Un « label » pour les médias
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Re: Un « label » pour les médias
Je suis d’accord avec vous sur un point : il existe une différence nette entre du journalisme et du bavardage idéologique non sourcé.
Et oui, certains chroniqueurs ou influenceurs se font passer pour des journalistes alors qu’ils ne respectent aucune méthode. Mais le problème n’est pas là. Le problème, c’est ce que devient un label institutionnel dans la pratique, même s’il ne juge que la méthode.
Vous supposez que la méthode est neutre. Elle ne l’est jamais totalement. Vous dites : " La méthode, c’est juste sourcer, vérifier, corriger. " Mais ces trois opérations impliquent des choix éditoriaux :
- Sourcer : choisir quelles sources sont légitimes.
- Vérifier : décider ce qui constitue une preuve suffisante.
- Corriger : déterminer ce qui est une erreur et ce qui est une interprétation.
Même sans toucher au contenu, on touche aux conditions de production du contenu.
Et ça, c’est déjà orienter. Un label crée automatiquement deux catégories de médias, même s’il ne le veut pas. Vous pouvez dire " ce n’est pas pour valoriser les bons journalistes ". Mais dans la perception du public, des plateformes, des annonceurs, des institutions, ce sera : labellisé = fiable et non labellisé = douteux C’est humain, automatique, et impossible à empêcher. Donc même si le label ne juge pas le contenu, il hiérarchise le paysage médiatique.
Un label méthodologique finit toujours par devenir un outil politique. Pas parce que les gens sont mal intentionnés. Mais parce que l’information est un champ de conflit politique, la régulation est un enjeu de pouvoir, et un label devient un instrument symbolique. On peut avoir les meilleurs critères du monde : le simple fait de labelliser crée un pouvoir. Et tout pouvoir finit par être utilisé, contesté, récupéré ou détourné.
Le problème n’est pas de distinguer le journalisme du non-journalisme. Le problème est : qui décide ? Vous dites : " Le but est de ne pas valoriser ceux qui ne font pas du journalisme. " Très bien.
Mais qui décide que tel média respecte la méthode et tel autre non ? L’Arcom ? C'est une autorité publique. RSF ? C'est une ONG engagée dans des conflits avec certains médias. Un comité de journalistes ? quelle composition, quelle pluralité, quels biais ? Même si les critères sont techniques, l’arbitre ne l’est jamais.
Vous prenez un exemple extrême (le chroniqueur qui invente des liens avec l’immigration). Mais un label s’appliquera aussi aux cas limites. C’est facile de s’accorder sur les cas caricaturaux. Mais un label ne sert pas à trier les évidences. Il sert à trancher les zones grises. Et dans les zones grises, la frontière entre " mauvaise méthode " , " angle éditorial " , " interprétation discutable " et " enquête insuffisamment étayée " est toujours subjective. C’est là que le label devient un outil de normalisation.
Et oui, certains chroniqueurs ou influenceurs se font passer pour des journalistes alors qu’ils ne respectent aucune méthode. Mais le problème n’est pas là. Le problème, c’est ce que devient un label institutionnel dans la pratique, même s’il ne juge que la méthode.
Vous supposez que la méthode est neutre. Elle ne l’est jamais totalement. Vous dites : " La méthode, c’est juste sourcer, vérifier, corriger. " Mais ces trois opérations impliquent des choix éditoriaux :
- Sourcer : choisir quelles sources sont légitimes.
- Vérifier : décider ce qui constitue une preuve suffisante.
- Corriger : déterminer ce qui est une erreur et ce qui est une interprétation.
Même sans toucher au contenu, on touche aux conditions de production du contenu.
Et ça, c’est déjà orienter. Un label crée automatiquement deux catégories de médias, même s’il ne le veut pas. Vous pouvez dire " ce n’est pas pour valoriser les bons journalistes ". Mais dans la perception du public, des plateformes, des annonceurs, des institutions, ce sera : labellisé = fiable et non labellisé = douteux C’est humain, automatique, et impossible à empêcher. Donc même si le label ne juge pas le contenu, il hiérarchise le paysage médiatique.
Un label méthodologique finit toujours par devenir un outil politique. Pas parce que les gens sont mal intentionnés. Mais parce que l’information est un champ de conflit politique, la régulation est un enjeu de pouvoir, et un label devient un instrument symbolique. On peut avoir les meilleurs critères du monde : le simple fait de labelliser crée un pouvoir. Et tout pouvoir finit par être utilisé, contesté, récupéré ou détourné.
