Rappelons nous 2020, le livre de Mary Trump, la nièce de Donald Trump, qui est sorti le 14 juillet 2020 aux États-Unis. Radio France, la radio libre!, disait:
Nous y sommes!Les Américains appellent cela un "tell all", un "livre qui dit tout". En l'occurrence, le livre autobiographique de Mary Trump, nièce du président américain, Too Much and Never Enough : How My Family Created the World’s Most Dangerous Man (Ed. Simon & Schuster), dit tout sur la famille Trump. Le titre, traduit, est très explicite : "Trop et jamais assez : comment ma famille a créé l'homme le plus dangereux au monde". D'après les bonnes feuilles du livre, Mary Trump y raconte l'ambiance familiale délétère, le poids du patriarche, Fred Trump, qu'elle qualifie de "sociopathe" et se montre très inquiète à propos de son oncle : "S'il obtient un deuxième mandat, ce sera la fin de la démocratie américaine."
Mais ce n'est pas que la démocratie américaine qui est attaquée depuis la prise de pouvoir de Néron, comme le Sénateur Malhuret le caricaturait en mars 2025. Non, c'est l'UE et ses valeurs que cherchent à détruire TRump et sa cour.
Aujourd'hui parlons des ingérences des USA dans nos démocraties, avec la mise au ban de Thierry Breton. Trump bannit des USA l'ancien commissaire Thierry Breton et 4 représentants d'ONG. Pourquoi?
Parce que l'UE s'est dotée d'une loi qui tend à protéger nos démocraties des prédateurs néo fascistes américains.
Mais d'autres éléments peuvent être ajoutés pour montrer la dérive de Néron...https://www.lemonde.fr/pixels/article/2 ... 08996.html
Thierry Breton et des personnalités européennes sanctionnés par Washington pour leur rôle dans la régulation de la tech
Paris a dénoncé « avec la plus grande fermeté » la décision américaine visant l’ancien commissaire européen qui évoque, de son côté, une chasse aux sorcières. Le département d’Etat qualifie de « censure » les mesures européennes de contrôle des contenus en ligne et a interdit de séjour aux Etats-Unis les cinq personnes visées.
Le Monde avec AFP
Publié hier à 22h56, modifié à 07h50
L’administration Trump a annoncé, mardi 23 décembre, des sanctions visant cinq personnalités européennes engagées pour une stricte régulation du secteur des nouvelles technologies, dont le Français Thierry Breton, ancien commissaire de l’Union européenne (UE).
Les agissements de ces personnes, qui se voient interdites de séjour aux Etats-Unis, s’apparentent à de la « censure » au détriment des intérêts américains, a justifié le département d’Etat. « Depuis trop longtemps, les idéologues européens mènent des actions concertées pour contraindre les plateformes américaines à sanctionner les opinions américaines auxquelles ils s’opposent », a écrit le secrétaire d’Etat, Marco Rubio, sur X. « L’administration Trump ne tolérera plus ces actes flagrants de censure extraterritoriale », a-t-il ajouté, dénonçant « un complexe industriel mondial de la censure ».
« Un vent de maccarthysme souffle-t-il à nouveau ? », s’est interrogé Thierry Breton, dans la nuit de mardi à mercredi sur X, en référence à la politique de persécution, menée par le sénateur américain Joseph McCarthy dans les années 1950, de toute personne soupçonnée de sympathies communistes.
« Pour rappel : 90 % du Parlement européen – démocratiquement élu – et les 27 Etats membres à l’unanimité ont voté le DSA [Digital Services Act] », la directive européenne sur les services numériques, a-t-il souligné. « A nos amis américains : “La censure n’est pas là où vous le pensez” », a-t-il conclu.
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Des représentants d’ONG sanctionnés
C’est la sous-secrétaire d’Etat pour la diplomatie publique, Sarah Rogers, qui a révélé, sur X, les noms des personnes sanctionnées. A commencer par Thierry Breton, ancien ministre français et artisan du DSA, qui a été commissaire au marché intérieur de 2019 à 2024, avec de larges compétences en particulier sur les dossiers numériques et industriels.
