jabar a écrit : 18 juillet 2022 00:53
L'hydrogène jaune est trop coûteux avec un rendement pourri et inadapté à l'ampleur du parc de voitures. L'hydrogène gris qui est plus réaliste demande beaucoup d'énergie et engendre beaucoup de CO2 pour le produire. On l'obtient à partir de combustibles fossiles.
L'hydrogène reste une bonne solution dans des cas particuliers (transports en commun, poids lourds) mais ne peux absolument pas être généralisé.
De plus, c'est un gaz dangereux qui exigerait une infrastructure et un acheminement complexe. Quant aux prix, dire que le prix des véhicules électriques est raillé, une voiture à hydrogène est beaucoup plus coûteuse et complexe à réaliser qu'un VE. Puis niveau sécurité, j'imagine ces millions de véhicules avec des réservoirs hautement pressurisés de plusieurs centaines de bars pour contenir ce gaz toxique et hautement inflammable (je parle du dihydrogène). Les accidents vont avoir une autre allure.
Ce n'est pas pour rien que les constructeurs et les états se sont détournés de cette solution.
Quant aux moteurs à eau, voyons...
Les carburants de synthèse sont irréalistes pour faire rouler la planète et Porsche ne l'envisage temporairement que pour les sports avant un passage au tout électrique. Ils utilisent des plantes (déchets de canne à sucre entre autres), imagine les surfaces qu'il faudrait mobiliser pour faire rouler un pays. Ce n'est même pas leur objectif.
Quelques points :
- Vous évoquez le rendement d'un moteur à hydrogène, en l'occurrence il se situe aux alentours de 22 pour cent pour l'hydrogène jaune. Or, pour un véhicule fonctionnant à l'essence, le rendement moyen est de l'ordre de 20 pour cent, ce qui est donc inférieur à l'hydrogène.
- Vous évoquez le fait que l'hydrogène est très polluant à produire mais en l'occurrence, à ma connaissance, il n'existe pas une seule étude comparative permettant de décréter que le bilan carbone serait accru dans le cas d'une généralisation de ce carburant. De ce fait, il me parait impossible en l'état de se prononcer sur ce point. D'autant + que, comme je le disais, les techniques de production vont nécessairement évoluer avec l'apport de solutions présentant un bilan carbone amélioré (il faut faire preuve de la même patience que vous réclamez pour l'électrique).
- Vous évoquez la dangerosité du gaz. En l'occurrence, il existe des normes automobiles que se devront de respecter tous les véhicules propulsés par ce moyen. Vous imaginez bien qu'un véhicule explosant au moindre choc ne sera jamais homologué et que les constructeurs produiront des voitures adaptées aux normes de sécurité (pas moins sécuritaires que les électriques actuelles). Nous avons déjà des voitures propulsées au propane et au méthane et nous n'avons pas à déplorer des cas qui nécessitent une interdiction du GPL.
- Vous évoquez le coût. En l'occurrence, le coût potentiel de revient du véhicule électrique ne réside pas dans la complexité de l'installation (bien au contraire) mais est lié à deux paramètres. D'une part, en cas de grosse panne ou de gros chocs selon là où il est situé, les possibilités de réparation seront très réduites (ce sera un changement complet du moteur/cables/batterie qui rendra le véhicule économiquement irréparable, on aura alors le phénomène de voitures jetables). D'autre part, à la revente, l'état de la batterie étant difficilement évaluable de manière certaine, il sera très difficile de se séparer de son véhicule à partir de certains kilométrages notamment. Rien ne permet objectivement de dire que l'hydrogène sera + impactés par ces éléments sur son coût de revient.
- Vous évoquez le fait que les constructeurs se seraient détournés de cette solution. Absolument pas, TOUS les grands constructeurs planchent sur ce sujet et envisagent de produire des modèles à pile à combustible en tant qu'alternatives crédibles à l'électrique (Toyota; Hyundai; Stellantis; Renault; BMW; VAG malgré les déclarations du PDG etc....).
Quant au carburant de synthèse, Porsche ne l'envisage pas temporairement uniquement pour le sport auto mais veut d'abord le tester dans le sport auto avant une éventuelle généralisation. Ce n'est pas pour rien qu'ils ont construit une nouvelle usine dédiée uniquement à sa production avec à la base l'utilisation d'éoliennes comme source première de fourniture de l'électricité nécessaire. Quid des consommations de plantes dans cette usine ? Vous me demandez quelle surface il faudrait pour alimenter un pays, je me permets de retourner la question, quelle surface il faudrait pour alimenter un pays ? (puisque c'est vous qui dites que cela posera un problème à ce niveau là).
Ce qu'il faut comprendre, c'est que tout cela en est dans ses balbutiements. Vous écartez des technologies qui sont encore en phase de développement tandis que vous réclamez de la patience pour l'électricité dans des stades + avancés. S'il fallait procéder ainsi au moindre "obstacle", alors il n'y aurait jamais eu de moteurs thermiques, ni électriques. Il est clair que l'on peut difficilement envisager l'électrique comme la seule solution et, qui plus est, définitive. D'autres technologies viendront assurément ou s'affineront et peut-être l'électrique ne sera qu'une phase transitoire (ou sera cantonnée à certaines utilisations uniquement).