La fonction publique alerte sur la dégradation des salaires : «Les premiers échelons arrivent désormais sous le smic»
Posté : 22 juin 2026 12:19
La récente revalorisation du smic au regard de l’inflation a ravivé les inquiétudes des agents de la fonction publique vis-à-vis du «tassement» des rémunérations du bas de leur échelle. Dans ce secteur, les points d’indice sont figés depuis juillet 2023.
La saison estivale marquera-t-elle un retour aux traditions ? Abandonné depuis deux ans, le classique rendez-vous salarial de la fonction publique du début d’été devrait faire son retour le 6 juillet. C’est du moins ce qu’a proposé le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, dans une lettre adressée aux huit organisations syndicales du secteur (la CGT, FO, la CFDT, l’Unsa, FSU, Solidaires, CFE-CGC et FA-FP), le 2 juin. L’initiative fait office de réponse à un courrier envoyé par l’intersyndicale au Premier ministre, le 18 mai, tirant la sonnette d’alarme face à une situation salariale jugée alarmante et une «exaspération profonde» du secteur.
Le dossier des rémunérations dans la fonction publique est sur le bureau de David Amiel, de longue date, comme pour tous ses prédécesseurs. Après l’échec précoce d’une première réunion sur le sujet, en avril, dont les organisations syndicales avaient claqué la porte face à l’absence de mesures salariales de court terme proposées par l’exécutif, l’intersyndicale est revenue à la charge à l’annonce de la revalorisation du smic à 2,41%, entrée en vigueur le 1er juin. Pour cause : cette augmentation d’environ 35 euros par mois, liée à l’inflation causée par la guerre au Moyen-Orient, ne concerne pas les 5,7 millions d’agents de la fonction publique et provoque un «tassement» des grilles salariales au niveau du salaire minimum.
Le gel du point d’indice, dont la valeur détermine la rémunération des fonctionnaires (sans être indexée sur l’inflation), maintient, en effet, les salaires figés depuis juillet 2023. Au point que «les premiers échelons arrivent désormais sous le smic», explique Rachèle Barrion, secrétaire Force ouvrière en charge du service public. Selon les dernières données de l’Insee, datées de 2024, le salaire net moyen d’un fonctionnaire est de 2 710 euros, un chiffre masquant de fortes disparités entre les secteurs et les catégories.
Embourbement des carrières
Pour compenser l’écart creusé par la revalorisation du smic, de début juin, Bercy a annoncé le versement d’une indemnité différentielle proportionnelle au salaire des agents, d’un montant maximal de 65,28 euros. Une mesure qui devrait permettre à un total de 862 000 agents, dont 306 000 agents de la fonction publique de l’Etat, de recevoir le salaire minimum légal. Parmi ces derniers, «environ 15 000 sont réellement au smic», précise Bercy, qui prend en compte les primes et indemnités spécifiques perçues par certains fonctionnaires, représentant «en moyenne 25 à 30% de leur salaire».
Mais l’offre est loin de satisfaire l’intersyndicale. Lors d’une conférence de presse, le 3 juin, les représentants du secteur public ont fustigé le refus du gouvernement de «traiter sérieusement la question des rémunérations des agents». Malgré des salaires en hausse en 2024 pour la première fois depuis deux ans (-1,4% en 2022 ; -0,7% en 2023 ; +1,7% en 2024, en euros constants, selon les dernières données de l’Insee), les syndicats affirment que les dernières mesures prises, à savoir les revalorisations de 2022 et 2023 et l’attribution de cinq points d’indice en 2024, «n’ont jamais permis de compenser l’inflation».
