Sinon, je ne suis pas sûr que le débat soit celui de la place du communisme sous l'Occupation...
Par contre, je trouve ce changement de nom assez peu pertinent. D'une part parce que ça va coûter cher au contribuable (ben oui, il va falloir changer les plaques des rues, réimprimer les plans de la ville.... pour une lubie idéologique).
D'autre part parce que, qu'on l'accepte ou non, qu'on partage ses idées ou non, Georges Marchais était une figure de notre pays. Et que débaptiser une place à son nom dans sa ville historique, ça ne peut pas se justifier autrement que par de la démagogie politicienne. Ce cher cancérologue a sûrement du mérite également, mais il aurait certainement été assez facile de lui trouver une place "rue des lilas" ou "avenue de Paris". Chaque ville a sa figure, politique, artistique... à honorer, sans distinction d'idéologie.
Qui remettrait en cause le baptême d'une avenue ou d'une place Juppé à Bordeaux, Gaudin à Marseille, Cabrel à Astaffort, Cézanne à Aix-en-Provence, Chirac à Tulle... ?? Ces figures ont toutes leur légitimité à figurer en bonne place dans leur ville, sans que leur idéologie ou l'opinion que le maire leur porte ne soit à prendre en compte. Car les maires passent, l'Histoire reste. Et si on devait rebaptiser les rues à chaque nouvelle élection municipale, on n'aurait pas fini de voir les noms changer...
Le maire reproche à sa ville d'être "trop communiste" ? Mais sait-il que chaque ville, chaque commune a une histoire ? Ma ville a un fort ancrage "républicain" : place de la Liberté, rues de l'Egalité, de la Fraternité, de la Révolution... due à une histoire plutôt "ouvrière". A 8km, la ville voisine, forte d'une abbaye renommée sur les Chemins de St Jacques de Compostelle, a plutôt une histoire religieuse. Et ses rues portent en grand partie des noms de saints. Tout cela fait l'âme, l'identité de la commune, ça raconte l'Histoire, les racines. En agissant ainsi, le maire de Villejuif renie tout cet héritage et bafoue la mémoire des anciens habitants.
Je connais chez moi la décision inverse : dans ma commune est né et a grandi Pierre Perret. Chanteur populaire que tout le monde connaît, il est aussi la première personnalité à avoir vu, de son vivant, des écoles baptisées à son nom. Et bien, parce que certains parmi l'équipe municipale ne l'aimaient pas, il n'est nulle part mention de lui dans la commune. Il n'apparaît sur les plaquettes touristiques que depuis un peu plus d'un an. Et je trouve ce reniement parfaitement scandaleux. Non pas que je sois fan, mais je ne comprends pas comment une commune de 12000 habitants peut ainsi "renier" un de ses fils ayant une telle notoriété (moins artificielle que celle de Nabilla soi dit en passant...).
Et puis, si ce maire avait été FN, il aurait voulu changer le nom de sa ville en Villefranque ?

Il n'y absolument aucun mérite à exciter les gens. Le vrai héros c'est celui qui apaise.
La laïcité n'est pas une conviction mais le principe qui les autorise toutes, sous réserve du respect de l'ordre public.