Le problème n’est pas de distinguer le journalisme du non-journalisme. Le problème est : qui décide ? Vous dites : " Le but est de ne pas valoriser ceux qui ne font pas du journalisme. " Très bien.
Mais qui décide que tel média respecte la méthode et tel autre non ? L’Arcom ? C'est une autorité publique. RSF ? C'est une ONG engagée dans des conflits avec certains médias. Un comité de journalistes ? quelle composition, quelle pluralité, quels biais ? Même si les critères sont techniques, l’arbitre ne l’est jamais.
Vous prenez un exemple extrême (le chroniqueur qui invente des liens avec l’immigration). Mais un label s’appliquera aussi aux cas limites. C’est facile de s’accorder sur les cas caricaturaux. Mais un label ne sert pas à trier les évidences. Il sert à trancher les zones grises. Et dans les zones grises, la frontière entre " mauvaise méthode " , " angle éditorial " , " interprétation discutable " et " enquête insuffisamment étayée " est toujours subjective. C’est là que le label devient un outil de normalisation.
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Re: Un « label » pour les médias
personnellement, je trouve que l'AFP et France info font partie des médias les plus sérieux.Cépajuste a écrit : 07 décembre 2025 08:57 Je suis d’accord avec vous sur un point : il existe une différence nette entre du journalisme et du bavardage idéologique non sourcé.
Et oui, certains chroniqueurs ou influenceurs se font passer pour des journalistes alors qu’ils ne respectent aucune méthode. Mais le problème n’est pas là. Le problème, c’est ce que devient un label institutionnel dans la pratique, même s’il ne juge que la méthode.
Vous supposez que la méthode est neutre. Elle ne l’est jamais totalement. Vous dites : " La méthode, c’est juste sourcer, vérifier, corriger. " Mais ces trois opérations impliquent des choix éditoriaux :
- Sourcer : choisir quelles sources sont légitimes.
- Vérifier : décider ce qui constitue une preuve suffisante.
- Corriger : déterminer ce qui est une erreur et ce qui est une interprétation.
Même sans toucher au contenu, on touche aux conditions de production du contenu.
Et ça, c’est déjà orienter. Un label crée automatiquement deux catégories de médias, même s’il ne le veut pas. Vous pouvez dire " ce n’est pas pour valoriser les bons journalistes ". Mais dans la perception du public, des plateformes, des annonceurs, des institutions, ce sera : labellisé = fiable et non labellisé = douteux C’est humain, automatique, et impossible à empêcher. Donc même si le label ne juge pas le contenu, il hiérarchise le paysage médiatique.
Un label méthodologique finit toujours par devenir un outil politique. Pas parce que les gens sont mal intentionnés. Mais parce que l’information est un champ de conflit politique, la régulation est un enjeu de pouvoir, et un label devient un instrument symbolique. On peut avoir les meilleurs critères du monde : le simple fait de labelliser crée un pouvoir. Et tout pouvoir finit par être utilisé, contesté, récupéré ou détourné.
Le problème n’est pas de distinguer le journalisme du non-journalisme. Le problème est : qui décide ? Vous dites : " Le but est de ne pas valoriser ceux qui ne font pas du journalisme. " Très bien.
Mais qui décide que tel média respecte la méthode et tel autre non ? L’Arcom ? C'est une autorité publique. RSF ? C'est une ONG engagée dans des conflits avec certains médias. Un comité de journalistes ? quelle composition, quelle pluralité, quels biais ? Même si les critères sont techniques, l’arbitre ne l’est jamais.
Vous prenez un exemple extrême (le chroniqueur qui invente des liens avec l’immigration). Mais un label s’appliquera aussi aux cas limites. C’est facile de s’accorder sur les cas caricaturaux. Mais un label ne sert pas à trier les évidences. Il sert à trancher les zones grises. Et dans les zones grises, la frontière entre " mauvaise méthode " , " angle éditorial " , " interprétation discutable " et " enquête insuffisamment étayée " est toujours subjective. C’est là que le label devient un outil de normalisation.
l' AFP, c'est 2600 collaborateurs.
Radio France, c'est 4 621 salariés.
“On peut tromper une personne mille fois. On peut tromper mille personne une fois. Mais on ne peut pas tromper mille personnes, mille fois.”
