A l’université d’été du Medef, Jordan Bardella peine à gagner la confiance des patrons

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Corvo
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A l’université d’été du Medef, Jordan Bardella peine à gagner la confiance des patrons

Message par Corvo »

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Appelant à la stabilité tout en soutenant une nouvelle dissolution, le président du RN a tenté d’asseoir sa crédibilité économique lors de la Rencontre des entrepreneurs de France. Sans grand succès aux yeux des chefs d’entreprise.

Pour sa première invitation, il n’aura même pas fait le tour des stands. Costume ajusté, coupe d’été et visage fermé, le président du Rassemblement national était pourtant venu jouer la carte du pro-business à la dernière journée des Rencontres des entrepreneurs de France organisées par le Medef, ce jeudi 28 août, au stade Roland-Garros (Paris).

Arrivé à la dernière minute pour son débat avec les représentants des autres forces politiques – Bruno Retailleau (LR), Gabriel Attal (Renaissance), Marine Tondelier (Les Ecologistes), Fabien Roussel (PCF) et Manuel Bompard (LFI) – Jordan Bardella est reparti aussitôt, sans même rencontrer des chefs d’entreprise auxquels il entend pourtant prouver sa crédibilité économique.

Devant les tribunes du court Philippe-Chatrier garnies de patrons, il a néanmoins déroulé ses arguments pour séduire : «Il faut s’attaquer à ces contraintes qui pèsent sur notre croissance, baisser les impôts de production, retrouver un prix de l’énergie français, faire du patriotisme économique pour que ceux qui produisent sur notre sol soient prioritaires dans l’accès à la commande publique […]. On a des salaires nets qui sont trop bas, et un coût du travail qui est trop haut.» Un constat partagé par l’aréopage de chefs d’entreprise mais sans applaudissements à la clé, contrairement à ses voisins, Retailleau et Attal en tête, qui jouaient à domicile.

Une présence normalisée
Pourtant, la programmation politique de cette rentrée du Medef était, au nom de la «pluralité», bien accueillie par les patrons dans les allées qui bordent le court central. «C’est toujours intéressant de dialoguer, mais sans naïveté parce que s’il y a du pragmatique, il y a aussi de l’idéologique dans les discours des politiques», estime Hervé Plessix, à la tête de Stéarinerie Dubois, une entreprise du secteur de la chimie qui emploie 150 salariés.

La présence du RN est désormais normalisée alors qu’en 2019, l’invitation aux universités d’été du Medef de Marion Maréchal, ex-députée Front national du Vaucluse alors sans mandat politique, avait mis le feu aux poudres. Face à la levée de boucliers des députés macronistes et à l’indignation de l’ancienne présidente du Medef, Laurence Parisot, l’organisation patronale avait rétropédalé.

«Il faut une représentativité dans les débats parce que ce sont quand même des partis avec des électeurs», soutient Olivier Lemoine, qui dirige une entreprise de bureautique, en référence à la présence, elle aussi inédite, d’un représentant de LFI en la personne de Manuel Bompard. Pour autant, aucun de ces deux patrons ne s’estime convaincu par le programme économique du parti d’extrême droite.

«Il n’y connaît rien»
Car la méfiance quant à la politique économique du RN, inconstante, reste de mise. «Bardella et les entreprises c’est : “je vous aime, finalement je vous aime plus”. C’est dur de dégager une ligne directrice économique», cingle Laurent Longin, lunettes de soleil sur le crâne et gourde en verre Medef entre les mains. «Au niveau économique, c’est nul et non avenu. On demande de la simplification dans les réglementations, mais Bardella, il n’y connaît rien», s’agace le dirigeant de HA Plus PME, une entreprise de 30 salariés de groupement d’achats pour les petites entreprises. «Bardella, c’est un bon tribun, il plaît parce qu’il est jeune, mais il n’a jamais travaillé de sa vie, il lui manque la réalité du terrain», s’emporte Jean-Jacques Bréban, octogénaire qui dirige encore la PME familiale viticole des Vins Bréban dans le Var.

