La députée de La France insoumise et candidate à la succession d’Anne Hidalgo passera au tribunal en mai dans le cadre de l’affaire qui l’oppose au site d’actualité le Média.
Le tribunal après les municipales. Sophia Chikirou, la candidate La France insoumise (LFI) à la mairie de Paris depuis novembre, sera jugée en mai pour escroquerie au préjudice du site d’actualité le Média – qu’elle a cofondé et où elle travaillait jusqu’en 2018 –, a appris l’AFP ce dimanche 4 janvier de source judiciaire.
L’audiencement du procès a fait bondir Sophia Chikirou. Selon elle, il a été programmé avec la volonté de la «salir» avant les élections des 15 et 22 mars : «C’est donc un procès décidé par le ministère public pour une affaire où il n’y a aucun plaignant ni préjudice ! L’affaire est éminemment politique et n’a pour but que de salir et gêner ma campagne», a-t-elle fustigé.
La députée, élue dans la 6e circonscription de Paris, estime que le dossier relève d’un simple «différend commercial» en 2018, qui a depuis été résolu. Son avocat, Dominique Tricaud, est sur la même ligne : «C’est une affaire qui traîne depuis près de dix ans. La sortir maintenant est une décision purement politique de la part de parquet.»
Mise en examen dans une autre affaire
Sophia Chikirou sera jugée devant la 13e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris. L’audience fait suite à une enquête préliminaire dirigée par la section financière de la Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée (Junalco). Chikirou est soupçonnée d’avoir «tenté à plusieurs reprises de tromper la banque Crédit du Nord» au préjudice de la société de production le Média, dans le but de se voir remettre une somme de plus de 67 000 euros, a précisé dimanche une source judiciaire.
Dans ce dossier, les enquêteurs ont mis en avant «un commencement d’exécution» de la part de Sophia Chikirou, poursuit la même source : la prévenue est accusée de s’être présentée comme présidente de la société le Média, alors qu’elle «n’avait plus cette qualité», et d’avoir demandé des virements, finalement non aboutis notamment car il n’y avait pas suffisamment d’argent sur le compte. Sophia Chikirou doit aussi comparaître pour avoir «soustrait frauduleusement deux formules de chèque».
La députée, qui s’est fait connaître en politique en s’occupant de la communication des campagnes présidentielles de Jean-Luc Mélenchon en 2012 et 2017, est également inquiétée dans un autre dossier. Elle a été mise en examen en septembre 2024, notamment pour «escroquerie aggravée», sur les comptes de campagne 2017 de Jean-Luc Mélenchon. Des accusations qu’elle conteste.
Mise à jour à 13 h 50 avec davantage de contexte
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