"Des chercheurs ont établi que la consommation de ces produits pouvait favoriser de multiples pathologies, comme l'obésité, le diabète ou les maladies cardiovasculaires. Des alertes que tentent de minimiser les groupes industriels.
Céréales du petit-déjeuner, plats cuisinés, boissons sucrées, yaourts aromatisés... Les produits ultratransformés(Nouvelle fenêtre) prennent de plus en plus de place dans notre alimentation et constituent une menace pour notre santé, selon un vaste collectif de chercheurs qui publient, mercredi 19 novembre, trois nouvelles études dans la revue médicale The Lancet(Nouvelle fenêtre). Leur ambition : dresser un panorama de référence sur le sujet, alors que les débats scientifiques continuent et que certains groupes industriels tentent de décrédibiliser la recherche.
Une menace réelle pour la santé
La première étude publiée par The Lancet(Nouvelle fenêtre) compile une centaine de travaux scientifiques afin d'établir l'état des connaissances sur les risques des aliments ultratransformés. Ceux-ci sont définis comme des produits fabriqués par des procédés industriels complexes à partir d'ingrédients bon marché combinés à des additifs et contenant peu d'aliments entiers.
L'étude conclut que leur consommation est associée à de multiples pathologies, comme l'obésité, le diabète ou les maladies cardiovasculaires. "Le remplacement des régimes alimentaires traditionnels par des aliments ultratransformés constitue un moteur majeur de l'augmentation mondiale du fardeau des maladies chroniques liées à l'alimentation", écrivent les auteurs. Ces risques pour la santé s'expliquent par les déséquilibres nutritionnels importants de ces aliments ainsi que la présence de contaminants, de perturbateurs endocriniens ou encore d'additifs nocifs.
Des produits de plus en plus consommés
Les produits ultratransformés se sont répandus partout sur la planète durant ces dernières décennies, selon les études compilées par les chercheurs. La contribution énergétique des aliments ultratransformés aux achats alimentaires totaux des ménages a ainsi triplé en Espagne au cours de trois dernières décennies, plus que doublé au Canada en huit décennies et augmenté de 10% à 23% au Mexique et au Brésil en quatre décennies. Aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, leur consommation n'a que faiblement augmenté depuis vingt ans... car ils représentent déjà plus de 50% de la contribution énergétique totale des ménages depuis plusieurs décennies.
Pâtisseries, plats préparés, snacks, sauces, viandes reconstituées... Toutes les catégories d'aliments ultratransformés sont en hausse à travers le monde, quel que soit le niveau de revenus des habitants. A une exception près : la consommation de sodas et de boissons gazeuses sucrées commence à diminuer en Amérique du Nord, en Australie et en Europe de l'Ouest, "probablement liée à une multiplication des politiques réglementaires ciblant ces produits", selon les chercheurs.
En bref, "les tendances convergentes en matière de consommation, d'achats et de ventes mettent clairement en évidence le remplacement mondial des régimes alimentaires traditionnels par les produits ultratransformés et indiquent une expansion rapide dans les régions où les produits ultratransformés ne sont pas encore dominants", concluent les chercheurs.
Des mesures urgentes à mettre en place
Comment inverser la tendance ? Alors que les politiques publiques se concentrent souvent sur la réduction de la consommation d'aliments riches en graisses et en sucre, les chercheurs proposent d'élargir les efforts à tous les produits ultratransformés, dans une deuxième étude publiée par The Lancet(Nouvelle fenêtre). Concrètement, ils réclament des modifications fiscales et d'étiquetages des produits.
Le Chili a par exemple interdit les publicités télévisées et la vente de ces aliments près des écoles. Des politiques publiques sont également nécessaires pour soutenir la production, la disponibilité et l'accessibilité financière des aliments frais et peu transformés. Elles doivent aussi permettre de limiter le pouvoir économique des producteurs et les distributeurs de ces produits, selon les chercheurs.
Une complicité des grands groupes industriels
La troisième étude publiée par The Lancet(Nouvelle fenêtre) se penche sur les stratégies déployées par les grands groupes de l'agroalimentaire – les huit principaux étant Nestlé, PepsiCo, Unilver, Coca-Cola, Danone, Fomento, Economico Mexicano, Mondelez et Kraft Heinz. Les chercheurs les accusent d'avoir agressivement promu depuis plusieurs décennies des produits fabriqués à partir d'ingrédients de qualité médiocre. "La rentabilité supérieure des produits ultratransformés par rapport aux autres types d'aliments alimente cette croissance", notent les chercheurs.
Au-delà de cette tendance très rentable, les industriels ont mis en place des stratégies de lobbying efficaces pour faire obstacle aux politiques publiques de lutte contre ces aliments néfastes pour la santé. Ces groupes utilisent également "des tactiques dignes de l'industrie du tabac" pour décrédibiliser les recherches sur les aliments ultratransformés, a estimé Chris van Tulleken, l'un des principaux auteurs de l'une de ces études, lors d'une conférence de presse.