«Il nous a dit ce qu’on voulait entendre, mais avec Bardella on sait que c’est du vent, renchérit un chef d’entreprise du secteur de l’assurance à la sortie du débat. Il se présente comme le garant de la stabilité, mais il ne fait qu’y contribuer.» Sur scène comme au micro des journalistes, le président du Rassemblement national a martelé qu’il ne voit «aucune autre solution pour retrouver la stabilité et la prospérité pour nos entreprises que le retour aux urnes» que ce soit par une dissolution ou une démission d’Emmanuel Macron, rappelant que le groupe RN voterait contre la confiance au Premier ministre à l’Assemblée nationale, le 8 septembre.

Vernis libéral
Car derrière le vernis libéral de Jordan Bardella, le parti s’oppose à une nouvelle réforme de l’assurance chômage et promet toujours de revenir sur les 64 ans, tout en tergiversant autour de la flat tax. Des chevaux de bataille du patronat.

D’autres ne le disent pas encore ouvertement, mais ils pourraient soutenir le Rassemblement national à la présidentielle de 2027, principalement pour s’opposer à LFI. Comme ce dirigeant d’une entreprise du secteur du bâtiment de 80 salariés, le journal libéral l’Opinion sous le bras : «Avec LFI, il n’y a même pas de dialogue possible, au moins Jordan Bardella est à l’écoute de nos demandes. Le programme économique de LFI est dangereux parce que anticapitaliste et dirigiste.» «Dangereux», le terme avait été employé par Patrick Martin, président du Medef, l’année dernière dans une interview au Figaro pour qualifier le programme du RN, qui menace «l’économie française, la croissance et l’emploi». Le Rassemblement national a désormais son carton d’invitation.

https://www.liberation.fr/politique/a-l ... ELVH7FYNU/
Patchouli38
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Re: A l’université d’été du Medef, Jordan Bardella peine à gagner la confiance des patrons

Message par Patchouli38 »

C'est sûr, mettre un bellâtre, incapable de comprendre de quoi il parle, pour parler économie face aux patrons, cela prête à sourire.

Le RN parle toujours "au nom des français", mais il n'a que faire de leur santé. En effet, il parle de supprimer/alléger les contraintes environnementales, ce qui suggère que les entreprises pourront polluer l'eau, l'air et le sol avec les conséquences sur notre santé que cela engendrerait. Rappelons-nous du scandale des PFAS, de polluants déversés dans l'eau, etc.

Jordan Bardella parle de baisser la TVA sur les produits de 1ère nécessité (dont il profiterait également), je ne vois pas en quoi cette mesure apporterait de la stabilité chez les patrons.

Renverser le gouvernement amènerait à un instabilité, et donc au gel des embauches, des projets, des investissements. On ne peut pas parler de stabilité. Non, le but du RN est bien de s'emparer du pouvoir pour mener son attaque contre les populations étrangères (priorité nationale contraire à la Constitution, les personnes pauvres, les salariés, l'environnement, et surtout.... POUR ABROGER LA LOI SUR L'INEGILIBILITE de sa patronne.
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mic43121
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Re: A l’université d’été du Medef, Jordan Bardella peine à gagner la confiance des patrons

Message par mic43121 »

Corvo a écrit : 29 août 2025 07:07 Image


Appelant à la stabilité tout en soutenant une nouvelle dissolution, le président du RN a tenté d’asseoir sa crédibilité économique lors de la Rencontre des entrepreneurs de France. Sans grand succès aux yeux des chefs d’entreprise.

Pour sa première invitation, il n’aura même pas fait le tour des stands. Costume ajusté, coupe d’été et visage fermé, le président du Rassemblement national était pourtant venu jouer la carte du pro-business à la dernière journée des Rencontres des entrepreneurs de France organisées par le Medef, ce jeudi 28 août, au stade Roland-Garros (Paris).

Arrivé à la dernière minute pour son débat avec les représentants des autres forces politiques – Bruno Retailleau (LR), Gabriel Attal (Renaissance), Marine Tondelier (Les Ecologistes), Fabien Roussel (PCF) et Manuel Bompard (LFI) – Jordan Bardella est reparti aussitôt, sans même rencontrer des chefs d’entreprise auxquels il entend pourtant prouver sa crédibilité économique.