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Re: Un « label » pour les médias
Mais d'après le projet et ce qu'en a dit Macron, seule la méthode serait évaluée. On validerait les médias qui utiliseraient des sources, sans juger des sources. Corriger une erreur c'est, par exemple dans le cas que j'ai cité précédemment, dire dans une chroniques suivante "on a été trop vite en besogne, l'auteur du fait divers n'était pas un immigré musulman". On se corrige quand il y a erreur manifeste vis à vis d'un fait largement établi.Cépajuste a écrit : 07 décembre 2025 08:57 Je suis d’accord avec vous sur un point : il existe une différence nette entre du journalisme et du bavardage idéologique non sourcé.
Et oui, certains chroniqueurs ou influenceurs se font passer pour des journalistes alors qu’ils ne respectent aucune méthode. Mais le problème n’est pas là. Le problème, c’est ce que devient un label institutionnel dans la pratique, même s’il ne juge que la méthode.
Vous supposez que la méthode est neutre. Elle ne l’est jamais totalement. Vous dites : " La méthode, c’est juste sourcer, vérifier, corriger. " Mais ces trois opérations impliquent des choix éditoriaux :
- Sourcer : choisir quelles sources sont légitimes.
- Vérifier : décider ce qui constitue une preuve suffisante.
- Corriger : déterminer ce qui est une erreur et ce qui est une interprétation.
Même sans toucher au contenu, on touche aux conditions de production du contenu.
Et ça, c’est déjà orienter. Un label crée automatiquement deux catégories de médias, même s’il ne le veut pas. Vous pouvez dire " ce n’est pas pour valoriser les bons journalistes ". Mais dans la perception du public, des plateformes, des annonceurs, des institutions, ce sera : labellisé = fiable et non labellisé = douteux C’est humain, automatique, et impossible à empêcher. Donc même si le label ne juge pas le contenu, il hiérarchise le paysage médiatique.
Un label méthodologique finit toujours par devenir un outil politique. Pas parce que les gens sont mal intentionnés. Mais parce que l’information est un champ de conflit politique, la régulation est un enjeu de pouvoir, et un label devient un instrument symbolique. On peut avoir les meilleurs critères du monde : le simple fait de labelliser crée un pouvoir. Et tout pouvoir finit par être utilisé, contesté, récupéré ou détourné.
Le problème n’est pas de distinguer le journalisme du non-journalisme. Le problème est : qui décide ? Vous dites : " Le but est de ne pas valoriser ceux qui ne font pas du journalisme. " Très bien.
Mais qui décide que tel média respecte la méthode et tel autre non ? L’Arcom ? C'est une autorité publique. RSF ? C'est une ONG engagée dans des conflits avec certains médias. Un comité de journalistes ? quelle composition, quelle pluralité, quels biais ? Même si les critères sont techniques, l’arbitre ne l’est jamais.
Vous prenez un exemple extrême (le chroniqueur qui invente des liens avec l’immigration). Mais un label s’appliquera aussi aux cas limites. C’est facile de s’accorder sur les cas caricaturaux. Mais un label ne sert pas à trier les évidences. Il sert à trancher les zones grises. Et dans les zones grises, la frontière entre " mauvaise méthode " , " angle éditorial " , " interprétation discutable " et " enquête insuffisamment étayée " est toujours subjective. C’est là que le label devient un outil de normalisation.
Et oui le but est bien de hiérarchiser le paysage médiatique. Encore une fois normalement tous les médias qu'on connait auront ce label, tous utilisent des méthodes journalistiques, même les pires d'entre eux. Mais ça n'est pas le cas de nombre de médias sur les réseaux sociaux qui balancent des "infos" non sourcées, bidonnées, dont la conclusion ne correspond pas aux données dont on dispose, etc. Perso sur Facebook j'en vois régulièrement, et pourtant j'essaye de biaiser l'algorithme de Facebook pour qu'il ne me donne pas ce genre d'info. J'imagine que les gens qui entrent dans une bulle de filtre de fausses infos n'ont plus que ça dans leur fil d'actualité, et ne s'informent plus qu'avec des fake news. Il semble que c'est plutôt contre ce fléau que ce label servira.
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Re: Un « label » pour les médias
Même en prenant au sérieux ce que dit Macron ( un label purement méthodologique, sans jugement éditorial ) il reste des points de friction majeurs que votre raisonnement ne règle pas encore. Vous dites " on validerait juste que les médias utilisent des sources, sans juger des sources. " Mais dans la pratique, vérifier qu’un média utilise des sources implique de vérifier qu’il ne se contente pas de sources fantaisistes.Mesoke a écrit : 07 décembre 2025 09:58 Mais d'après le projet et ce qu'en a dit Macron, seule la méthode serait évaluée. On validerait les médias qui utiliseraient des sources, sans juger des sources. Corriger une erreur c'est, par exemple dans le cas que j'ai cité précédemment, dire dans une chroniques suivante "on a été trop vite en besogne, l'auteur du fait divers n'était pas un immigré musulman". On se corrige quand il y a erreur manifeste vis à vis d'un fait largement établi.
