CrazyMan a écrit : 30 juillet 2022 03:22
Rien n'est définitif dans l'économique et le social puisqu'il ne s'agit que de fonctionnement institutionnels et légaux qui peuvent être changés, c'est d'ailleurs le propre du politique que de discuter de cela.
Tu n'as jamais écrit qu'il fallait remettre en cause le social, en tout cas pas en ces termes. En revanche, il m'apparaît quand même assez étonnant que tu ne percutes pas le fait que défendre la stagnation du SMIC, le durcissement de l'accès aux droits du chômage, le recul de l'âge de départ à la retraite, le travail en échange du RSA et j'en passe se fait au détriment des salariés.
Pour véritablement "favoriser" (les politiques incitatives de type microéconomie pour autistes c'est pas vraiment ma came) les investissements créateurs d'emplois, il faudrait, si on suit le dogmatisme microéconomique classique qui guide des politiques comme la réforme du chômage, fortement taxer les investissements sur le marché secondaire qui concentre aujourd'hui une large majorité des investissements (car moins risqués et permettent de dégager des bénéfices plus rapidement).
On ne parle pas de la même chose toi et moi. Toi tu parles de créer une situation favorable aux détenteurs de capitaux, c'est-à-dire les investisseurs, afin qu'ils daignent bien venir chez nous. En d'autres termes la politique que tu proposes ne peut être que favorable aux individus fortunés puisque ce sont eux qui ont les moyens d'investir. D'autant plus qu'une "situation favorable" est relative aux cadres institutionnels des autres états. Après tout la compétitivité, c'est avant tout faire en sorte de davantage montrer patte blanche que les autres. Pour moi ce n'est pas du pragmatisme mais un foutoir idéologique qui a le vent en poupe depuis les années 80 et les années Reagan & Thatcher.
Résultat ? Des inégalités qui ne cessent de s'accroître depuis maintenant environ 40 ans, une montée des partis nationalistes un peu partout sur le globe, des tensions sociales, etc...
En ce qui concerne la social-démocratie, je ne sais pas pourquoi tu considères Mélenchon comme venant d'extrême gauche mais j'aimerais bien que tu m'expliques avec des arguments construits et des faits. Son programme politique n'était pas communiste et encore moins révolutionnaire, il me semble qu'il était le plus proche d'un programme que l'on pourrait considérer comme étant social-démocrate. Personnellement, je le perçois plus comme un candidat qui s'inscrit dans la lignée d'un Jean Jaurès. J'imagine que, comme beaucoup, tu qualifies LFI d'extrême gauche à cause d'un mélange de paresse intellectuelle, d'habitude et d'inertie (tout comme pour ceux qui qualifiaient Hollande de gauche à l'époque) mais franchement j'aimerais savoir précisément ce que tu entends par extrême gauche, en quoi c'est détestable et pourquoi la ligne de Mélenchon se place dans cette lignée politique.
Bien sûr on peut toujours changer la loi. Mais qu'il s'agisse des congés payés de la 5ème semaine, de la sécu, de la retraite, sauf sans doute du chômage il ne me semble pas qu'il y ait eu beaucoup de retours en arrière ces 80 dernières années.
Quant au salaire il est rare qu'un salaire soit diminué par l'entreprise sauf faute grave.
Que les inégalités s'accroissent c'est vrai et c'est faux. Que les fortunes les plus importantes s'accroissent plus vite que les bas revenus, c'est clair et c'est regrettable. Mais s'agit il d'inégalités si importantes ? Quand il s'agit d'aller se faire soigner je ne suis pas certain que les riches soient si infiniment avantagés par rapport à vous ou moi. Et notre pays, vous le reconnaitrez, est un des pays les plus redistributeurs au monde.
Mais sauf à parvenir à une entente mondiale comme pour les très grandes entreprises du numérique, je vois mal comment vous empêcherez l'argent de passer les frontières. Et les pousser à quitter le pays ne me semble pas la garantie d'investissements pour accroître le nombre d'emplois. Mais si vous avez une idée pour faire venir les investissements et taxer les plus fortunés, je pense que beaucoup seront preneurs.
Si vous pensez que Mélenchon est proche de la social démocratie c'est que vous n'avez pas intégré que nous sommes dans une économie mondialisée. Ainsi, et je reviens au § précédent, je prends l'exemple quand Mélenchon décide qu'en matière d'héritage au dessus de 12 millions "je prends tout", je ne suis pas certain que ça va inciter ceux qui possèdent largement plus que cette somme à rester chez nous et à faire fructifier leur patrimoine.
Mais lui même ne croit pas à la social démocratie. il déclare " La social-démocratie est un astre mort qui circule dans le vide intersidéral qu'elle crée " (2012).
Cela ne signifie pas que toutes les propositions de la Nupes sont à jeter aux orties, mais si on respecte les grands principes de laisser fonctionner l'économie libérale en en corrigeant les excès ou, comme disait Jospin : "une façon de réguler la société et de mettre l'économie de marché au service des hommes" , alors Mélenchon est encore loin de la social démocratie et d'ailleurs ne s'en réclame pas.
Ajoutez à cela que je suis favorable, en matière énergétique (peut-être le domaine le plus important des 10 prochaines années), à un mix incluant le nucléaire alors que Mélenchon y est opposé, vous comprendrez que je n'ai pas eu beaucoup de choix.