Devant les tribunes du court Philippe-Chatrier garnies de patrons, il a néanmoins déroulé ses arguments pour séduire : «Il faut s’attaquer à ces contraintes qui pèsent sur notre croissance, baisser les impôts de production, retrouver un prix de l’énergie français, faire du patriotisme économique pour que ceux qui produisent sur notre sol soient prioritaires dans l’accès à la commande publique […]. On a des salaires nets qui sont trop bas, et un coût du travail qui est trop haut.» Un constat partagé par l’aréopage de chefs d’entreprise mais sans applaudissements à la clé, contrairement à ses voisins, Retailleau et Attal en tête, qui jouaient à domicile.

Une présence normalisée


Pourtant, la programmation politique de cette rentrée du Medef était, au nom de la «pluralité», bien accueillie par les patrons dans les allées qui bordent le court central. «C’est toujours intéressant de dialoguer, mais sans naïveté parce que s’il y a du pragmatique, il y a aussi de l’idéologique dans les discours des politiques», estime Hervé Plessix, à la tête de Stéarinerie Dubois, une entreprise du secteur de la chimie qui emploie 150 salariés.

La présence du RN est désormais normalisée alors qu’en 2019, l’invitation aux universités d’été du Medef de Marion Maréchal, ex-députée Front national du Vaucluse alors sans mandat politique, avait mis le feu aux poudres. Face à la levée de boucliers des députés macronistes et à l’indignation de l’ancienne présidente du Medef, Laurence Parisot, l’organisation patronale avait rétropédalé.

«Il faut une représentativité dans les débats parce que ce sont quand même des partis avec des électeurs», soutient Olivier Lemoine, qui dirige une entreprise de bureautique, en référence à la présence, elle aussi inédite, d’un représentant de LFI en la personne de Manuel Bompard. Pour autant, aucun de ces deux patrons ne s’estime convaincu par le programme économique du parti d’extrême droite.

«Il n’y connaît rien»
Car la méfiance quant à la politique économique du RN, inconstante, reste de mise. «Bardella et les entreprises c’est : “je vous aime, finalement je vous aime plus”. C’est dur de dégager une ligne directrice économique», cingle Laurent Longin, lunettes de soleil sur le crâne et gourde en verre Medef entre les mains. «Au niveau économique, c’est nul et non avenu. On demande de la simplification dans les réglementations, mais Bardella, il n’y connaît rien», s’agace le dirigeant de HA Plus PME, une entreprise de 30 salariés de groupement d’achats pour les petites entreprises. «Bardella, c’est un bon tribun, il plaît parce qu’il est jeune, mais il n’a jamais travaillé de sa vie, il lui manque la réalité du terrain», s’emporte Jean-Jacques Bréban, octogénaire qui dirige encore la PME familiale viticole des Vins Bréban dans le Var.

«Il nous a dit ce qu’on voulait entendre, mais avec Bardella on sait que c’est du vent, renchérit un chef d’entreprise du secteur de l’assurance à la sortie du débat. Il se présente comme le garant de la stabilité, mais il ne fait qu’y contribuer.» Sur scène comme au micro des journalistes, le président du Rassemblement national a martelé qu’il ne voit «aucune autre solution pour retrouver la stabilité et la prospérité pour nos entreprises que le retour aux urnes» que ce soit par une dissolution ou une démission d’Emmanuel Macron, rappelant que le groupe RN voterait contre la confiance au Premier ministre à l’Assemblée nationale, le 8 septembre.

Vernis libéral
Car derrière le vernis libéral de Jordan Bardella, le parti s’oppose à une nouvelle réforme de l’assurance chômage et promet toujours de revenir sur les 64 ans, tout en tergiversant autour de la flat tax. Des chevaux de bataille du patronat.

D’autres ne le disent pas encore ouvertement, mais ils pourraient soutenir le Rassemblement national à la présidentielle de 2027, principalement pour s’opposer à LFI. Comme ce dirigeant d’une entreprise du secteur du bâtiment de 80 salariés, le journal libéral l’Opinion sous le bras : «Avec LFI, il n’y a même pas de dialogue possible, au moins Jordan Bardella est à l’écoute de nos demandes. Le programme économique de LFI est dangereux parce que anticapitaliste et dirigiste.» «Dangereux», le terme avait été employé par Patrick Martin, président du Medef, l’année dernière dans une interview au Figaro pour qualifier le programme du RN, qui menace «l’économie française, la croissance et l’emploi». Le Rassemblement national a désormais son carton d’invitation.