Et oui le but est bien de hiérarchiser le paysage médiatique. Encore une fois normalement tous les médias qu'on connait auront ce label, tous utilisent des méthodes journalistiques, même les pires d'entre eux. Mais ça n'est pas le cas de nombre de médias sur les réseaux sociaux qui balancent des "infos" non sourcées, bidonnées, dont la conclusion ne correspond pas aux données dont on dispose, etc. Perso sur Facebook j'en vois régulièrement, et pourtant j'essaye de biaiser l'algorithme de Facebook pour qu'il ne me donne pas ce genre d'info. J'imagine que les gens qui entrent dans une bulle de filtre de fausses infos n'ont plus que ça dans leur fil d'actualité, et ne s'informent plus qu'avec des fake news. Il semble que c'est plutôt contre ce fléau que ce label servira.
Et là, on tombe immédiatement dans une zone grise :
- Une vidéo TikTok est‑elle une source ?
- Un témoignage anonyme
- Un rapport d’ONG
- Un thread Twitter d’un expert autoproclamé
- Un article d’un média partisan
- Une étude pré‑print non relue
- Un blog spécialisé
- Un think tank financé par un lobby
Dire " on ne juge pas les sources " est impossible dès qu’on évalue la méthode, parce que la méthode inclut le choix des sources.
Vous supposez que tous les médias traditionnels auront le label. Rien ne garantit ça.
Vous dites que les médias utilisent des méthodes journalistiques. C'est vrai… en théorie.
Mais dans la pratique certains médias d’opinion mélangent chronique et information, certains titres publient des articles très peu sourcés, certains éditorialistes affirment des choses sans preuve, certains journaux corrigent très rarement leurs erreurs, certains sites d’info en continu publient avant de vérifier. Même des médias installés pourraient se retrouver en difficulté si les critères sont appliqués strictement. Et si un média traditionnel ne reçoit pas le label, l’effet symbolique sera énorme.
Vous avez raison sur le problème des fake news, mais un label ne changera rien à cela. Les gens qui vivent dans des bulles de fake news ne chercheront jamais un label, ne feront pas confiance à un label, verront le label comme une preuve que le système ment. C’est exactement ce qui s’est passé avec les labels de fact‑checking aux USA, ils ont renforcé la polarisation au lieu de la réduire.
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Re: Un « label » pour les médias
Si un média traditionnel n'obtient pas ce label ça fera l'effet d'une bombe parce que ce média, les autres appartenant au même milliardaire et ceux appartenant à des milliardaires potes avec le premier crieront à la censure. Pas parce que ce label est une mauvaise chose en soi. C'est JUSTEMENT pour lutter contre ce genre de désinformation que ce label doit être mis en place, parce que la désinformation est une des pires choses qui soit pour notre démocratie.
Je comprends très bien le risque de dérive et de problème que ce label peut proposer. Mais a priori on a une proposition de projet qui est très cadré et qui ne concerne en rien le contenu mais uniquement la méthode. Mais il faut faire quelque chose pour lutter contre la désinformation, et on a là un outil imparfait et à l'efficacité sans doute limitée, mais un outil quand même. Et un outil qui ne touche a priori en rien à la liberté d'expression.
Je comprends très bien le risque de dérive et de problème que ce label peut proposer. Mais a priori on a une proposition de projet qui est très cadré et qui ne concerne en rien le contenu mais uniquement la méthode. Mais il faut faire quelque chose pour lutter contre la désinformation, et on a là un outil imparfait et à l'efficacité sans doute limitée, mais un outil quand même. Et un outil qui ne touche a priori en rien à la liberté d'expression.
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Re: Un « label » pour les médias
Mesoke a écrit : 07 décembre 2025 11:18 Si un média traditionnel n'obtient pas ce label ça fera l'effet d'une bombe parce que ce média, les autres appartenant au même milliardaire et ceux appartenant à des milliardaires potes avec le premier crieront à la censure. Pas parce que ce label est une mauvaise chose en soi. C'est JUSTEMENT pour lutter contre ce genre de désinformation que ce label doit être mis en place, parce que la désinformation est une des pires choses qui soit pour notre démocratie.