Les quatre autres personnes sanctionnées sont des représentants d’organisations non gouvernementales (ONG) luttant contre la désinformation et la haine en ligne au Royaume-Uni et en Allemagne : Imran Ahmed, qui dirige le Center for Countering Digital Hate, Clare Melford, à la tête d’un index de la désinformation (GDI) établi au Royaume-Uni, ainsi qu’Anna-Lena von Hodenberg, fondatrice de HateAid, une ONG allemande, et Josephine Ballon, de la même association.
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Tous sont accusés d’avoir joué un rôle déterminant dans des initiatives européennes ou internationales de régulation des contenus en ligne, notamment à travers le DSA, perçu par les autorités américaines comme une menace pour la liberté d’expression. Washington précise qu’aucune des personnes visées n’exerce actuellement de fonctions officielles au sein du gouvernement britannique ou de l’UE, tout en accusant des responsables étrangers de chercher à influencer le débat public américain.
« La France dénonce avec la plus grande fermeté la restriction de visas prise par les Etats-Unis à l’encontre de Thierry Breton (…) et quatre autres personnalités européennes », a annoncé Jean-Noël Barrot, ministre des affaires étrangères, dans un message publié sur X. « Les peuples de l’Europe sont libres et souverains, et ne sauraient se faire imposer par d’autres les règles s’appliquant à leur espace numérique », a ajouté le chef de la diplomatie française qui a échangé par téléphone avec M. Breton.
Le DSA « a été démocratiquement adopté en Europe pour que ce qui est illégal hors ligne le soit aussi en ligne », a rappelé M. Barrot. « Il n’a absolument aucune portée extraterritoriale et ne concerne en aucun cas les Etats-Unis », a-t-il ajouté.
« Notre Etat de droit, notre souveraineté ne peuvent, en aucun cas, être remis en question par des acteurs extérieurs », a souligné le ministre chargé de l’Europe, Benjamin Haddad, qui a apporté, sur X, son « soutien à Thierry Breton et aux quatre personnalités sanctionnées par les Etats-Unis ».
Arsenal juridique puissant
Le président américain, Donald Trump, mène une offensive d’envergure contre les règles de l’UE sur la tech qui imposent aux plateformes des obligations, en particulier le signalement de contenus problématiques, ce que les Etats-Unis jugent comme étant des atteintes à la liberté d’expression. L’UE dispose, de fait, de l’arsenal juridique le plus puissant du monde pour réguler le numérique.
La crise couve depuis des mois. Washington a très mal pris l’amende de 120 millions d’euros infligée par l’UE, au début de décembre, à X, le réseau social du milliardaire Elon Musk. M. Rubio avait alors parlé d’une « attaque contre toutes les plateformes technologiques américaines et le peuple américain par des gouvernements étrangers ».
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Depuis son retour au pouvoir, M. Trump s’en prend régulièrement à l’Europe. Dans sa nouvelle stratégie de sécurité nationale, publiée récemment, qui parle d’un « effacement civilisationnel » de l’Europe, Washington cible pêle-mêle les instances européennes « qui sapent la liberté politique et la souveraineté », les politiques migratoires, « la censure de la liberté d’expression et la répression de l’opposition politique, l’effondrement des taux de natalité et la perte des identités nationales et de la confiance en soi » en Europe.
Recul de la liberté d’expression, selon Washington
Dès février, le vice-président américain, J. D. Vance, avait consterné les Allemands et, plus généralement, les Européens, lors d’un discours à Munich dans lequel il avait affirmé que la liberté d’expression « reculait » sur le Vieux Continent. Il avait alors épousé les vues des partis d’extrême droite, comme l’Alternative für Deutschland (AfD).
En mai, le secrétaire d’Etat américain avait annoncé des restrictions de visas pour les étrangers accusés de « censurer les Américains », affirmant que la liberté d’expression était « essentielle au mode de vie américain ».
Par ailleurs, un récent mémo du département d’Etat, cité dans la presse américaine, évoque de nouvelles consignes du gouvernement américain visant à restreindre les visas pour des personnes travaillant dans la tech (les H-1B), notamment spécialisées dans la modération de contenu.
Le Réseau international de vérification des faits (International Fact-Checking Network), établi aux Etats-Unis et qui rassemble plus de 170 entités travaillant sur la vérification des faits et la lutte contre la désinformation, avait exprimé sa « profonde préoccupation » à ce sujet.