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Incroyable
TU sais qu'elle est très forte la femme sur le canot .. :|
J'ai compté 274 tours sans respirer ..il a fallut que je m'arrête de compter ..j'étais essoufflé 8/
je suis sur qu'elle en fait plus ...Dès que j'ai un peu de temps je vais jusqu'au bout..
:hello:
La tolérance c'est quand on connait des cons- et qu'on ne dit pas les noms
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jeandu53
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Re: A l’université d’été du Medef, Jordan Bardella peine à gagner la confiance des patrons

Message par jeandu53 »

Patchouli38 a écrit : 29 août 2025 08:07 C'est sûr, mettre un bellâtre, incapable de comprendre de quoi il parle, pour parler économie face aux patrons, cela prête à sourire.
Un bellâtre incapable, peut-être.

Mais face à lui, vous avez un "Mozart de la finance" dont le bilan économique est, à bien des égards, catastrophique.

Fatalement, beaucoup de gens vont se dire que le bellâtre et sa patronne ne pourront pas faire pire.
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Mesoke
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Re: A l’université d’été du Medef, Jordan Bardella peine à gagner la confiance des patrons

Message par Mesoke »

Déjà faut arrêter avec le "Mozart de la finance". Macron dans le privé était un banquier lambda avec un très bon carnet d'adresse qui lui a permis de jouer dans la cour des grands et, donc, de faire des gros coups médiatiques. Mais son bilan dans le privé n'est pas exceptionnel, même si ça l'a énormément enrichi.

La finance privée de fusions-acquisitions entre multinationales ça n'a rien à voir avec le finance publique ni le budget d'un état. C'est comme croire que quelqu'un capable de cuisiner une bonne ratatouille serait un pro pour faire pousser des choux ... Certes ça parle de pognon, mais dans des cadres totalement différents, trop pour avoir la moindre porosité, pour que sa compétence de banquier aient de l'importance dans la gestion de l'état.

Mais on peut dire que Macron a un bilan économique exceptionnel du point de vue de ses principaux soutiens : il a cassé la redistribution des richesses, même fait de la redistribution inversée en prenant aux pauvres pour donner aux riches via les 211 milliards de cadeaux aux entreprises, achevé l'hôpital public, détruit les services publics, etc. En somme il aura permis aux plus riches de l'être encore plus. Et c'est pour cela que vous l'avez élu, vous le saviez quand vous avez voté pour mettre un ultra-libéral aux commandes, il n'a fait que ce pour quoi il a été élu.
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Re: A l’université d’été du Medef, Jordan Bardella peine à gagner la confiance des patrons

Message par jeandu53 »

Mesoke a écrit : 29 août 2025 12:44 Déjà faut arrêter avec le "Mozart de la finance". Macron dans le privé était un banquier lambda avec un très bon carnet d'adresse qui lui a permis de jouer dans la cour des grands et, donc, de faire des gros coups médiatiques. Mais son bilan dans le privé n'est pas exceptionnel, même si ça l'a énormément enrichi.

La finance privée de fusions-acquisitions entre multinationales ça n'a rien à voir avec le finance publique ni le budget d'un état. C'est comme croire que quelqu'un capable de cuisiner une bonne ratatouille serait un pro pour faire pousser des choux ... Certes ça parle de pognon, mais dans des cadres totalement différents, trop pour avoir la moindre porosité, pour que sa compétence de banquier aient de l'importance dans la gestion de l'état.

