en invoquant plusieurs motifs juridiques, parmi eux le fait que la déclaration de l’évènement en préfecture aurait été effectuée hors du délai légal de quinze jours francs, et l’absence d’autorisation d’occupation temporaire du domaine public pour l’installation de matériel scénique.
Mais le préfet de police ne s’arrête pas à ces deux raisons et appuie sa décision en expliquant ses craintes quant à la venue à ces concerts de personnalités comme les membres du Comité Adama et sa fondatrice Assa Traoré, organisatrice de manifestations ayant «généré d’importants troubles à l’ordre public», selon lui. Patrice Faure considère également que le Comité Adama appelle à s’en prendre aux forces de l’ordre - il cite ainsi le slogan «tout le monde déteste la police», pourtant repris dans un grand nombre de mouvements sociaux dont le collectif ne fait pas forcément partie.
Un recours déposé
Les rappeurs Soso Maness et Médine - «connu pour des paroles et prises de position controversées», selon le texte justifiant la décision -, sont aussi cités, bien qu’ils n’apparaissent pas sur la liste des artistes programmés par la France insoumise. «Elle s’appuie sur un arrêté d’interdiction dont le contenu est totalement diffamatoire, s’attaquant à plusieurs artistes et personnalités, et complètement mensonger puisque ces personnalités et artistes ne figurent pas dans la programmation prévue. Dans quel pays interdit-on un événement en s’appuyant sur la présence de personnalités qui ne sont pas prévues au programme ?», s’insurge d’ailleurs Manuel Bompard.
Le préfet de police évoque également «l’approche de la prochaine élection présidentielle» comme facteur nourrissant «les velléités d’affrontements et les risques de troubles à l’ordre public» et liste plusieurs exemples d’affrontements violents récents, à l’instar de celui ayant mené à la mort du militant d’extrême droite Quentin Deranque à Lyon. C’est au contraire Patrice Faure qui sème la pagaille selon Jean-Luc Mélenchon qui estime qu’en «attendant la dernière minute pour créer le désordre dans l’organisation de l’événement, le préfet de police montre son incapacité à rester au service de tous en utilisant des arguments mensongers».
La solidité des motifs mis en avant par la préfecture de police sera d’ailleurs mise à l’épreuve. «Nous faisons appel de cette décision devant le juge», a annoncé Jean-Luc Mélenchon. En cas de jugement défavorable, le candidat à l’élection présidentielle pourra toutefois assister dans l’après-midi à la marche contre le racisme organisée à l’initiative de plusieurs élus de banlieue parisienne parmi lesquels le maire insoumis de Saint-Denis, Bally Bagayoko. L’arrivée de celle-ci était prévue place de la République où les concerts devaient conclure la journée.
Mis à jour à 22h14 avec davantage de contexte.
https://www.liberation.fr/politique/fet ... OXWLX2DYI/
LFI privé de Fête de la musique ? Le mouvement insoumis devait organiser, le 21 juin au soir à Paris, «des concerts antiracistes et des prises de parole» place de la République, dans la capitale. Le but ? «Faire de la campagne un moment de bouillonnement culturel», dixit Manuel Bompard, coordinateur national du parti, au Parisien. Mais ce mercredi 17 juin, Jean-Luc Mélenchon a annoncé via un post sur ses réseaux sociaux que l’événement avait été interdit par les autorités.
«Pourtant prévenu depuis le mois d’avril, le préfet de Police de Paris vient de prononcer un arrêté d’interdiction du concert gratuit des insoumis, place de la République», a ainsi fait part le leader insoumis. Ce dernier a ajouté que cette interdiction avait été prise «à la demande du président du Crif [Conseil représentatif des institutions juives de France, ndlr] Yonathan Arfi et du maire PS de l’arrondissement Paris Centre [Ariel Weil]».
«Scandale démocratique»
Dans son arrêté publié mercredi en début de soirée, le préfet de police, Patrice Faure, ne précise pas si les prises de position des deux hommes contre ces concerts ont motivé sa décision - le premier avait déclaré que «pour LFI, la musique n’est pas une fin, c’est un moyen au service d’un agenda politique» et le second avait dénoncé la «récupération d’un événement festif» et des «risques réels» pour l’ordre public. Cependant, Patrice Faure justifie longuement son interdiction en invoquant plusieurs motifs juridiques, parmi eux le fait que la déclaration de l’évènement en préfecture aurait été effectuée hors du délai légal de quinze jours francs, et l’absence d’autorisation d’occupation temporaire du domaine public pour l’installation de matériel scénique.
Mais le préfet de police ne s’arrête pas à ces deux raisons et appuie sa décision en expliquant ses craintes quant à la venue à ces concerts de personnalités comme les membres du Comité Adama et sa fondatrice Assa Traoré, organisatrice de manifestations ayant «généré d’importants troubles à l’ordre public», selon lui. Patrice Faure considère également que le Comité Adama appelle à s’en prendre aux forces de l’ordre - il cite ainsi le slogan «tout le monde déteste la police», pourtant repris dans un grand nombre de mouvements sociaux dont le collectif ne fait pas forcément partie.
Un recours déposé
Les rappeurs Soso Maness et Médine - «connu pour des paroles et prises de position controversées», selon le texte justifiant la décision -, sont aussi cités, bien qu’ils n’apparaissent pas sur la liste des artistes programmés par la France insoumise. «Elle s’appuie sur un arrêté d’interdiction dont le contenu est totalement diffamatoire, s’attaquant à plusieurs artistes et personnalités, et complètement mensonger puisque ces personnalités et artistes ne figurent pas dans la programmation prévue. Dans quel pays interdit-on un événement en s’appuyant sur la présence de personnalités qui ne sont pas prévues au programme ?», s’insurge d’ailleurs Manuel Bompard.
Le préfet de police évoque également «l’approche de la prochaine élection présidentielle» comme facteur nourrissant «les velléités d’affrontements et les risques de troubles à l’ordre public» et liste plusieurs exemples d’affrontements violents récents, à l’instar de celui ayant mené à la mort du militant d’extrême droite Quentin Deranque à Lyon. C’est au contraire Patrice Faure qui sème la pagaille selon Jean-Luc Mélenchon qui estime qu’en «attendant la dernière minute pour créer le désordre dans l’organisation de l’événement, le préfet de police montre son incapacité à rester au service de tous en utilisant des arguments mensongers».
La solidité des motifs mis en avant par la préfecture de police sera d’ailleurs mise à l’épreuve. «Nous faisons appel de cette décision devant le juge», a annoncé Jean-Luc Mélenchon. En cas de jugement défavorable, le candidat à l’élection présidentielle pourra toutefois assister dans l’après-midi à la marche contre le racisme organisée à l’initiative de plusieurs élus de banlieue parisienne parmi lesquels le maire insoumis de Saint-Denis, Bally Bagayoko. L’arrivée de celle-ci était prévue place de la République où les concerts devaient conclure la journée.
Mis à jour à 22h14 avec davantage de contexte.
https://www.liberation.fr/politique/fet ... OXWLX2DYI/