papibilou a écrit : 25 juillet 2025 17:20
Once a écrit : 25 juillet 2025 16:54
On ne peut pas toujours raisonner comme un prédateur occidental interressé façon Trump. Parce que ce que vous dites à la fin de votre propos exclut totalement ce qu'est l'attachement à une terre non pas pour des motifs bassement économiques mais pour d'autres raisons différentes et notamment religieuses ou simplement...sentimentales. Les sionistes du début du XX ieme en savaient quelque chose...
99% des américains sont issus de migrants qui ont quitté leurs anciennes terres pour une autre et leurs descendants ne donnent pas vraiment l'impression de le regretter.
Cela n'a strictement rien à voir avec la situation actuelle à Gaza. Eux partaient positivement pour la réalisation de rêves et d'un nouvel avenir.
Je peux comprendre l'attachement sentimental à une terre, mais pas au point d'accepter que mes enfants continuent à recevoir des bombes sur le crane encore pendant des années.
Ces bombes ne tombent pas de nulle part. Elles sont le résultat d'une opération qui aurait dû être terminée depuis longtemps : cela fait 21 mois qu'Israël "réplique" au 7 octobre en continuant de s'acharner sur ce qui reste de Gaza après l'avoir détruit à 90 %. Etait-ce une réplique appropriée que d'en arriver là ? Ou plutôt la marque d'un acte de vengeance complètement irréfléchi derrière lequel a fini par se dessiner un projet diabolique : empêcher toute autre alternative pour celle que vous évoquez : le départ forcé des Gazaouis. On ne peut donc pas se contenter de rejoindre ce point de vue comme s'il était arrivé de nulle part sans rappeler que les choses auraient pu être tout autres : une réplique militaire appropriée d'Israël de quelques mois avec des objectifs militaires et politiques précis, le tout qui n'aurait pas duré plus de 12 mois avec des négociations pour la libération des otages. Une réplique qui n'aurait pas consisté à la destruction matérielle systématique de toutes les infrastructures de Gaza pour en faire un HIstoshima invivable.
En fait Israël est tombé dans un piège diabolique du Hamas à partir du 7 octobre : il y est tombé à pieds joints malgré les propos de prudence de Biden
("ne commettez pas les mêmes erreurs que nous en Irak.")
- Sa première erreur a été de réagir dans la rage en mettant la barre bien haut ("la destruction du Hamas") : on ne détruit pas aussi facilement une idéologie.
- Sa deuxième erreur a été de ne pas avoir défini des buts de guerre précis mais d'avoir réagi au jour le jour
- Sa troisième erreur a été d'assimiler toute la population gazaouie à une population de "terroristes" en oubliant qu'une grande partie de cette population ne fait que subir cette organisation mortifère.
- Sa quatrième erreur a été finalement de vouloir occuper Gaza manu militari (après de longues hésitations d'ailleurs ce qui montre bien que la décision n'était pas évidente) : Gaza, pour Israël, est à présent son Vietnam. Israël s'y embourbe : non pas parce qu'il a perdu militairement, non, il a gagné en grande partie militairement - comme la France en Algérie avant 62- mais il ne sait pas transformer sa victoire militaire en victoire politique. Parce qu'au niveau politique, Israël est en échec total avec 2 millions de civils gazaouis sur les bras dont il ne sait quoi faire d'autre que de leur proposer un nouveau voyage en enfer avec un exil forcé sous le regard de plus en plus critique de la communauté internationale et qui risque de le vouer à un isolement diplomatique qui risque de lui être très préjudiciable.
Je n’ai pas perdu le fil de ma réaction à votre propos et j’en reviens à ce que je disais au début : on ne peut pas raisonner en se contentant de prendre acte d’une situation insoutenable et la seule ("le bon père de famille qui pense à l’avenir de ses enfants") sans rappeler toutes les conditions qui ont préexisté à cette situation. Ou alors c’est laisser croire que l’on rejoindrait
en aval le projet du leader le plus suprémaciste, raciste et diabolique (lui aussi, tout comme son ennemi, le Hamas) qu’Israël n’ait jamais connu. Mais le Hamas est une organisation terroriste alors qu'Israël est un état.
Mais ce n'est pas tout quand je me base sur ce que vous affirmez par ailleurs :
papibilou a écrit : 25 juillet 2025 20:50
Non. Ce serait le cas si je me foutais des massacres en cours. Et c'est précisément par empathie que
je suis favorable à une solution qui donne enfin à ces palestiniens la possibilité de vivre une vie normale.
Là, désolé, mais c’est se moquer du monde : parce que vous pensez que des centaines de milliers de Gazaouis vont vivre « une vie normale » en Libye, en Ethiopie ou en Indonésie sous des tentes Quéchua ? (le Mossad est allé tenter des négociations secrètes avec leurs dirigeants. On ne sait rien des réponses obtenues, mais faisons comme si elles auraient été positives) Vous pensez sérieusement que leurs gamins traumatisés par des mois de guerre et de famine vont mener une scolarité normale dans des pays qui ne les accueilleront jamais avec bienveillance mais seulement parce que leurs régimes auront été payés pour cela ?
Non, désolé : on ne peut pas dire cela. Ou alors il faut avoir le courage d’aller demander aux 750.000 palestiniens qui ont été expulsés manu militari en 48 s’ils sont heureux de leur sort actuel ou s’ils n’auraient pas préféré rester chez eux.
Donc :
1) Réduire la situation actuelle des Gazaouis à nulle autre possibilité que : « dehors... » sans rappeler ce qui a conduit à cela c’est rejoindre le calcul diabolique du leader le plus abject qu’Israël ait connu
mais ajouter en plus
2) ... »Et ce sera pour votre bien » c’est rajouter du cynisme au cynisme ; à moins que cela ne corresponde à une totale inconscience.