Mais on peut dire que Macron a un bilan économique exceptionnel du point de vue de ses principaux soutiens : il a cassé la redistribution des richesses, même fait de la redistribution inversée en prenant aux pauvres pour donner aux riches via les 211 milliards de cadeaux aux entreprises, achevé l'hôpital public, détruit les services publics, etc. En somme il aura permis aux plus riches de l'être encore plus. Et c'est pour cela que vous l'avez élu, vous le saviez quand vous avez voté pour mettre un ultra-libéral aux commandes, il n'a fait que ce pour quoi il a été élu.
Je veux bien qu'on reproche beaucoup de choses à Macron... Mais qualifier Macron de président des riches est très réducteur. Macron a fait beaucoup pour les classes moyennes, aussi. Il est tout sauf un ultra-libéral.
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Elam
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Re: A l’université d’été du Medef, Jordan Bardella peine à gagner la confiance des patrons

Message par Elam »

J'ai regardé le débat, sans grande surprise Attal et Retailleau ont été les plus applaudis. Jordan était à la ramasse, on comprenait qu'il récitait ses fiches sans rien comprendre à ce qu'il disait (mais les patrons n'ont pas à s'inquiéter de son programme vu que même si le RN n'a aucun programme économique clair, ils ont toujours voté les mesures anti-sociales et en faveur des plus riches des gouvernements depuis 2017).

Que les gens s'interrogent désormais. Les intérêts des patrons présents dans les tribunes (qui n'étaient pas des coiffeurs, des boulangers, des fleuristes, des patrons de TPE à-priori) ne coincident pas avec les intérêts de la majorité des Français. S'ils réservent un accueil très favorable aux LR et à LREM, que doivent en déduire les gens ?
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jeandu53
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Re: A l’université d’été du Medef, Jordan Bardella peine à gagner la confiance des patrons

Message par jeandu53 »

Et poruquoi affirmez-vous que "les intérêts des patrons ne coincident pas avec les intérêts de la majorité des Français". Les patrons défendent leurs entreprises. Et l'intérêt des Français est d'avoir dans leur pays des entreprises compétitives, dynamiques, profitables (car pour rappel, l’État ne peut pas distribuer des richesses qui ne sont pas créées).
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Re: A l’université d’été du Medef, Jordan Bardella peine à gagner la confiance des patrons

Message par Elam »

jeandu53 a écrit : 29 août 2025 12:48

Je veux bien qu'on reproche beaucoup de choses à Macron... Mais qualifier Macron de président des riches est très réducteur. Macron a fait beaucoup pour les classes moyennes, aussi. Il est tout sauf un ultra-libéral.
C'est un ultra-libéral qui a dû marcher sur des oeufs puisqu'il devait tenter d'imposer ses mesures dans une société prête à exploser assez facilement comparativement à d'autres (on se souvient des Gilets Jaunes). Mais nul doute que s'il avait eu toute latitude pour repartir d'une feuille blanche (qu'il aurait pu intégralement recomposer l'état providence sans conséquence majeure), la quasi totalité des aides sociales n'existeraient plus et les normes en général et le droit du travail seraient réduits à leur portion congrue.
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Re: A l’université d’été du Medef, Jordan Bardella peine à gagner la confiance des patrons

Message par Elam »

jeandu53 a écrit : 29 août 2025 12:54 Et poruquoi affirmez-vous que "les intérêts des patrons ne coincident pas avec les intérêts de la majorité des Français". Les patrons défendent leurs entreprises. Et l'intérêt des Français est d'avoir dans leur pays des entreprises compétitives, dynamiques, profitables (car pour rappel, l’État ne peut pas distribuer des richesses qui ne sont pas créées).
L'intérêt des Français n'est pas d'avoir des entreprises compétitives ("ce qu'ils ne peuvent pas avoir", car vous ne serez jamais aussi compétitif qu'un Roumain ou un Vietnamien), l'intérêt des Français c'est que leur travail soit suffisamment rémunéré et que ceux qui en sont dépourvus aient de quoi vivre dignement malgré tout.
Le fait que les entreprises soient compétitives ou riches ne répond pas nécessairement favorablement à ces deux questionnements. Une entreprise peut s'épanouir, ses actionnaires et patrons jouir de grandes richesses sans pour autant que la valeur ajoutée créée soit redistribuée équitablement aux petites mains qui font tourner tout cela.