Je comprends très bien le risque de dérive et de problème que ce label peut proposer. Mais a priori on a une proposition de projet qui est très cadré et qui ne concerne en rien le contenu mais uniquement la méthode. Mais il faut faire quelque chose pour lutter contre la désinformation, et on a là un outil imparfait et à l'efficacité sans doute limitée, mais un outil quand même. Et un outil qui ne touche a priori en rien à la liberté d'expression.
Mais le problème reste toujours le même. A partir du moment ou on donne à un quelques personnes le droit de décider quel serait le bon média et quel serait le mauvais média on ouvre la porte à toutes les dérives. La neutralité n'est pas de ce monde. Ce n'est pas le label en lui même qui pose problème mais de l'utilité politique qui en sera faite.
On voit bien par exemple que RSF cher au président de la république n'a rien d'un organisme neutre et que ces gens mènent un combat idéologique et donc politique. Il en sera de même pour n'importe quel autre organisme.
* il pleut doucement sur la ville *
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Re: Un « label » pour les médias
On ne parle pas de décide qui sera un bon ou mauvais média, mais quel média utilise des méthodes journalistiques.
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Re: Un « label » pour les médias
Ce que vous décrivez : "un outil imparfait mais nécessaire, qui ne touche pas à la liberté d’expression" repose sur une hypothèse : que le label restera strictement méthodologique, strictement limité, strictement neutre, et strictement cantonné aux réseaux sociaux. Et c’est précisément là que se situe le point de tension.
Un label ne change rien à ce qui produit la désinformation. Même bien conçu, il ne touche pas à la mécanique qui fabrique les fake news. Il agit en aval, pas en amont.
Vous supposez que le label est neutre parce qu'il ne juge que la méthode, mais la méthode n'est jamais neutre.
Si un média traditionnel n’a pas le label, ce sera une bombe. Mais ça montre bien que le label crée un pouvoir.
Un label ne change rien à ce qui produit la désinformation. Même bien conçu, il ne touche pas à la mécanique qui fabrique les fake news. Il agit en aval, pas en amont.
Vous supposez que le label est neutre parce qu'il ne juge que la méthode, mais la méthode n'est jamais neutre.
Si un média traditionnel n’a pas le label, ce sera une bombe. Mais ça montre bien que le label crée un pouvoir.
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Re: Un « label » pour les médias
Mesoke a écrit : 07 décembre 2025 11:40 On ne parle pas de décide qui sera un bon ou mauvais média, mais quel média utilise des méthodes journalistiques.
Oui mais qui en décidera ?? Tous les journalistes ont une carte de presse. Trouverez vous normal que des journalistes de CNews puissent décréter quels sont les médias qui n'utilisent les bonnes méthodes ?? A l'inverse trouverez vous normal que d'autres journalistes puissent décréter que CNews n'utiliserait pas les bonnes méthodes ??
L'école du journalisme roule à gauche, le syndicat des journalistes roule à gauche, comment pouvez vous espérer la moindre objectivité une fois cette usine à gaz mis en route ?? C'est tout simplement une main mise idéologique sur la labélisation qui serait en marche.
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Re: Un « label » pour les médias
Ben non! ni les écoles de journalisme en France, elles sont nombreuses, ni LES syndicats de journalistes, ils sont plusieurs, ni d'ailleurs la Justice pour aller au bout ne sont de gauche. Mais l'extrême droite s'est tellement discréditée depuis le début du 20è s, que ceux qui se sont opposés aux fascisme, nazisme et stalinisme on les appelle les progressistes, les libéraux au sens philo., et évidemment la gauche par opposition à la droite.gare au gorille a écrit : 07 décembre 2025 11:52Mesoke a écrit : 07 décembre 2025 11:40 On ne parle pas de décide qui sera un bon ou mauvais média, mais quel média utilise des méthodes journalistiques.
Oui mais qui en décidera ?? Tous les journalistes ont une carte de presse. Trouverez vous normal que des journalistes de CNews puissent décréter quels sont les médias qui n'utilisent les bonnes méthodes ?? A l'inverse trouverez vous normal que d'autres journalistes puissent décréter que CNews n'utiliserait pas les bonnes méthodes ??
L'école du journalisme roule à gauche, le syndicat des journalistes roule à gauche, comment pouvez vous espérer la moindre objectivité une fois cette usine à gaz mis en route ?? C'est tout simplement une main mise idéologique sur la labélisation qui serait en marche.
T'es pas dans la bonne barque, celle de l'occident qui fout les boules à vos potes Trump, Poutine et leurs vassaux Orban, Loukatchenko etc...
