Publié le 24/09/2026 à 22h10
Avant qu’il parvienne au pupitre, des dizaines de personnes, membres de différentes délégations représentées à l’Assemblée générale, ont quitté la salle en signe de protestation. «S’il reste encore dans cette salle des lâches qui n’ont pas quitté les lieux, qu’ils le fassent maintenant», a lancé Benyamin Nétanyahou en prenant la parole. La délégation palestinienne avait appelé les autres délégations à participer à ce geste de protestation, dans un message qui leur avait été envoyé.
Au même moment, devant le siège de l’ONU, plusieurs personnes ont été interpellées par la police à New York, lors de la dispersion d’une manifestation contre le Premier ministre israélien. Parmi les menottés : Susan Sarandon, coutumière des manifestations contre la guerre menée par Israël à Gaza. L’actrice a récemment confié qu’elle perdait des contrats en raison de ses prises de position.
Puis le Premier ministre israélien, isolé sur la scène internationale et lancé dans une difficile campagne pour sa réélection, s’est livré à un réquisitoire contre les détracteurs d’Israël, à un moment où les critiques internationales se multiplient contre les violences commises contre les Palestiniens en Cisjordanie occupée.
«Ils accusent Israël, le minuscule Israël, de colonialisme, quel colonialisme ?» s’est exclamé Benyamin Nétanyahou à la tribune de l’ONU. «Parmi eux, il y a des gens en Grande-Bretagne et en France. Bon sang, ce sont eux qui ont inventé le terme», a-t-il dit, soulignant que «leurs colonies couvraient la planète entière».
Critiques contre l’Iran, Mamdani et Erdogan
Mardi, le Premier ministre israélien s’en était déjà pris au chef d’Etat français devant l’Assemblée générale des Nations unies, alors qu’Emmanuel Macron avait critiqué les agissements d’Israël en Cisjordanie en affirmant que le Hamas n’était pas actif sur ce territoire où siège l’Autorité palestinienne. «L’absurdité grotesque des propos d’Emmanuel Macron est sidérante», avait ainsi rétorqué le bureau de Benyamin Nétanyahou.
Le dirigeant israélien a ensuite déclaré avoir empêché l’Iran, conjointement avec les Etats-Unis, de mettre au point des armes nucléaires. Il a aussi prédit que le régime iranien «finira par tomber». Puis il a multiplié les critiques à l’égard du président turc, Recep Tayyip Erdogan, qu’il a accusé de «tyran». «Et maintenant, le dernier pays en date à être devenu un super-propagateur de mensonges antisémites est la Turquie», a lancé le dirigeant israélien.
Et comme il l’avait annoncé, il s’en est de nouveau pris au maire de New York, Zohran Mamdani, militant de longue date de la cause palestinienne, qu’il accuse de soutenir le Hamas, répétant à trois reprises «honte à vous». «Depuis que vous avez été élu dans cette ville de nombreux juifs ne se sentent plus en sécurité», a-t-il dit, accusant l’édile d’être «antisémite» et de propager des «mensonges» sur un génocide à Israël.
«Projet colonial»
Avant lui, le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, contraint de s’exprimer par vidéo après avoir été privé de visa par les Etats-Unis, a déclaré que les politiques israéliennes ne se contentaient plus de compromettre la solution à deux Etats mais menaçaient désormais «la vie et l’existence mêmes» de son peuple. Le dirigeant palestinien a également fustigé la décision des Etats-Unis de lui interdire, comme l’an passé, de se rendre sur le sol américain, dénonçant «des mesures punitives sans fondement légal».
Le discours de Nétanyahou intervient alors que plusieurs dirigeants étrangers ont profité de la tribune de l’ONU cette semaine pour critiquer la politique menée par le gouvernement israélien.
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Au siège de l'ONU à New York, le 24 septembre 2026. (Alexi J. Rosenfeld /Getty Images via AFP)