Des débats scientifiques toujours importants
Ces trois études s'inscrivent dans un contexte d'inquiétudes sanitaires croissantes autour des aliments ultratransformés, même si de vives controverses scientifiques demeurent sur l'ampleur des risques. Selon certains scientifiques, le terme d'aliments ultratransformés recouvre une réalité trop floue, au risque d'un certain alarmisme. Selon d'autres chercheurs, ces doutes sont illégitimes en l'état des connaissances et sont instrumentalisés par l'industrie agroalimentaire. Les auteurs des études publiées par The Lancet s'inscrivent clairement dans ce second camp.
Cependant, ce vaste dossier a été plutôt salué par des chercheurs n'y ayant pas participé et gardant des réticences quant à certains points méthodologiques, notamment concernant le système Nova de classification des produits(Nouvelle fenêtre), qui compte quatre groupes selon le degré de transformation des aliments. "C'est sûr que les auteurs de ces études sont biaisés en faveur de Nova puisqu'ils l'ont créé", a jugé Hilda Mulrooney, nutritionniste à la Kingston University de Londres. Mais "il est largement temps d'agir" face à ces produits, a-t-elle reconnu, citant leur coût élevé "pour les individus, les systèmes de santé et les finances publiques"."
https://www.franceinfo.fr/sante/aliment ... 26113.html
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Re: Ce qu'il faut retenir des études sur les aliments ultratransformés et leurs risques pour la santé
Tout ceci confirme ce qu'on sait déjà. Mais je ne vois pas bien comment on peut règlementer le commerce des aliments ultra-transformés, et ceci pour deux raisons :
- Tout d'abord, qu'est-ce qu'un aliment ultra-transformé ? Comment distinguer un aliment ultra-transformé d'un aliment simplement transformé ? Selon quel critère objectif ?
- Si la consommation de ces aliments se développe, c'est aussi à cause des modes de vie. Parce que vous partez de chez de vous à 7h30 du matin pour aller bosser et rentrez à 19h, comme c'est le cas de beaucoup de gens, et bien vous n'avez pas spécialement le temps de faire la popote, alors vous consommez des aliments ultra-transformés, faute de temps, parce que c'est plus pratique.
- Tout d'abord, qu'est-ce qu'un aliment ultra-transformé ? Comment distinguer un aliment ultra-transformé d'un aliment simplement transformé ? Selon quel critère objectif ?
- Si la consommation de ces aliments se développe, c'est aussi à cause des modes de vie. Parce que vous partez de chez de vous à 7h30 du matin pour aller bosser et rentrez à 19h, comme c'est le cas de beaucoup de gens, et bien vous n'avez pas spécialement le temps de faire la popote, alors vous consommez des aliments ultra-transformés, faute de temps, parce que c'est plus pratique.
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Re: Ce qu'il faut retenir des études sur les aliments ultratransformés et leurs risques pour la santé
Les gens n'ont plus le temps de rien du tout. Je bosse également et je ne vais jamais dans une cantine. Il suffit simplement de préparer un plat pour plusieurs personnes et mettre le surplus dans des barquettes qui seront par la suite congelées. Ainsi, vous pouvez les décongeler les unes après les autres, la veille de votre départ au travail.jeandu53 a écrit : 19 novembre 2025 13:20 Tout ceci confirme ce qu'on sait déjà. Mais je ne vois pas bien comment on peut règlementer le commerce des aliments ultra-transformés, et ceci pour deux raisons :
- Tout d'abord, qu'est-ce qu'un aliment ultra-transformé ? Comment distinguer un aliment ultra-transformé d'un aliment simplement transformé ? Selon quel critère objectif ?
- Si la consommation de ces aliments se développe, c'est aussi à cause des modes de vie. Parce que vous partez de chez de vous à 7h30 du matin pour aller bosser et rentrez à 19h, comme c'est le cas de beaucoup de gens, et bien vous n'avez pas spécialement le temps de faire la popote, alors vous consommez des aliments ultra-transformés, faute de temps, parce que c'est plus pratique.
Vous pouvez également vous préparer un sandwich exceptionnellement. Les gens font 35 h de travail/mois et non 60. Ceux arrivant à 19h sont, soit pris dans les embouteillages, soit font des heures supplémentaires. Dans tous les cas, il existe toujours des alternatives aux produits transformés : les grandes surfaces vendent des poulets déjà cuits, et vendent des produits au détail (salade, charcuteries, etc.).
Vous pouvez également acheter un rôti que vous faites cuire et vous voilà avec de la viande pour quelques jours.
Il suffit de réfléchir parfois.
J'ai été aide à domicile et je rentrais entre 18h et 20h selon les jours, et ce n'est pas pour autant que je nourrissais ma famille avec des produits ultra-transformés. C'est bon pour un dépannage, c'est tout.
Vous avez aussi les légumes et plats surgelées qu'il vous suffit de cuire, etc. Oui, les alternatives existent, alors l'excuse des gens qui finissent tard ne tient pas. C'est aussi une question de volonté.
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