D'ailleurs ce matin j'ai décidé d'être sympa; ce sera le deuxième article que je vais mettre gratos pour les nullos.
https://www.lemonde.fr/idees/article/20 ... ick_rank=3
« Il est un outil dont les journalistes auraient tort de se priver : celui de l’autorégulation de la déontologie »
TRIBUNE
Yann Guégan Vice-président du Conseil de déontologie journalistique et de médiation
La certification en amont et la saisine d’une instance indépendante en aval offrent aux médias les moyens de consolider leur crédibilité dans un espace informationnel instable, juge Yann Guégan, vice-président du Conseil de déontologie journalistique et de médiation, dans une tribune au « Monde ».
Publié hier à 13h00 Temps deLecture 4 min.
L’air est connu. Quand les politiques commencent à se mêler du travail des journalistes, la première réaction de ces derniers est toujours l’inquiétude. Les nuques se raidissent, les éditoriaux fleurissent, et chacun rappelle l’importance de la liberté d’expression et de l’indépendance des rédactions.
Les commentaires suscités par les déclarations d’Emmanuel Macron en faveur d’une labellisation des sites d’information dignes de confiance n’ont pas fait exception. Mais, cette fois, l’offensive principale est venue des médias du groupe Bolloré et de leur camp politique, qui ont instrumentalisé sans vergogne la défense de la liberté d’expression dans leur combat contre Reporters sans frontières (RSF). L’Elysée et le gouvernement ont dû allumer des contre-feux pour rappeler qu’à aucun moment il n’a été question d’un contrôle étatique de la qualité de l’information.
Ce réflexe de rejet n’est pas sans vertu : il rappelle que, dans une démocratie, ce n’est pas au pouvoir en place de dire aux journalistes comment ils doivent travailler. Comme l’a résumé l’historien des médias Alexis Lévrier, « par essence, il est suspect, pour un président, de se mêler du fonctionnement des médias ». Encore faut-il savoir de quoi on parle et ne pas se contenter de caricatures et de procès d’intention.
Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Comment Emmanuel Macron a enrôlé la presse locale dans son combat contre les dérives des réseaux sociaux
En France et ailleurs dans le monde, l’initiative la plus aboutie de labellisation – ou, plus précisément, de certification – est la Journalism Trust Initiative, portée par RSF. La certification ne vise pas à valider chaque contenu publié ou diffusé, ou à lui attribuer un score de fiabilité, mais elle concerne l’organisation et le fonctionnement des médias. Ils sont examinés par un auditeur externe, chargé de s’assurer du respect des bonnes pratiques.
L’idée d’une certification, pratique banale dans beaucoup d’entreprises, suscite des réticences légitimes. Puisque l’information n’est pas un produit comme un autre, il n’y aurait rien à attendre des normes, des « contrôles qualité » ou des audits. Mais, à toujours mettre en avant cet argument, on risque de se complaire dans une forme d’« exceptionnalisme » synonyme d’immobilisme. La labellisation est l’occasion de ressortir les chartes de déontologie des étagères et de réfléchir à la meilleure façon de produire une information de qualité. Ce n’est jamais inutile.
Balayer devant sa porte
Reste la question des bénéfices qu’elle peut apporter aux médias qui choisissent – librement, rappelons-le – de l’obtenir. Faut-il les mettre en avant dans les résultats des moteurs de recherche ? Doivent-ils recevoir davantage de subventions ? Quid des petites structures qui n’ont pas les moyens ou l’énergie que demande une telle procédure ?
La synthèse des Etats généraux de l’information évoque, prudemment, la possibilité pour les médias labellisés de « bénéficier des avantages liés à cette reconnaissance », sans préciser lesquels. Dans une lettre ouverte publiée en avril, RSF et plus de 190 médias (dont, en France, l’AFP, Radio France et le groupe Ebra) vont plus loin, souhaitant que les géants du numérique indiquent la certification Journalism Trust Initiative des médias dont ils relaient les contenus, mais aussi qu’ils les mettent en avant dans leurs algorithmes. Cet activisme pose des questions et mérite d’être débattu, mais on reste loin de l’instauration d’une « vérité d’Etat » ou de la dérive totalitaire…
Lire le décryptage | Article réservé à nos abonnés Les Etats généraux de l’information se referment sur une impression d’inachevé
Surtout, le débat qu’Emmanuel Macron a soudainement ouvert ne doit pas se limiter à la question de la labellisation. Si elle permet au public de mieux identifier ce qui relève du journalisme dans un paysage informationnel que le numérique chamboule en permanence, elle ne dit rien de la qualité de chaque acte journalistique. Aucun média, même dûment labellisé, n’est à l’abri d’un dérapage. Les débats internes qui en résultent ne suffisent pas à retrouver la confiance du public. Et, à force de refuser de balayer devant sa porte, la profession pourrait subir une régulation autoritaire, à laquelle certains, à gauche comme à droite, appellent de plus en plus ouvertement.
