
Publié le 12/12/2025 à 20h36
Il n’est pas encore au sommet. Il tombera néanmoins de haut… si un jour il tombe. Jordan Bardella, le jeune président du Rassemblement national, continue son petit bonhomme de chemin vers une possible candidature à la présidentielle. Entre un livre qui se vend comme des petits pains, des sondages flatteurs et cette incertitude qui continue de peser sur l’avenir politique de Marine Le Pen depuis sa condamnation dans l’affaire des emplois fictifs du Parlement européen, la vie va plutôt bien pour le leader d’extrême droite, invité ce samedi soir de Quelle Epoque, l’émission de Léa Salamé sur France 2. Voilà un moment déjà que la question «et si c’était lui» n’a plus rien d’incongru. Et c’est vertigineux. Car notre enquête confirme que, derrière le phénomène Bardella, se cache essentiellement une réussite de communication sans pareil. Et que l’essentiel, pour lui, consiste jusqu’ici à en dire le moins possible par crainte de se tromper, à répéter des éléments de langage bien rodés, à cultiver son image de gendre sage sans trop s’exposer. Il est permis de s’interroger sur un point : cette stratégie qui marche en période de pré-pré-campagne électorale tiendra-t-elle le choc à trois mois d’une présidentielle, quand chaque mot, expression, silence, sera scruté à la loupe ? En 2017, le braquage politique d’Emmanuel Macron avait impressionné du fait de sa jeunesse. Bardella y rajouterait – et le constat est fait y compris dans les rangs du RN – une touche d’inconsistance.
Les rangs de la formation d’extrême droite justement… Jordan Bardella n’est pas à l’abri qu’ils puissent être à l’origine de quelques ennuis. Début 2026, Marine Le Pen sera fixée sur son avenir. Si elle devait être empêchée de se présenter, bien malin celui qui peut deviner les conséquences sur son entourage, où l’on se regarde déjà en chiens de faïence, et plus globalement sur l’appareil du RN. Marine Le Pen a bien sûr pâti, au-delà du rejet qu’elle inspirait à une majorité de Français, de la faiblesse de son parti. Son cuir relativement tanné n’a pas suffi à faire illusion. Bardella y parvient aujourd’hui. Mais il n’aura toujours pas, même dans un an et demi, le cuir tanné.
https://www.liberation.fr/idees-et-deba ... OPHIY6Z5A/

