Investi en octobre, Romain Le Goaster a annoncé mardi 30 décembre qu’il se retirait, invoquant la situation de son entreprise. Son départ est cependant intervenu quelques heures avant la publication d’une enquête de «Mediapart».
Il se disait pourtant prêt à mener campagne. «On y va pour gagner», clamait Romain Le Goaster, affichant sa détermination après son investiture par le Rassemblement national pour les municipales des 15 et 22 mars à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). Mais mardi 30 décembre, le quinquagénaire a pourtant annoncé son retrait, prétextant la nécessité de se consacrer davantage à son entreprise installée dans le Morbihan.
Dans un communiqué relayé par Ouest-France, le désormais ex-candidat explique devoir à ses «salariés», ses «clients» et ses «actionnaires» une «disponibilité accrue», incompatible selon lui avec la conduite de la campagne. «Je ne souhaite pas pénaliser mes colistiers», affirme-t-il. Un départ à la chronologie qui interroge : quelques heures après avoir jeté l’éponge, Mediapart publiait une enquête révélant les liens de Romain Le Goaster avec un groupuscule d’extrême droite radicale ainsi que son attrait pour les spectacles de Dieudonné, humoriste multirécidiviste condamné pour injures raciales et incitation à la haine. En septembre 2024, l’entrepreneur s’était affiché en selfie avec le polémiste, interdit dans de nombreuses salles.
Le chef de l’entreprise Bois et buches a notamment eu comme partenaire d’affaires et bailleur de fonds Jean-François Michaud, ancien militant du Groupe union défense (GUD) Interrogé par Mediapart avant son retrait, Romain Le Goaster avait tenté de minimiser la photo prise avec Dieudonné : «Je ne le connais pas», assurait-il, évoquant une photo prise «un peu sans savoir», alors même qu’il s’était auparavant publiquement indigné de l’interdiction des spectacles du polémiste. Les affinités du candidat le classent pourtant parmi les profils que le RN jure ne plus avoir dans ses rangs depuis les législatives et les multiples «brebis galeuses» dénichées par plusieurs médias, en particulier Libération.
Calendrier contredit sur les réseaux sociaux
Au sein du RN, on continue de jurer que la démission n’a rien à voir avec ce passif. «La situation de son entreprise est l’unique raison de son retrait», maintient auprès de Ouest-France Olivier Cazal, directeur de la campagne municipale à Saint-Malo. Le parti affirme que la décision aurait été actée dès le 10 décembre, moins de deux mois après l’investiture officielle. Un calendrier pourtant contredit sur les réseaux sociaux de la liste d’extrême droite de Saint-Malo «Malouin, je suis», sur lesquels, comme le font remarquer Ouest-France et Mediapart, des communiqués signés Romain Le Goaster et des photos de tractage ont continué d’être publiés après cette date.
Le parti de Marine Le Pen a depuis désigné une nouvelle tête de liste : Thidalack Abhay, chargée de clientèle dans l’aéronautique et jusqu’alors deuxième de la liste. Elle a annoncé sur X être officiellement candidate et tiendra début janvier une conférence de presse pour lancer cette «nouvelle étape» d’une campagne bien mal embarquée.
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