C'est quoi ces plafonds de franchises médicales que le gouvernement va doubler ?
Posté : 24 juillet 2026 10:49
"TOUT COMPRENDRE. Ça va coûter jusqu'à 200 euros par an aux patients: c'est quoi ces plafonds de franchises médicales que le gouvernement va doubler et qu'est-ce que ça va changer concrètement ?
Le gouvernement envisage de doubler les plafonds des franchises médicales et participations forfaitaires, ces petites sommes déduites des remboursements de médicaments et d'actes médicaux par l'Assurance maladie. Ce qui donnerait un reste à charge annuel de 200 euros maximum.
Sébastien Lecornu ne veut pas toucher aux taux de remboursements... Mais il a quand même trouvé le moyen de diminuer la prise en charge des soins pour les patients. Alors que le déficit de la Sécu s'annonce plus dégradé qu'espéré en 2026 - 23,2 milliards d'euros au lieu des 19,4 milliards attendus - le gouvernement décide de rogner sur les remboursements des médicaments et rendez-vous médicaux.
Certes, comme l'a assuré le Premier ministre dans un entretien à Paris Match, le gouvernement ne modifiera pas, au sens strict, le ticket modérateur: c'est-à-dire la part du tarif d'une consultation chez un médecin restant à la charge des patients après le remboursement de l'Assurance maladie, et qui est généralement couverte par les mutuelles.
À la place de cette mesure, le locataire de Matignon préfère doubler les plafonds annuels des franchises médicales et participations forfaitaires, ces petites sommes qui sont discrètement déduites des remboursements de médicaments et consultations médicales. Mais de quoi parle-t-on concrètement?
Un euro par boîte de médicaments (mais pas que)
La franchise médicale a été créée en 2008 sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Son objectif était déjà à l'époque de rationaliser la consommation des médicaments... Sauf que cette franchise n'est pas directement payée par les patients. C'est l'Assurance maladie qui déduit la somme après coup, lorsqu'elle rembourse les frais liés aux médicaments prescrits et aux consultations.
Concrètement, lorsqu'il se rend en pharmacie, le patient ne sort que sa carte vitale et n'a rien à régler de lui-même au comptoir grâce au tiers-payant (à condition que tous les médicaments prescrits soient bien remboursables). C'est ensuite la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) à laquelle le patient est rattaché qui règle "au tiers", en l'occurrence ici le pharmacien, les sommes correspondantes aux médicaments délivrés en officine.
Le feu continue de progresser en Gironde, le seuil des franchises médicales va doubler, date de l’annonce du futur sélectionneur des Bleus: l’essentiel de midi
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1:37
Le problème avec ce système, c'est qu'il manque de lisibilité pour le patient, qui peut croire, à tort, qu'il est intégralement remboursé pour ses médicaments. Mais en consultant son relevé de remboursement en ligne sur la plateforme Ameli, il peut s'apercevoir qu'un euro a été déduit de ses remboursements ultérieurs: par exemple, après avoir eu rendez-vous avec un médecin généraliste, spécialiste ou encore un dentiste. C'est cette somme qui correspond bien à la franchise déduite du remboursement de chaque boîte de médicament prescrite, dans la limite de 50 euros par an pour l'instant.
À noter que le plafond des franchises médicales ne se limite pas aux seuls médicaments délivrés en pharmacie. Les 50 euros (et bientôt donc les 100 euros), peuvent être rapidement atteints si le patient consulte des professionnels de santé paramédicaux, comme un masseur-kinésithérapeute ou une infirmière.
Autrement dit, à chaque rendez-vous avec l'un de ces soignants, l'Assurance maladie retire, là aussi, un euro de franchise. Et si le patient fait régulièrement des trajets en transport sanitaire pour se rendre à l'hôpital, comme les malades sous dialyse, alors la Sécu retire cette fois 4 euros de la prise en charge, qui s'additionnent aux autres franchises déduites pour les médicaments, séances de kiné ou soins infirmiers.
Deux euros à chaque rendez-vous avec un médecin (mais pas que, encore)
Nicolas Sarkozy n'était cependant pas précurseur lorsqu'il a créé les franchises médicales il y a 18 ans. Il n'a fait que prolonger un système un peu plus ancien lancé par l'ex-ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy, celui des participations forfaitaires. Mises en place en 2005, elles correspondent, là aussi, à une somme discrètement déduite de la prise en charge d'un rendez-vous chez un médecin généraliste ou spécialiste, d'un examen de radiologie ou d'une analyse de biologie médicale.
La participation forfaitaire est actuellement fixée à 2 euros par rendez-vous chez le médecin, radio ou prise de sang, dans la limite d'un plafond annuel, indépendant de celui des franchises médicales, et qui est aussi fixé à 50 euros.
Autrement dit, chaque année, l'Assurance maladie peut déduire jusqu'à 100 euros (50 + 50) des remboursements de médicaments, séances de kiné, transports sanitaires, consultations médicales, radios et analyses. En doublant les plafonds annuels des franchises médicales et participations forfaitaires, le gouvernement va porter ce montant restant à la charge des patients à 200 euros par an.
Inutile d'ailleurs de compter sur la mutuelle, la plupart des contrats souscrits sur le marché étant solidaires et responsables, les organismes complémentaires de l'assurance maladie n'ont pas le droit de prendre à leur charge les franchises médicales et participations forfaitaires.
