Le gouvernement planche sur le financement des campagnes (et ça tombe à pic pour le RN)
Posté : 24 juillet 2026 13:25
"Avant la présidentielle 2027, le gouvernement planche sur le financement des campagnes (et ça tombe à pic pour le RN)
Matignon souhaite permettre à « tous » les candidats d’obtenir un prêt bancaire français. Mais le RN, régulièrement en difficulté financière, pourrait bien être le principal gagnant.
Par Jade Toussay avec AFP
Le gouvernement à la rescousse des partis. Avançant des risques d’ingérences ou financiers, le gouvernement cherche avec les banques françaises une solution qui permettrait aux candidats à la présidentielle d’obtenir des prêts pour leurs campagnes électorales, alors que le Rassemblement national peine régulièrement à trouver des financements dans l’Hexagone.
« Pour garantir le bon déroulement de la campagne et de ses enjeux démocratiques, il est essentiel que tous les candidats, quel que soit leur bord politique, puissent accéder à des financements français pour financer leur campagne », ont fait valoir jeudi 23 juillet les services du Premier ministre Sébastien Lecornu. L’objectif étant qu’il n’y ait « pas de mainmise de l’étranger » sur la campagne, dans le contexte d’une « montée des ingérences étrangères » qui sont « une menace directe pour le fonctionnement des démocraties », insiste-t-on à Matignon.
Une réunion a donc été organisée la semaine dernière rue de Varenne, entre le cabinet du Premier ministre et des représentants des principales banques françaises. Une piste a été évoquée qui consisterait en « un accord entre plusieurs banques, dans le cadre duquel l’État pourrait couvrir une partie du risque de non-recouvrement », précise-t-on. Selon Le Monde, cet accord pourrait se traduire par une disposition intégrée dans le projet de loi de finances 2027 dont le Parlement se saisira à l’automne.
Les banques se défendent de prêter sur des « critères coups de cœur »
Sébastien Lecornu entend par cette initiative relancer l’idée d’une « banque de la démocratie » poussée par son prédécesseur à Matignon François Bayrou. L’objectif est de « ne pas mettre dans la campagne des réseaux financiers étrangers », selon Matignon, alors que le RN avait dû emprunter de l’argent en Russie pour des échéances électorales en 2014, puis auprès d’une banque hongroise en vue de la présidentielle de 2022.
Pour justifier leurs refus, les établissements bancaires avancent officiellement le risque de ne pas rentrer dans leurs frais à l’issue, alors que le remboursement des candidats par l’État est conditionné à l’obtention de 5 % des suffrages et à la validation des comptes de campagne par la commission nationale dédiée. Officieusement, plane aussi le risque d’une fuite des clients mécontents de voir leur banque prêter à un parti qui ne correspond pas à leurs valeurs.
La directrice générale de la Fédération bancaire française Maya Atig a assuré cette semaine devant la presse que cet aspect n’entrait pas en ligne de compte et que les banques « ne prêtent pas sur des critères coup de cœur ». Les prêts « c’est quand même sur une décision rationnelle » et plusieurs millions d’euros à prêter pour une campagne, « ce n’est pas rien », avance-t-elle. Tout en pointant la « dimension particulière » d’une présidentielle compte tenu des montants en jeu, le président de la fédération a néanmoins dit souhaiter que les banques puissent « contribuer au financement de la vie politique ». La FBF établira une plateforme de propositions à la rentrée et la partagera avec l’ensemble des candidats.
Le RN premier gagnant ?
Le sujet est crucial pour le Rassemblement national, sans capacité d’autofinancement car engagé dans un remboursement « soutenu » de sa dette, quasi intégralement composée de prêts de particuliers. Proche de 19 millions d’euros fin 2024, ce passif a été ramené à environ 8,5 millions fin mars, selon le parti à la flamme, qui prévoit de le réduire à 5 millions fin décembre, jusqu’à zéro en mars 2027. Le trésorier du parti Kévin Pfeffer faisait état à la mi-avril de « retours négatifs » des banques françaises qui, à ses yeux, « ne jouent plus le jeu de la démocratie ».
Les dépenses engagées en vue de la présidentielle sont scrutées depuis le 1er avril. Donné vainqueur du scrutin dans toutes les enquêtes d’intention de vote à neuf mois du scrutin, le RN est à la recherche d’une banque susceptible de lui avancer 10,7 millions d’euros, soit le montant maximal remboursable par l’État pour les candidats qualifiés au second tour. Au-delà de la difficulté récurrente pour le parti d'extrême droite à financer cette campagne, la double condamnation de Marine Le Pen pour détournement de fonds publics européens a aussi de quoi refroidir les éventuels préteurs.
L’entourage du Premier ministre a pris soin de soin d’indiquer « aucun échange entre Matignon et le RN n’a eu lieu sur le sujet », comme pour anticiper d’éventuelles critiques sur une aide indirecte apportée au parti d’extrême droite. L’objectif de la rencontre était de « dialoguer sur les voies et moyens » pour permettre à « tous » les candidats d’obtenir un prêt bancaire français pour financer leur campagne, souligne-t-on de même source, alors que d’autres candidats, dont Jean-Luc Mélenchon, ont déjà rencontré des difficultés de financement."
https://www.huffingtonpost.fr/politique ... 93405.html
J'ai beaucoup du mal avec cette phrase-là : "Une piste a été évoquée qui consisterait en « un accord entre plusieurs banques, dans le cadre duquel l’État pourrait couvrir une partie du risque de non-recouvrement », précise-t-on.". En résumé, ce serait le contribuable qui paierait les impayés des partis emprunteurs ?
J'estime que, quand on n'a pas les moyens financiers de concourir, et bien, on ne concourre pas, surtout si le parti n'a pas les moyens de rembourser par la suite.
