Le parti du Premier ministre a publié un visuel sur ses réseaux liant Marine Le Pen, Jordan Bardella, Olivier Faure et Jean-Luc Mélenchon, avant de finalement le supprimer.
POLITIQUE - En pleine opération de communication sur YouTube pour tenter de convaincre les Français du bien-fondé de son projet de budget - et sauver son poste à Matignon, par la même occasion -, c’est une polémique dont François Bayrou se serait bien passé. De très nombreux responsables du Parti socialiste se sont scandalisés d’un visuel publié sur les réseaux sociaux du MoDem, le parti du Premier ministre.
On pouvait y voir de gauche à droite Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, Jordan Bardella et Olivier Faure, avec pour titre : « Leur populisme nous coûte cher ». Mais être mis sur le même plan que les deux figures du Rassemblement national n’a clairement pas plu au sein du PS, comme ils l’ont souligné sur leurs réseaux sociaux.
« Campagne scandaleuse et méprisante qui abaisse le débat démocratique en plaçant le responsable des socialistes Olivier Faure au même niveau que l’extrême droite. Les socialistes n’ont jamais manqué à leurs devoirs pour la démocratie et la République », s’est indigné sur X le maire socialiste de Montpellier, Michaël Delafosse.
« Non, ça c’est pas possible ! Mettre sur ce visuel Olivier Faure au même niveau que Le Pen et Bardella, c’est tout simplement indigne de la part du MoDem qui se vautre dans l’outrance et se couvre de honte. [...] Longtemps le MoDem fut un parti pondéré. Avec ce mode de communication, il participe à brutaliser et radicaliser le débat public. Navrant et pitoyable », a fustigé sur X Luc Broussy, le président du Conseil National du PS.
Même en dehors du PS, certaines voix se sont élevées. « Honte à ce parti qui incarna jadis un centre-droit pondéré et sombre dans l’injure fanatique et la bêtise crasse. Mettre Olivier Faure et Jean-Luc Mélenchon, qui ont retiré leurs candidats pour faire barrage à l’extrême droite, sur le même plan que Le Pen et Bardella : abject », a dénoncé sur X le député écologiste Benjamin Lucas, grand défenseur de l’union de la gauche.
« Ce visuel n’aurait jamais dû être posté »
Face aux réactions, le MoDem a fait le choix d’effacer ce visuel de ses réseaux sociaux. « C’est clairement une erreur, ce visuel n’aurait jamais dû être posté. Il a été supprimé dès qu’on s’en est aperçu ce samedi matin », a précisé une responsable du parti auprès de L’Opinion.
Mais le mal était déjà fait. « Retirer une campagne indigne, calomnieuse et honteuse, c’est la moindre des choses. Savoir s’excuser serait encore mieux, surtout quand il s’agit du parti du Premier ministre », a réagi sur X le patron des députés socialistes, Boris Vallaud.
Cette histoire ne pourrait être qu’une péripétie estivale. Mais elle témoigne bien des tensions qui règnent entre le Premier ministre et les socialistes, ces derniers s’étant scandalisés de l’échec du conclave sur les retraites et faisant clairement planer la menace d’une censure sur le budget à la rentrée.
François Bayrou aura besoin d’une majorité de 289 députés pour faire voter son projet budgétaire à la rentrée - ou à défaut, pour ne pas se faire renverser par une motion de censure -. Ce n’est pas avec ce genre de polémiques qu’il arrivera à convaincre les 66 députés socialistes de lui accorder leur confiance.
https://www.huffingtonpost.fr/politique ... 53426.html