Thaïlande-Cambodge : malgré le cessez-le-feu annoncé par Trump, les combats se poursuivent

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Corvo
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Thaïlande-Cambodge : malgré le cessez-le-feu annoncé par Trump, les combats se poursuivent

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En dépit des certitudes avancées par le président américain la veille, Bangkok a assuré samedi matin continuer «à mener des actions militaires». Quatre soldats thaïlandais supplémentaires sont morts et le Cambodge suspend les passages frontaliers.

La Thaïlande a annoncé samedi la poursuite de ses opérations militaires contre le Cambodge, en dépit d’assurances du président américain Donald Trump selon lesquelles les deux pays voisins d’Asie du Sud-Est avaient accepté un cessez-le-feu.

«La Thaïlande continuera à mener des actions militaires jusqu’à ce que nous estimions que notre territoire et notre peuple ne sont plus menacés», a déclaré le Premier ministre Anutin Charnvirakul sur Facebook, qui a annoncé la veille la dissolution du Parlement, ouvrant la voie à des élections en 2026.

«Nos actions de ce matin en ont déjà dit long», a-t-il ajouté, les autorités militaires thaïlandaises confirmant des «ripostes» sur des cibles cambodgiennes à 5h50 samedi (22h50 heure GMT vendredi). Selon un porte-parole militaire, l’aviation thaïlandaise a «détruit avec succès» deux ponts au Cambodge utilisés selon lui pour acheminer des armes vers le champ de bataille. Les avions thaïlandais «utilisent des armes de haute précision pour prévenir les dommages aux civils innocents», a assuré le porte-parole de l’armée de l’air Chakkrit Thammavichai.

De son côté, le ministère cambodgien de la Défense a affirmé sur X que «les forces armées thaïlandaises avaient utilisé deux avions de combat F-16 pour larguer sept bombes» sur plusieurs cibles. Selon le ministre de l’Information, Neth Pheaktra, la Thaïlande «a élargi ses attaques pour inclure des infrastructures civiles et des civils cambodgiens».

Des centaines de milliers d’évacués
Après un premier épisode de violences en juillet, des affrontements cette semaine entre ces deux pays membres de l’Asean (Association des nations d’Asie du Sud-Est) ont fait au moins 20 morts et forcé des centaines de milliers de personnes à fuir de part et d’autre de la frontière, longue d’environ 800 km, auxquels se sont ajoutés quatre nouveaux décès, côté thaïlandais, samedi matin. Les deux pays s’accusent mutuellement d’avoir déclenché cette crise.

L’annonce de la poursuite des hostilités intervient quelques heures après que Donald Trump a assuré que Bangkok et Phnom Penh, qui se disputent des morceaux de territoire depuis des décennies, avaient accepté de faire taire les armes.

«J’ai eu une excellente conversation ce matin avec le Premier ministre de Thaïlande, Anutin Charnvirakul, et le Premier ministre du Cambodge, Hun Manet, au sujet de la très regrettable résurgence de leur guerre qui dure depuis longtemps. Ils ont accepté de CESSER tout tir dès ce soir et de revenir à l’accord de paix initial conclu avec moi, et avec eux, avec l’aide du grand Premier ministre de Malaisie, Anwar Ibrahim», s’était réjoui vendredi soir le président américain sur son réseau Truth Social.

«Les deux pays sont prêts pour la PAIX et la poursuite des échanges commerciaux avec les Etats-Unis d’Amérique», a ajouté Donald Trump, fidèle à sa logique transactionnelle.

Plus tôt, le Premier ministre thaïlandais avait affirmé, après son entretien téléphonique avec Trump, qu’il fallait «annoncer au monde entier que le Cambodge va respecter le cessez-le-feu». «C’est celui qui a violé l’accord qui doit régler la situation, et non celui qui l’a subi», avait ajouté Anutin Charnvirakul.

Qui a ouvert le feu en premier ?
«Le Cambodge a toujours adhéré à des moyens pacifiques pour résoudre les différends», a déclaré pour sa part samedi son homologue cambodgien Hun Manet dans un message publié sur Facebook. Il a ajouté qu’il avait suggéré aux Etats-Unis et à la Malaisie d’utiliser leurs capacités de renseignement «pour vérifier quelle partie a ouvert le feu en premier» le 7 décembre. En attendant, le ministère de l’Intérieur a annoncé la suspension de «tous les mouvements d’entrée et de sortie à tous les points de passage de la frontière Cambodge/Thaïlande, avec effet immédiat et jusqu’à nouvel ordre».

En juillet, un premier épisode de violences avait fait 43 morts en cinq jours et poussé quelque 300 000 personnes à évacuer, avant un cessez-le-feu sous l’égide des Etats-Unis, de la Chine et de la Malaisie, qui exerce la présidence tournante de l’Asean.

Aux racines d'un vieux conflit frontalier
La Thaïlande et le Cambodge se disputent sur la souveraineté de bouts de territoires, où se dressent des temples de l’Empire khmer, le long de leur frontière tracée au début du XXe siècle durant la période coloniale française. Ils avaient cosigné le 26 octobre un accord de cessez-le-feu, sous l’égide de Donald Trump.

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