L’assistant parlementaire reconnaît ses propos mais nie tout racisme, antisémitisme ou transphobie.
Le 24 octobre, Quentin Macullo fait une annonce aux habitants de la ville de Belfort (Territoire de Belfort) via son compte Facebook. En mars prochain, il se présentera aux élections municipales sous la bannière du Rassemblement national (RN). « Je porterai une vision d’union du camp national, rassemblant tous ceux qui aiment notre ville et veulent lui rendre sa prospérité d’antan », promet-il.
Le jeune homme, 23 ans, est une figure locale du parti lepéniste. Il est actuellement assistant parlementaire de Guillaume Bigot, député RN du Territoire de Belfort. Quentin Macullo est également un cadre de la Cocarde, syndicat étudiant d’extrême droite.
Après les multiples polémiques de 2024, Jordan Bardella avait promis de chasser les « brebis galeuses » du parti et d’investir à l’avenir des candidats sans casseroles. Quentin Macullo, pourtant, avait déjà été épinglé pour ses prises de position.
En décembre 2024, Mediapart avait exhumé des tweets du jeune homme. Dans l’un d’eux, daté de septembre 2022, le candidat aux municipales semble partager la théorie complotiste et raciste du « grand remplacement ». Quentin Macullo comptabilisait ainsi « 72 % de prénoms à consonance étrangère » sur le registre de naissances de sa commune. Ajoutant : « Je n’ai même pas compté Elie et Samuel, d’origine hébraïque. »
À Mediapart, il a indiqué avoir depuis supprimé ce « commentaire dépassionné sur une donnée statistique » car il « suscitait des interprétations erronées ». « Il s’est avéré qu’il s’était mal exprimé », a reconnu Guillaume Bigot auprès de nos confrères. Mais le député l’assure : « Il n’y a rien de raciste ou d’antisémite chez mon collaborateur ».
« Des fins bassement politiciennes »
Quentin Macullo s’est également distingué par des propos à tendance homophobe ou transphobe. Il avait critiqué, par exemple, un drag show organisé par l’université de Franche-Comté, regrettant que l’établissement « se laisse gangrener par ces fous ».
À une autre occasion, le collaborateur parlementaire adresse un tacle à l’Uni, un syndicat étudiant à tendance conservatrice. « La drouate (sic) avec les femmes voilées et les transsexuels », se moque-t-il.
Sollicité par Mediapart à ce sujet, il dément « toute homophobie ou transphobie » et assure qu’il s’agissait en fait d’une critique du « prosélytisme idéologique ». De nouveau confronté sur ces sujets par France 3 Bourgogne-Franche-Comté, il promet en cas d’élection à la mairie qu’il sera « le maire de tous les Belfortains ».
« Je suis certain que les habitants de Belfort ne seront pas dupes et se montreront plus intéressés par mon programme pour leur sécurité, l’état des commerces locaux et l’embellissement de la ville que par un tweet exhumé et détourné à des fins bassement politiciennes », assure-t-il.
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