L'an dernier, Bayrou voulait tout doubler
Interrogée par la radio RMC ce jeudi matin, la ministre de la Santé a tenté de temporiser les débats autour de ce sujet très sensible. "Ce plafond n'a pas évolué depuis 20 ans", a-t-elle souligné au sujet des franchises médicales. Celui des participations forfaitaires n'avait également pas été révisé à la hausse depuis 2005."
https://www.bfmtv.com/economie/economie ... 30463.html
Le gouvernement envisage de doubler les plafonds des franchises médicales et participations forfaitaires, ces petites sommes déduites des remboursements de médicaments et d'actes médicaux par l'Assurance maladie. Ce qui donnerait un reste à charge annuel de 200 euros maximum.
Sébastien Lecornu ne veut pas toucher aux taux de remboursements... Mais il a quand même trouvé le moyen de diminuer la prise en charge des soins pour les patients. Alors que le déficit de la Sécu s'annonce plus dégradé qu'espéré en 2026 - 23,2 milliards d'euros au lieu des 19,4 milliards attendus - le gouvernement décide de rogner sur les remboursements des médicaments et rendez-vous médicaux.
Certes, comme l'a assuré le Premier ministre dans un entretien à Paris Match, le gouvernement ne modifiera pas, au sens strict, le ticket modérateur: c'est-à-dire la part du tarif d'une consultation chez un médecin restant à la charge des patients après le remboursement de l'Assurance maladie, et qui est généralement couverte par les mutuelles.
À la place de cette mesure, le locataire de Matignon préfère doubler les plafonds annuels des franchises médicales et participations forfaitaires, ces petites sommes qui sont discrètement déduites des remboursements de médicaments et consultations médicales. Mais de quoi parle-t-on concrètement?
Un euro par boîte de médicaments (mais pas que)
La franchise médicale a été créée en 2008 sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Son objectif était déjà à l'époque de rationaliser la consommation des médicaments... Sauf que cette franchise n'est pas directement payée par les patients. C'est l'Assurance maladie qui déduit la somme après coup, lorsqu'elle rembourse les frais liés aux médicaments prescrits et aux consultations.
Concrètement, lorsqu'il se rend en pharmacie, le patient ne sort que sa carte vitale et n'a rien à régler de lui-même au comptoir grâce au tiers-payant (à condition que tous les médicaments prescrits soient bien remboursables). C'est ensuite la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) à laquelle le patient est rattaché qui règle "au tiers", en l'occurrence ici le pharmacien, les sommes correspondantes aux médicaments délivrés en officine.
Le feu continue de progresser en Gironde, le seuil des franchises médicales va doubler, date de l’annonce du futur sélectionneur des Bleus: l’essentiel de midi
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1:37
Le problème avec ce système, c'est qu'il manque de lisibilité pour le patient, qui peut croire, à tort, qu'il est intégralement remboursé pour ses médicaments. Mais en consultant son relevé de remboursement en ligne sur la plateforme Ameli, il peut s'apercevoir qu'un euro a été déduit de ses remboursements ultérieurs: par exemple, après avoir eu rendez-vous avec un médecin généraliste, spécialiste ou encore un dentiste. C'est cette somme qui correspond bien à la franchise déduite du remboursement de chaque boîte de médicament prescrite, dans la limite de 50 euros par an pour l'instant.
À noter que le plafond des franchises médicales ne se limite pas aux seuls médicaments délivrés en pharmacie. Les 50 euros (et bientôt donc les 100 euros), peuvent être rapidement atteints si le patient consulte des professionnels de santé paramédicaux, comme un masseur-kinésithérapeute ou une infirmière.
Autrement dit, à chaque rendez-vous avec l'un de ces soignants, l'Assurance maladie retire, là aussi, un euro de franchise. Et si le patient fait régulièrement des trajets en transport sanitaire pour se rendre à l'hôpital, comme les malades sous dialyse, alors la Sécu retire cette fois 4 euros de la prise en charge, qui s'additionnent aux autres franchises déduites pour les médicaments, séances de kiné ou soins infirmiers.
Deux euros à chaque rendez-vous avec un médecin (mais pas que, encore)
Nicolas Sarkozy n'était cependant pas précurseur lorsqu'il a créé les franchises médicales il y a 18 ans. Il n'a fait que prolonger un système un peu plus ancien lancé par l'ex-ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy, celui des participations forfaitaires. Mises en place en 2005, elles correspondent, là aussi, à une somme discrètement déduite de la prise en charge d'un rendez-vous chez un médecin généraliste ou spécialiste, d'un examen de radiologie ou d'une analyse de biologie médicale.
La participation forfaitaire est actuellement fixée à 2 euros par rendez-vous chez le médecin, radio ou prise de sang, dans la limite d'un plafond annuel, indépendant de celui des franchises médicales, et qui est aussi fixé à 50 euros.
Autrement dit, chaque année, l'Assurance maladie peut déduire jusqu'à 100 euros (50 + 50) des remboursements de médicaments, séances de kiné, transports sanitaires, consultations médicales, radios et analyses. En doublant les plafonds annuels des franchises médicales et participations forfaitaires, le gouvernement va porter ce montant restant à la charge des patients à 200 euros par an.
Inutile d'ailleurs de compter sur la mutuelle, la plupart des contrats souscrits sur le marché étant solidaires et responsables, les organismes complémentaires de l'assurance maladie n'ont pas le droit de prendre à leur charge les franchises médicales et participations forfaitaires.
L'an dernier, Bayrou voulait tout doubler
Interrogée par la radio RMC ce jeudi matin, la ministre de la Santé a tenté de temporiser les débats autour de ce sujet très sensible. "Ce plafond n'a pas évolué depuis 20 ans", a-t-elle souligné au sujet des franchises médicales. Celui des participations forfaitaires n'avait également pas été révisé à la hausse depuis 2005."
https://www.bfmtv.com/economie/economie ... 30463.html