jeandu53 a écrit : 26 septembre 2026 11:42
Once a écrit : 26 septembre 2026 09:47
Oui tout est parti de là.
1)
La Déclaration Balfour a reçu une validation internationale majeure lors du Traité de Sèvres signé le 10 Août 1920
2)
Non, la Déclaration Balfour ne mentionnait pas clairement une réalité arabe en Palestine. Au contraire, elle est historiquement critiquée pour avoir gommé l'identité politique et nationale de la population arabe, qui représentait pourtant plus de 90 % de la population locale en 1917. Alors de là à affirmer que les Britanniques allaient être très gentils avec les Arabes de Palestine : encore heureux ! Mais faut voir ce qui s'est passé ensuite ! Les Britanniques ont été assez pitoyables dans la manière de gérer le conflit qui est intervenu de suite. Ils ont toujours été partisans en feignant jouer le rôle d'arbitre.
3)
À la suite de la déclaration Balfour du 2 novembre 1917, l'opposition des Arabes de Palestine s'est d'abord traduite par des mobilisations politiques de masse avant de dégénérer en violences intercommunautaires majeures contre le projet de foyer national juif et les autorités britanniques
ex 1:
la manifestation de masse du 2 novembre 1918 :
Pour marquer le premier anniversaire de la déclaration Balfour, la population arabe organise une grande manifestation. Les notables et édiles signent une pétition officielle adressée au gouvernement britannique. Ils y rejettent le projet sioniste et réclament l'intégration de la Palestine au sein d'un grand royaume arabe syrien indépendant.
ex 2 :
les premiers Congrès nationaux palestiniens (dès 1919) : des associations islamo-chrétiennes se structurent dans les villes pour coordonner le refus politique de la déclaration Balfour et exiger l'indépendance.
Conclusion : l
a Déclaration Balfour est bien à l'origine du bordel qui allait survenir dans cette région du Proche-Orient avec un conflit qui dure toujours en 2026.
C'est clair, non ?
On s'en fout du Traité de Sèvres.
Non, on n’en fout pas : le traité de Sévres devient une validation juridique internationale de la Déclaration Balfour.
Quand je dis « internationale » je dois peser mes mots : il ne s’agit en fait que d’une validation initiée par des puissances européennes colonialistes et dominantes au niveau mondial alors.
Le Traité de Sèvres a mandaté le RU le soin de gérer la Palestine, il a effectivement repris les principes de la déclaration Balfour, à savoir que "Le mandataire sera responsable de la mise à exécution de la déclaration originairement faite par le Gouvernement britannique et adoptée par les autres Puissances alliées, en faveur de l'établissement en Palestine d'un foyer national pour le peuple juif, étant bien entendu que rien ne sera fait qui pourrait porter préjudice aux droits civils et religieux des Communautés non juives en Palestine, non plus qu'aux droits et au statut politique profitant aux juifs dans tout autre pays".
La déclaration Balfour comme le Traité de Sèvres prévoyaient donc, clairement, à la fois la création d'un État juif et celle d'un État palestinien, tout en restant relativement vagues sur les frontières respectives de ces deux États.
L'essentiel vous échappe décidément : les populations arabes ont contesté dès l’origine la Déclaration Balfour sans attendre ce qui s’en est suivi. Elles ont de suite compris que c’était une première étape qui allait changer de nombreuses donnes.
Le plan de partage de la Palestine, en 1947, prévoyait, lui aussi, la création d'un État juif et d'un État arabe. Donc c'est ensuite que les choses déraillent, au moment de la proclamation de l’État d'Israël, non acceptée par les Arabes en 1948.
Le plan de partage était une arnaque pour les Arabes : 54 % du total prévu pour un état (auquel on octroyait des ouvertures essentielles sur l’extérieur ) et "le reste" pour les Arabes. Dès le départ c'était mal barré pour eux.
Alors ils ont refusé, ce qu'on leur reproche souvent (du seul point de vue occidental bien sûr !) : mais pourquoi et au nom de quoi auraient-ils dû accepter puisqu’ils avaient combattu dès le début la Déclaration Balfour puis les arrivées successives et massives d’immigrants juifs en Palestine ? Au nom de quoi auraient-ils dû accepter ?
Je viens chez vous ce soir, je tape à votre porte et je vous présente un plan cadastral biblique et un mandat de l’ONU :
« au nom de ce plan et au nom de ce mandat, je vous demande de m’accorder la moitié de votre maison, mes ancêtres vivaient là il y a 3000 ans. »
Qu’est ce que vous faites ? Vous me dites :
« bienvenu cher ami, nous allons nous partager le jardin, le salon, la cuisine, les chambres et la cave. »
Ou bien :
« tu as 2 mn pour dégager sale c.., tu te fous de ma gueule ? fais vite sinon j’appelle la police ! »
Le problème, le gros problème est que la Déclaration Balfour prévoyait un foyer de peuplement pour les Juifs , donc forcément une terre pour eux et une appartenance d’office à cette terre pourtant occupée par des populations arabes depuis plusieurs siècles.
Elle aurait prévu simplement un point d’ancrage officiel - culturel, spirituel et religieux- à Jérusalem pour les Juifs, un lieu de pèlerinage officiel pour les Juifs du monde entier, une sorte de « Mecque juive » mondiale que ça n ‘aurait probablement posé aucun problème. Une minorité juive avait vécu auprès de la majorité arabe en Palestine bien avant la Déclaration Balfour, elle n'avait jamais quitté la région : et ce, durant des siècles et des siècles. Sans problèmes de cohabitation avec leurs voisins arabes !
Mais ce qui s’en est suivi a tout foutu par terre : une colonisation progressive de peuplement initiée et assumée bien avant la proposition du plan de partage qui a légitimement été refusée par les Arabes.
Voilà l'origine de ce qui foutu un bordel dans un Proche-Orient déjà suffisamment compliqué comme ça et qui n'en demandait pas temps ! On n'en est pas sorti en 2026...