Comment réagir ? Parmi les outils disponibles, il en est un dont les journalistes et les éditeurs auraient tort de se priver : celui de l’autorégulation de la déontologie, en toute indépendance. En France, elle est assurée par le Conseil de déontologie journalistique et de médiation (CDJM), créé en décembre 2019. Il offre un recours aux lecteurs, auditeurs et téléspectateurs qui pensent que les règles éthiques n’ont pas été respectées.
Pas de solution miracle
Le mécanisme est rodé : il existe une centaine de conseils de presse dans le monde, parfois depuis plus d’un siècle. En Belgique, en Suisse ou au Québec, les médias d’information acceptent qu’un regard extérieur se pose sur leur travail, afin de garantir que les textes déontologiques ne restent pas une collection de vœux pieux.
Les conseils de presse ou de déontologie ne sont pas des ordres professionnels, comme il en existe pour les médecins ou les avocats. Ils ne prononcent pas de sanctions, ne retirent pas le droit d’exercer. Le journalisme est une profession ouverte à tous et à toutes, et il doit le rester. Leurs décisions alimentent la réflexion sur ces questions, pointent du doigt les manquements et promeuvent les bonnes pratiques.
Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Comment la propagation des fake news et du complotisme s’est accélérée avec la pandémie de Covid-19
Instance tripartite qui représente à parts égales les journalistes, les éditeurs et le public, le CDJM s’appuie sur trois chartes d’éthique que personne ne remet réellement en cause. En six ans, il a déjà traité plus de 1 100 saisines, portant sur plus de 800 articles, émissions, posts sur les réseaux sociaux… et qui ont débouché sur plus de 280 avis, tous consultables sur son site.
Alors que la labellisation intervient en amont et en interne, l’autorégulation assurée par un conseil de déontologie joue son rôle en aval, après publication ou diffusion d’un contenu journalistique, et met les questions d’éthique sur la place publique. Ni l’une ni l’autre ne sont des solutions miracles. Mais elles ont un avantage qu’il ne faut pas négliger : ce sont les médias eux-mêmes qui peuvent les porter, pour renforcer leur position dans le chaos contemporain de l’information. En tenant le pouvoir politique à bonne distance.
Yann Guégan est vice-président du Conseil de déontologie journalistique et de médiation (CDJM).
Yann Guégan (Vice-président du Conseil de déontologie journalistique et de médiation)
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papibilou
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Re: Un « label » pour les médias
L' European Media Freedom Act relève que les médias les plus touchés par le manque de liberté sont ceux de service public avec le risque de « choix éditoriaux politisés », tandis que les médias privés pourraient être victimes d’abus de la part de l'État « en matière d'autorisation de diffusions ». Le texte cite la Pologne, la Hongrie, mais tout Français, en lisant cela, pense davantage aux dérives de France Télé, à la fermeture de C8, aux appels à fermer CNews. Rappelons qu’en matière de liberté de la presse, la France n’est pas en mesure de donner des leçons au monde entier. Elle n’est que 25e dans le classement établi par Reporters sans frontières. Ceux-là mêmes qui évaluent la liberté de la presse… aimeraient faire taire CNews. Là encore, comme pour la labellisation, le serpent se mord la queue.
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Re: Un « label » pour les médias
RSF ne veut pas faire taire CNews, vous ne faites que reprendre les éléments de langage de l'extrême droite. RSF veut tout simplement que CNews respecte les règles, ce que manifestement elle ne fait pas.
Quelles dérives de France Télé ?
La fermeture de C8 a été une décision de son propriétaire, pas des pouvoirs publics.
Personnellement, et je l'ai déjà dit, je ne suis pas favorable à une labellisation. Ça ne servira pas a grand-chose autre que de se (les médias) taper sur l'épaule et d'avoir une étiquette. Le grand public s'en foutra royalement et continuera à s'informer ou à se désinformer où il veut.
Quelles dérives de France Télé ?
La fermeture de C8 a été une décision de son propriétaire, pas des pouvoirs publics.
