Une petite suite au premier message de ce fil, et dans l'espoir de remettre ce fil sur les rails du sujet... :
Boycott du réalisateur israélien Nadav Lapid : "Je l'ai très mal vécu", confie le cinéaste
Le cinéaste exilé en France, fervent opposant au régime israélien, pense qu'il a été victime d'une "sorte de purisme politique de gens engagés" plus que d'antisémitisme. Il regrette sur France Inter que "les limites du bon sens" aient été franchies.
"Je l'ai très mal vécu", réagit mercredi 10 juin sur France Inter(Nouvelle fenêtre) le réalisateur israélien Nadav Lapid, exilé en France, qui a annulé sa venue à un festival à Marseille après un appel au boycott de la part d'une dizaine d'autres réalisateurs. "Ma propre présence est juste inadmissible à leurs yeux", déplore le cinéaste, fervent opposant au gouvernement de Benyamin Nétanyahou.
Les organisateurs du festival international de cinéma FID de Marseille "m'ont fait comprendre qu'il valait mieux que je me retire face aux menaces, à la pression" et "aux intimidations", raconte Nadav Lapid.
Les cinéastes qui ont appelé à son boycott justifient leur démarche par leur volonté "d'agir contre une réalité coloniale et génocidaire approuvée". Ils lui reprochent notamment d'avoir bénéficié de fonds publics israéliens. Ils proviennent d'un "fonds du cinéma indépendant, qui n'a aucun lien avec le ministère de la Culture", rétorque Nadav Lapid, dont le dernier film Oui (2025) est une vive critique de "la dérive morale et de la perversion" de la société israélienne.
Le réalisateur refuse de qualifier d'antisémites ceux qui ont appelé à son boycott.
"Je pense qu'il s'agit d'une sorte de purisme politique de gens engagés, frustrés, un peu fainéants et pas toujours suffisamment courageux finalement, qui ont franchi les limites du bon sens", estime-t-il. "Depuis quand ces gens représentent la cause palestinienne ?", interroge-t-il. "Depuis quand l'annulation de ma masterclass est devenue le grand triomphe de cette cause, alors qu'il y a une véritable horreur qui se passe en ce moment en Cisjordanie, à Gaza, au Liban ?"
Pour lui, "le grand allié de ces gens, c'est le ministre de la Culture israélien qui s'est précipité à afficher sa réaction" en "félicitant ce boycott", preuve, selon lui, que peu importe votre position politique, "tant que vous êtes juif d'Israël, vous êtes haï par ces gens", estime Nadav Lapid.
https://www.franceinfo.fr/culture/cinem ... 53625.html
Je pense, en effet, que ceux qui boycottent ce cinéaste n'ont pas beaucoup réfléchi sur le pourquoi du comment. Pourquoi boycotter un cinéaste, féroce critique du régime de Netanyahou, quand on dit vouloir soutenir la cause palestinienne. J'avoue que je ne le comprends pas non plus, et certains de ces cinéastes devraient se mordre les doigts maintenant en réalisant leur stupidité et leur courte vue.
D'un autre nature, mais d'une même ordre, relayé
dans ce fil ici, c'est cette déprogrammation d'une pièce de théâtre par le maire RN de Castres. D'une autre nature, parce qu'ici il s'agit d'un politique, et non pas des collègues d'un artiste. D'une même ordre, parce qu'il s'agit d'une forme de boycott pour "apurer" une offre culturelle dans sa ville.
Ici aussi, de mon point de vue, l'acteur principale, le maire de la ville de Castres a tort : il oublie un peu facilement qu'il n'est pas seulement maire de ceux qui ont voter pour lui, mais il est maire de tous les habitants de sa ville. Vouloir appauvrir l'offre culturelle de sa ville pour que ça ne véhicule qu'une certaine idée correspond à cette tendance de l'extrême droite de vouloir imposer une pensée unique.
Alors, et pour reprendre le point de discussion de départ de ce fil. Faut-il adopter ce genres de boycotts ou déprogrammations ? Faut-il en retour boycotter ces festivals ou ces villes qui les pratiquent ? Personnellement, je ne pense pas, parce que d'une certaine façon cela ne fait que adouber et renforcer la pensée unique qu'on souhaiterait combattre. Qu'elle vient de l'extrême gauche ou de l'extrême droite, toute pensée unique est à combattre. La France est devenu un grand pays entre autres grâce à la diversité de ses expressions culturelles (dans la musique, dans le théâtre, dans la littérature, dans le cinéma, dans la philosophie). Vouloir uniformiser cela, c'est appauvrir la France, intellectuellement et culturellement.
Aussi, cela ne ferait que punir les - autres - habitants de ces villes, ou ces - autres - participants aux festivals, visiteurs d'expositions, etc. Ceux, qui œuvrent sans doute de leur côté pour garder encore et défendre un autre approche de notre société : pluraliste, diverse, et riche.