En Allemagne ou aux usa, les entreprises se portent mieux qu'en France et pourtant les Français sont globalement plus riches (patrimoine moyen par rapport à l'Allemagne et médian par rapport aux deux pays) et les plus précaires et les retraités vivent mieux ici qu'en Allemagne ou aux usa. Ce qui compte c'est le partage de la valeur ajoutée, pas uniquement la taille du gâteau.
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Re: A l’université d’été du Medef, Jordan Bardella peine à gagner la confiance des patrons

Message par jeandu53 »

Elam a écrit : 29 août 2025 12:55
jeandu53 a écrit : 29 août 2025 12:48
Je veux bien qu'on reproche beaucoup de choses à Macron... Mais qualifier Macron de président des riches est très réducteur. Macron a fait beaucoup pour les classes moyennes, aussi. Il est tout sauf un ultra-libéral.
C'est un ultra-libéral qui a dû marcher sur des oeufs puisqu'il devait tenter d'imposer ses mesures dans une société prête à exploser assez facilement comparativement à d'autres (on se souvient des Gilets Jaunes). Mais nul doute que s'il avait eu toute latitude pour repartir d'une feuille blanche (qu'il aurait pu intégralement recomposer l'état providence sans conséquence majeure), la quasi totalité des aides sociales n'existeraient plus et les normes en général et le droit du travail seraient réduits à leur portion congrue.
Oui, Macron a eu une politique de l'offre, pro-business, avec certaines mesures fiscales (suppression de l'ISF, prélèvement forfaitaire unique sur les revenus du capital...) et un assouplissement du droit du travail. Ces mesures ont permis, au cours des premières années de sa présidence, une belle dynamique de créations d'emplois.

Mais à part ça, il a aussi : supprimé la taxe d'habitation, mis en place un bouclier tarifaire sur l'énergie, augmenté la prime d'activité, revalorisé les pensions de retraites, revalorisé les fonctionnaires, annulé la hausse de la CSG pour les retraités aux revenus inférieurs à 2 000 € par mois, baissé l'IR pour les ménages appartenant aux deux premières tranches d'imposition, etc. Autant de mesures qui relèvent d'un keynésianisme de bon aloi... Il a acheté la paix sociale à coups de milliards, c'est ça que je lui reproche.

Mais en tout état de cause, l'idée selon laquelle Macron est un président ultra-libéral ami des riches est fausse.
Elam a écrit : 29 août 2025 12:58
jeandu53 a écrit : 29 août 2025 12:54 Et poruquoi affirmez-vous que "les intérêts des patrons ne coincident pas avec les intérêts de la majorité des Français". Les patrons défendent leurs entreprises. Et l'intérêt des Français est d'avoir dans leur pays des entreprises compétitives, dynamiques, profitables (car pour rappel, l’État ne peut pas distribuer des richesses qui ne sont pas créées).
L'intérêt des Français n'est pas d'avoir des entreprises compétitives ("ce qu'ils ne peuvent pas avoir", car vous ne serez jamais aussi compétitif qu'un Roumain ou un Vietnamien), l'intérêt des Français c'est que leur travail soit suffisamment rémunéré et que ceux qui en sont dépourvus aient de quoi vivre dignement malgré tout.
Le fait que les entreprises soient compétitives ou riches ne répond pas nécessairement favorablement à ces deux questionnements. Une entreprise peut s'épanouir, ses actionnaires et patrons jouir de grandes richesses sans pour autant que la valeur ajoutée créée soit redistribuée équitablement aux petites mains qui font tourner tout cela.

En Allemagne ou aux usa, les entreprises se portent mieux qu'en France et pourtant les Français sont globalement plus riches (patrimoine moyen par rapport à l'Allemagne et médian par rapport aux deux pays) et les plus précaires et les retraités vivent mieux ici qu'en Allemagne ou aux usa. Ce qui compte c'est le partage de la valeur ajoutée, pas uniquement la taille du gâteau.
Ah oui, et comment des entreprises peuvent-elles rémunérer correctement leurs salariés si elles ne gagnent pas assez d'argent, ne créent pas assez de richesses ?