Personnellement, et je l'ai déjà dit, je ne suis pas favorable à une labellisation. Ça ne servira pas a grand-chose autre que de se (les médias) taper sur l'épaule et d'avoir une étiquette. Le grand public s'en foutra royalement et continuera à s'informer ou à se désinformer où il veut.
- scorpion3917
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Re: Un « label » pour les médias
Petite citation qui résume un peu tout ça :
Celui qui contrôle les médias contrôle les esprits.
Celui qui contrôle les médias contrôle les esprits.
La seule chose qui permet au mal de triompher est l inaction des hommes de bien.
Edmund Burke.
Edmund Burke.
-
papibilou
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Re: Un « label » pour les médias
Allons soyons clairs. Il y a en ce moment une guerre délétère entre les médias publics et les médias Bolloré. Très honnêtement, même si je regarde peu Cnews par rapport aux médias publics, je crois que les accusations sont exagérées dans les 2 sens. On peut reprocher au médias publics un certains matraquage contre la droite radicale ( y compris avec les émissions de Lucet) mais on peut reprocher à Cnews une partialité stupide et trop manifeste pour être crédible de leur "adversaire". Macron, par crainte d'avoir laissé la place libre à la droite radicale, propose une labellisation. Or, en 2017, le conseiller régional Aymeric Merlaud avait proposé la création d’un « ordre des journalistes » qui pourrait sanctionner les mauvaises pratiques. Une idée taxée de « fasciste » par le candidat Emmanuel Macron.Kabé a écrit : 07 décembre 2025 13:01 RSF ne veut pas faire taire CNews, vous ne faites que reprendre les éléments de langage de l'extrême droite. RSF veut tout simplement que CNews respecte les règles, ce que manifestement elle ne fait pas.
Quelles dérives de France Télé ?
La fermeture de C8 a été une décision de son propriétaire, pas des pouvoirs publics.
Personnellement, et je l'ai déjà dit, je ne suis pas favorable à une labellisation. Ça ne servira pas a grand-chose autre que de se (les médias) taper sur l'épaule et d'avoir une étiquette. Le grand public s'en foutra royalement et continuera à s'informer ou à se désinformer où il veut.
Dans une pétition, LR dénonce la «dérive scandaleuse» d’un Emmanuel Macron «censeur en chef».
Je ne crois pas que nous soyons dans une république bananière et les quelques dérives des uns sont souvent l'occasion de rétablir la vérité par les autres.
Ajoutons que jusqu'ici la notation des médias a plutôt été le fait de régimes pour le moins autoritaires. et les actions de l'Arcom me conviennent plutôt bien.
- gare au gorille
- Rang beau gosse d'Interaldys
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Re: Un « label » pour les médias
Si bien sur en retirant C8 de la TNT cela équivalait à sa fermeture. C8 était une chaine privée, n'était pas financé par le contribuable et ne pouvait vivre à un tel niveau d'investissement sans la participation des publicitaires pour le financement. En retirant cette chaine de la TNT C8 perdait son financement. Je pense que cette fermeture arbitraire d'une chaine qui est une première dans l'histoire de la télévision restera un marqueur de la présidence Macron.Kabé a écrit : 07 décembre 2025 13:01 RSF ne veut pas faire taire CNews, vous ne faites que reprendre les éléments de langage de l'extrême droite. RSF veut tout simplement que CNews respecte les règles, ce que manifestement elle ne fait pas.
Quelles dérives de France Télé ?
La fermeture de C8 a été une décision de son propriétaire, pas des pouvoirs publics.
Personnellement, et je l'ai déjà dit, je ne suis pas favorable à une labellisation. Ça ne servira pas a grand-chose autre que de se (les médias) taper sur l'épaule et d'avoir une étiquette. Le grand public s'en foutra royalement et continuera à s'informer ou à se désinformer où il veut.
Pour ce qui est de CNews, vous dites que RSF veut tout simplement qu'elle respecte les règles, or c'est l'Arcom qui est en charge du contrôle du respect de ces règles et l'Arcom nouvelle mouture avec son nouveau président confirme le respect de ces règles par la chaine de Bolloré.
RSF mène tout bonnement un combat idéologique et cette gauche la trouve tout simplement insupportable de ne plus avoir le monopole du récit médiatique. Une chaine d'info qui refuse de diaboliser "l'extrême droite" est pour eux tout simplement incompréhensible.
* il pleut doucement sur la ville *
* Et le poète soul engueulait l' Univers *
(Rimbaud)
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