Surtout, les agents de la fonction publique déplorent l’appauvrissement à long terme des perspectives de carrière, qui touche surtout les postes les moins qualifiés, mais gagne progressivement le reste des groupes. «Dans la catégorie C1, pour arriver au-dessus du smic, il faut attendre le 11e échelon, soit dix-neuf ans de carrière. Pour la catégorie B, c’est six ans. Et même dans la catégorie A, les élèves administrateurs sont maintenant concernés par le rattrapage du smic», dénonce Sylviane Brousse, coordinatrice de la CGT Fonction publique.
https://www.liberation.fr/economie/soci ... WNI2VXAPY/
La saison estivale marquera-t-elle un retour aux traditions ? Abandonné depuis deux ans, le classique rendez-vous salarial de la fonction publique du début d’été devrait faire son retour le 6 juillet. C’est du moins ce qu’a proposé le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, dans une lettre adressée aux huit organisations syndicales du secteur (la CGT, FO, la CFDT, l’Unsa, FSU, Solidaires, CFE-CGC et FA-FP), le 2 juin. L’initiative fait office de réponse à un courrier envoyé par l’intersyndicale au Premier ministre, le 18 mai, tirant la sonnette d’alarme face à une situation salariale jugée alarmante et une «exaspération profonde» du secteur.
Le dossier des rémunérations dans la fonction publique est sur le bureau de David Amiel, de longue date, comme pour tous ses prédécesseurs. Après l’échec précoce d’une première réunion sur le sujet, en avril, dont les organisations syndicales avaient claqué la porte face à l’absence de mesures salariales de court terme proposées par l’exécutif, l’intersyndicale est revenue à la charge à l’annonce de la revalorisation du smic à 2,41%, entrée en vigueur le 1er juin. Pour cause : cette augmentation d’environ 35 euros par mois, liée à l’inflation causée par la guerre au Moyen-Orient, ne concerne pas les 5,7 millions d’agents de la fonction publique et provoque un «tassement» des grilles salariales au niveau du salaire minimum.
Le gel du point d’indice, dont la valeur détermine la rémunération des fonctionnaires (sans être indexée sur l’inflation), maintient, en effet, les salaires figés depuis juillet 2023. Au point que «les premiers échelons arrivent désormais sous le smic», explique Rachèle Barrion, secrétaire Force ouvrière en charge du service public. Selon les dernières données de l’Insee, datées de 2024, le salaire net moyen d’un fonctionnaire est de 2 710 euros, un chiffre masquant de fortes disparités entre les secteurs et les catégories.
Embourbement des carrières
Pour compenser l’écart creusé par la revalorisation du smic, de début juin, Bercy a annoncé le versement d’une indemnité différentielle proportionnelle au salaire des agents, d’un montant maximal de 65,28 euros. Une mesure qui devrait permettre à un total de 862 000 agents, dont 306 000 agents de la fonction publique de l’Etat, de recevoir le salaire minimum légal. Parmi ces derniers, «environ 15 000 sont réellement au smic», précise Bercy, qui prend en compte les primes et indemnités spécifiques perçues par certains fonctionnaires, représentant «en moyenne 25 à 30% de leur salaire».
Mais l’offre est loin de satisfaire l’intersyndicale. Lors d’une conférence de presse, le 3 juin, les représentants du secteur public ont fustigé le refus du gouvernement de «traiter sérieusement la question des rémunérations des agents». Malgré des salaires en hausse en 2024 pour la première fois depuis deux ans (-1,4% en 2022 ; -0,7% en 2023 ; +1,7% en 2024, en euros constants, selon les dernières données de l’Insee), les syndicats affirment que les dernières mesures prises, à savoir les revalorisations de 2022 et 2023 et l’attribution de cinq points d’indice en 2024, «n’ont jamais permis de compenser l’inflation».
Surtout, les agents de la fonction publique déplorent l’appauvrissement à long terme des perspectives de carrière, qui touche surtout les postes les moins qualifiés, mais gagne progressivement le reste des groupes. «Dans la catégorie C1, pour arriver au-dessus du smic, il faut attendre le 11e échelon, soit dix-neuf ans de carrière. Pour la catégorie B, c’est six ans. Et même dans la catégorie A, les élèves administrateurs sont maintenant concernés par le rattrapage du smic», dénonce Sylviane Brousse, coordinatrice de la CGT Fonction publique.
https://www.liberation.fr/economie/soci ... WNI2VXAPY/