Il convient de rappeler quelque chose qui est difficile à admettre pour les électeurs de gauche : pour redistribuer les richesses, encore faut-il que des richesses soient créées. On ne peut pas redistribuer des richesses qui n'existent pas, sauf à créer des déficits.
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Victor
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Re: A l’université d’été du Medef, Jordan Bardella peine à gagner la confiance des patrons

Message par Victor »

Elam a écrit : 29 août 2025 12:51 J'ai regardé le débat, sans grande surprise Attal et Retailleau ont été les plus applaudis. Jordan était à la ramasse, on comprenait qu'il récitait ses fiches sans rien comprendre à ce qu'il disait (mais les patrons n'ont pas à s'inquiéter de son programme vu que même si le RN n'a aucun programme économique clair, ils ont toujours voté les mesures anti-sociales et en faveur des plus riches des gouvernements depuis 2017).

Que les gens s'interrogent désormais. Les intérêts des patrons présents dans les tribunes (qui n'étaient pas des coiffeurs, des boulangers, des fleuristes, des patrons de TPE à-priori) ne coincident pas avec les intérêts de la majorité des Français. S'ils réservent un accueil très favorable aux LR et à LREM, que doivent en déduire les gens ?
Ils doivent en déduire que LR et LREM ont les meilleurs programmes pour l'économie française.
Cela me paraît évident, pas vous ?
En politique, ce qu'il y a de plus difficile à apprécier et à comprendre c'est ce qui se passe sous nos yeux.
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Elam
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Re: A l’université d’été du Medef, Jordan Bardella peine à gagner la confiance des patrons

Message par Elam »

jeandu53 a écrit : 29 août 2025 13:10

Oui, Macron a eu une politique de l'offre, pro-business, avec certaines mesures fiscales (suppression de l'ISF, prélèvement forfaitaire unique sur les revenus du capital...) et un assouplissement du droit du travail. Ces mesures ont permis, au cours des premières années de sa présidence, une belle dynamique de créations d'emplois.

Mais à part ça, il a aussi : supprimé la taxe d'habitation, mis en place un bouclier tarifaire sur l'énergie, augmenté la prime d'activité, revalorisé les pensions de retraites, revalorisé les fonctionnaires, annulé la hausse de la CSG pour les retraités aux revenus inférieurs à 2 000 € par mois, baissé l'IR pour les ménages appartenant aux deux premières tranches d'imposition, etc. Autant de mesures qui relèvent d'un keynésianisme de bon aloi... Il a acheté la paix sociale à coups de milliards, c'est ça que je lui reproche.

Mais en tout état de cause, l'idée selon laquelle Macron est un président ultra-libéral ami des riches est fausse.
Quel est le lien entre ces mesures ultra-libérales que vous citez et les créations d'emplois ? Vous n'en savez rien, c'est juste un lien que vous faites au hasard (un peu comme si je disais que la victoire de la France en 2018 était la cause des créations d'emplois). Le fait est que la moitié de ces créations portait sur des postes d'apprentissage. Que la politique de durcissement des règles relatives au chômage a conduit des gens à accepter toute sorte d'emploi et que des "subventions" ont été accordées aux entreprises afin de créer des emplois à faible valeur ajoutée.
Conséquence de tout cela, pour la première fois la productivité a baissé en France et les gens se sont globalement appauvris à divers niveaux.

De plus, cette création temporaire s'est faite grâce à une montagne de dette au point qu'il aurait été peut-être moins couteux de créer l'équivalent en terme de postes de fonctionnaires. Il est très facile de créer des emplois, mais le problème résulte du coût par emploi créé. Si ces emplois ne sont pas "naturels" au sens où ils ne sont pas créés suite à une demande naturelle qui révèlerait un contexte économique favorable mais qu'ils sont artificiels au sens où ils sont financés par de la dette (des "subventions"), alors cela n'a aucun intérêt car les conséquences à terme peuvent être plus coûteuses.

L'on constate d'ailleurs ces derniers temps que ces emplois disparaissent progressivement à mesure que les subventions se réduisent (plus d'élections). Il suffit de voir, par-exemple, les AFPA qui ferment des formations faute de financement ou de discuter avec des personnels de France Travail qui indiquent bien que le robinet se tarit et que cela a une conséquence sur les formations (et donc les statistiques).