Si un vêtement me plaît mais que je n'ai pas les moyens de me l'offrir, et bien je ne l'achète pas.
Matignon souhaite permettre à « tous » les candidats d’obtenir un prêt bancaire français. Mais le RN, régulièrement en difficulté financière, pourrait bien être le principal gagnant.
Par Jade Toussay avec AFP
Le gouvernement à la rescousse des partis. Avançant des risques d’ingérences ou financiers, le gouvernement cherche avec les banques françaises une solution qui permettrait aux candidats à la présidentielle d’obtenir des prêts pour leurs campagnes électorales, alors que le Rassemblement national peine régulièrement à trouver des financements dans l’Hexagone.
« Pour garantir le bon déroulement de la campagne et de ses enjeux démocratiques, il est essentiel que tous les candidats, quel que soit leur bord politique, puissent accéder à des financements français pour financer leur campagne », ont fait valoir jeudi 23 juillet les services du Premier ministre Sébastien Lecornu. L’objectif étant qu’il n’y ait « pas de mainmise de l’étranger » sur la campagne, dans le contexte d’une « montée des ingérences étrangères » qui sont « une menace directe pour le fonctionnement des démocraties », insiste-t-on à Matignon.
Une réunion a donc été organisée la semaine dernière rue de Varenne, entre le cabinet du Premier ministre et des représentants des principales banques françaises. Une piste a été évoquée qui consisterait en « un accord entre plusieurs banques, dans le cadre duquel l’État pourrait couvrir une partie du risque de non-recouvrement », précise-t-on. Selon Le Monde, cet accord pourrait se traduire par une disposition intégrée dans le projet de loi de finances 2027 dont le Parlement se saisira à l’automne.
Les banques se défendent de prêter sur des « critères coups de cœur »
Sébastien Lecornu entend par cette initiative relancer l’idée d’une « banque de la démocratie » poussée par son prédécesseur à Matignon François Bayrou. L’objectif est de « ne pas mettre dans la campagne des réseaux financiers étrangers », selon Matignon, alors que le RN avait dû emprunter de l’argent en Russie pour des échéances électorales en 2014, puis auprès d’une banque hongroise en vue de la présidentielle de 2022.
Pour justifier leurs refus, les établissements bancaires avancent officiellement le risque de ne pas rentrer dans leurs frais à l’issue, alors que le remboursement des candidats par l’État est conditionné à l’obtention de 5 % des suffrages et à la validation des comptes de campagne par la commission nationale dédiée. Officieusement, plane aussi le risque d’une fuite des clients mécontents de voir leur banque prêter à un parti qui ne correspond pas à leurs valeurs.
La directrice générale de la Fédération bancaire française Maya Atig a assuré cette semaine devant la presse que cet aspect n’entrait pas en ligne de compte et que les banques « ne prêtent pas sur des critères coup de cœur ». Les prêts « c’est quand même sur une décision rationnelle » et plusieurs millions d’euros à prêter pour une campagne, « ce n’est pas rien », avance-t-elle. Tout en pointant la « dimension particulière » d’une présidentielle compte tenu des montants en jeu, le président de la fédération a néanmoins dit souhaiter que les banques puissent « contribuer au financement de la vie politique ». La FBF établira une plateforme de propositions à la rentrée et la partagera avec l’ensemble des candidats.
Le RN premier gagnant ?
Le sujet est crucial pour le Rassemblement national, sans capacité d’autofinancement car engagé dans un remboursement « soutenu » de sa dette, quasi intégralement composée de prêts de particuliers. Proche de 19 millions d’euros fin 2024, ce passif a été ramené à environ 8,5 millions fin mars, selon le parti à la flamme, qui prévoit de le réduire à 5 millions fin décembre, jusqu’à zéro en mars 2027. Le trésorier du parti Kévin Pfeffer faisait état à la mi-avril de « retours négatifs » des banques françaises qui, à ses yeux, « ne jouent plus le jeu de la démocratie ».
Les dépenses engagées en vue de la présidentielle sont scrutées depuis le 1er avril. Donné vainqueur du scrutin dans toutes les enquêtes d’intention de vote à neuf mois du scrutin, le RN est à la recherche d’une banque susceptible de lui avancer 10,7 millions d’euros, soit le montant maximal remboursable par l’État pour les candidats qualifiés au second tour. Au-delà de la difficulté récurrente pour le parti d'extrême droite à financer cette campagne, la double condamnation de Marine Le Pen pour détournement de fonds publics européens a aussi de quoi refroidir les éventuels préteurs.
L’entourage du Premier ministre a pris soin de soin d’indiquer « aucun échange entre Matignon et le RN n’a eu lieu sur le sujet », comme pour anticiper d’éventuelles critiques sur une aide indirecte apportée au parti d’extrême droite. L’objectif de la rencontre était de « dialoguer sur les voies et moyens » pour permettre à « tous » les candidats d’obtenir un prêt bancaire français pour financer leur campagne, souligne-t-on de même source, alors que d’autres candidats, dont Jean-Luc Mélenchon, ont déjà rencontré des difficultés de financement."
https://www.huffingtonpost.fr/politique ... 93405.html
J'ai beaucoup du mal avec cette phrase-là : "Une piste a été évoquée qui consisterait en « un accord entre plusieurs banques, dans le cadre duquel l’État pourrait couvrir une partie du risque de non-recouvrement », précise-t-on.". En résumé, ce serait le contribuable qui paierait les impayés des partis emprunteurs ?
J'estime que, quand on n'a pas les moyens financiers de concourir, et bien, on ne concourre pas, surtout si le parti n'a pas les moyens de rembourser par la suite.
Si un vêtement me plaît mais que je n'ai pas les moyens de me l'offrir, et bien je ne l'achète pas.