berger141 a écrit : 27 mars 2020 17:00
CrazyMan a écrit : 27 mars 2020 16:29
Tu peux développer?
Les 35 H qui face à la compétition économique mondiale consistent à travailler moins coutent très cher à l'économie du pays
Il semblerait que tu n'observes seulement ce que tu désires voir.
Qu'entends tu par économie du pays? C'est sympa les grandes phrases mais encore faudrait il comprendre ce que l'on dit, ce qui n'est visiblement pas le cas de grand monde ici. Parles tu de PIB? De niveau de vie moyen des français? De compétitivité? Et si tu parles de compétitivité, quelles sont les conséquences de cette perte de compétitivité sur les entreprises, sur l'état, sur la population? C'est affolant de constater à quel point tout vous semble évident (et je ne parle pas que de toi, loin de là), sans doute comptons nous dans nos rangs les futurs prix nobel d'économie de notre nouvelle décennie...
On oublie par exemple souvent que la baisse du temps de travail a été accompagné d'un allègement des cotisations.
En terme d'impact pur et dur sur l'emploi par exemple, il y a de nombreux désaccords. C'est très compliqué de définir de manière précise l'impact qu'à pu avoir la réduction du temps de travail. Simple exemple, en 2004, l'INSEE estime que 350 000 emplois ont été crées suite à cette mesure alors qu'en parallèle le MEDEF, opposé dès le départ à cette mesure, estime que seulement 15 000 emplois ont été crées la première année suivant la réforme.
C'est un fait important à souligner qui démontre bien une chose, l'économie est politique et n'est pas une science dure comme certains aimeraient le faire croire. C'est pourquoi lorsque Victor parle d'objectivité (en parlant de ses idées) et dénigre les autres en parlant d'idéologie cela devient comique, pour ne pas dire risible.
En terme de compétitivité, l'INSEE estime que la compétitivité des entreprises passées aux 35h a diminué de 3,7% par rapport aux entreprises restées aux 39h. Au niveau international, on peut facilement imaginer une perte de compétitivité par rapport aux nations où le temps de travail est plus long et où le droit du travail est moins clément avec les salariés. Faut-il accepter de détruire le droit du travail français afin de devenir compétitif vis-à-vis de pays émergents au sein desquels les conditions salariales sont souvent déplorables? Pour ma part la réponse est évidemment non.
Cependant, il s'agit, pour avoir une approche plus en accord avec la réalité, d'appréhender la mesure dans sa globalité. La diminution du temps de travail a également permis, au niveau individuel, d'avoir davantage de temps libre et donc de pouvoir accorder plus d'importance à sa vie de famille par exemple. Aujourd'hui, beaucoup d'économistes estiment que les tâches domestiques doivent êtres prises en compte dans le calcul du PIB car, plus ou moins indirectement, elles contribuent à la production de richesse.
Il serait également temps, qu'en 2020, certains daignent se détacher de cette idée théologique selon laquelle, il faudrait souffrir et effectuer tout les jours une tâche qui ne vous apporte aucune satisfaction afin d'avoir du mérite, et finalement d'avoir le droit de vivre. Cette idée d'acquérir du mérite par la souffrance est une idée profondément ancrée dans les psychologies, il faudrait sans doute revenir à des fondamentaux en s'intéressant à ce qui importe vraiment dans la vie et dans le travail.
Tout cela pour dire qu'il faudrait faire preuve d'un peu plus de rigueur, sinon autant allé au bistrot du coin.

Je pense par exemple à Victor qui répète sans cesse ce que nous devons faire pour le bien-être de l'économie, je suis d'accord sur beaucoup de ses propositions. Le seul, et énorme, bémol c'est qu'il refuse de prendre en compte les externalités négatives qu'engendrerait le fait de tout mettre au service de l'économie (environnement, droits sociaux, développement d'emplois précaires, accroissement des inégalités, ect...)