Ps: la suppression de la taxe d'habitation que vous présentez comme une mesure sociale est au contraire une mesure libérale. Elle frappait bien plus fortement les foyers fiscaux les plus riches qui en payaient la majeure partie et a asséché les recettes de l'état. Quant aux pensions de retraite, les revalorisations étaient conformes à la loi (au regard de l'inflation) et si certaines ont pu paraitre plus haute (comme en 2023 ou 2024), il s'agit uniquement d'effets de rattrapage par rapport aux années précédentes où elles étaient sous-indexées. Mais globalement, le bilan sur les retraites est plutôt d'ordre libéral vu la réforme passée. Quant aux fonctionnaires revalorisés, en réalité leur pouvoir d'achat a diminué sous Macron, du fait de l'inflation qui n'a pas été compensée (comme les salaires de manière générale) par des revalorisations suffisantes du point d'indice. Donc je ne vois pas trop de Keynésianisme dans son programme (si ce n'est celui que les contestations l'ont forcé à faire).

Donc oui c'est bien un président des riches et quand on voit que les ultra-riches sont les seuls à s'être globalement enrichis sous sa présidence (et de manière inédite dans l'histoire), alors les faits parlent d'eux-même.
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Elam
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Re: A l’université d’été du Medef, Jordan Bardella peine à gagner la confiance des patrons

Message par Elam »

jeandu53 a écrit : 29 août 2025 13:10
Ah oui, et comment des entreprises peuvent-elles rémunérer correctement leurs salariés si elles ne gagnent pas assez d'argent, ne créent pas assez de richesses ?

Il convient de rappeler quelque chose qui est difficile à admettre pour les électeurs de gauche : pour redistribuer les richesses, encore faut-il que des richesses soient créées. On ne peut pas redistribuer des richesses qui n'existent pas, sauf à créer des déficits.
Personne n'a dit qu'il fallait que les entreprises soient pauvres. Ce que j'ai dit c'est que ce n'est pas parce qu'elles sont riches qu'elles partageront mieux les richesses créées ensuite. La part des salaires dans la valeur ajoutée n'a cessé de baisser. La part de la valeur ajoutée accordée aux patrons et aux actionnaires n'a cessé d'augmenter. Factuellement l'on a la preuve que l'augmentation de la richesse de certaines entreprises s'est faite en faveur d'une petite partie des gens et pas des salariés.
Donc prôner que l'intérêt des Français est le même que celui des "patrons" (ceux présents hier qui ne sont pas représentatifs de la figure du "patron" en France) et se situe dans une plus grande richesse des entreprises n'a rien d'évident, puisqu'être plus riche n'implique pas que ceux qui créent cette richesse (les salariés) le seront. Au contraire, ces dernières années les plus riches ont vu leur fortune augmenter tandis que des gens qui oeuvraient à leur service ont vu la leur diminuer.
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Victor
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Re: A l’université d’été du Medef, Jordan Bardella peine à gagner la confiance des patrons

Message par Victor »

Elam a écrit : 29 août 2025 12:58
jeandu53 a écrit : 29 août 2025 12:54 Et poruquoi affirmez-vous que "les intérêts des patrons ne coincident pas avec les intérêts de la majorité des Français". Les patrons défendent leurs entreprises. Et l'intérêt des Français est d'avoir dans leur pays des entreprises compétitives, dynamiques, profitables (car pour rappel, l’État ne peut pas distribuer des richesses qui ne sont pas créées).
L'intérêt des Français n'est pas d'avoir des entreprises compétitives ("ce qu'ils ne peuvent pas avoir", car vous ne serez jamais aussi compétitif qu'un Roumain ou un Vietnamien), l'intérêt des Français c'est que leur travail soit suffisamment rémunéré et que ceux qui en sont dépourvus aient de quoi vivre dignement malgré tout.
Mais ce n'est pas avec des entreprises à bout de souffle, obligées de délocaliser ou de fermer boutique que les français pourront avoir des emplois salariés correctement payés.
Si vous n'avez pas compris un truc aussi basique, honnêtement c'est grave.
En politique, ce qu'il y a de plus difficile à apprécier et à comprendre c'est ce qui se passe sous nos yeux.
Alexis de Tocqueville
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