haluck-horth a écrit :
Je ne pense pas que beaucoup sur ce site soient jaloux de la fonction publique.
C'est un débat de bien commun, et non un concours de "qui à la plus grosse ?" car en jeu il y a l'argent public. Quand un pays a une dette équivalente à son PIB, les questions d'argent public sont des questions importantes pour le bien commun.
Les abus existent, comme dans le privé d'ailleurs, mais n'ont lieu que si on y encourage. Pour exemple, le délai de carence avait été réinstauré sous Sarkozy, avec pour effet immédiat une forte diminution des congés maladie. Son retrait sous Hollande, dès son arrivée, s'est soldé par une forte réaugmentation des congés maladie. Bien entendu, l'hypothèse d'une grosse épidémie de grippe ou de gastro est écartée puisque ce phénomène n'a pas été observé dans le secteur privé.
Le statut de fonctionnaire n'est pas idyllique, et cet abus de congés maladies est bien le signe que les gens ne sont pas motivés à aller au travail. Personnellement je n'est pas envie d'en être.
Mais le véritable abus n'est pas là. Il est dans la politique de l'Etat, qui favorise l'accroissement toujours plus important du secteur public, pour des raisons électoralistes, et qui leur attribue des privilèges pour les mêmes raisons. Le problème, c'est que le secteur public vit des deniers du secteur privé, donc plus il augmente, plus il pèse sur la "vraie" économie, et vu que ça ne suffit pas le complément s'obtient par emprunt. Après plus de 30 ans de cette politique, on voit aujourd'hui où on en arrive. Comme dit Bigard, "c'est au pied du mur ... qu'on voit le mieux le mur", et pourtant, la tête ensanglanté et les lunettes cassées, les politiques continuent s'avancer en espérant passer à travers ce mur qu'ils feignent de ne pas voir.
Je vais être d'accord sur un point, c'est que les fonctionnaires étant payés grâce à l'argent public, il est tout à fait normal que l'on veille à ce que celui-ci soit dépensé correctement. Ca ne me choque pas.
En revanche tu te fais écho d'un lieu commun totalement faux mais qu'on entende hélas bien trop souvent : contrairement à ce que tu affirmes, le nombre de fonctionnaires d'Etat est en diminution depuis 20 ans. En revanche le nombre de fonctionnaires territoriaux a lui explosé, mais ils sont payés par les impôts locaux,c'est donc un tout autre problème. Si les habitants d'une ville ne veulent plus payer pour eux, je pense notamment aux très dispensables policiers municipaux, ils n'ont qu'à changer de maire.
Mais pour la fonction publique d'Etat c'est une contrevérité qui invalide tout le reste de l'argumentation.
Enfin je veux bien qu'on cherche à réduire le nombre de fonctionnaires, mais à un moment il faut être concret : vous les prenez où ?
Dans l'Education Nationale ? Là je suis bien placé pour en parler, on a 30 élèves dans toutes les classes, pratiquement aucune absence courte n'est plus remplacée, et les professeurs spécialisés pour élèves en difficulté sont en voie de disparition.
A l'hôpital ? Ma femme est infirmière, elle finit en retard d'une voire deux heures presque chaque semaine tellement ils sont submergés de boulot.
Dans la police, l'armée ? J'ai pas l'impression non plus qu'ils soient en sur-effectif.
Alors dans l'"administration" ? Je connais moins bien le domaine, mais j'imagine que pour faire tourner des machineries aussi importantes il faut du personnel. Il y a peut-être des postes superflus, c'est possible, mais ça m'étonnerait beaucoup qu'ils soient si nombreux que ça. N'importe quelle boîte privée a aussi du personnel de gestion, dont certains sont pas non plus surchargés de boulot.
Bref ça m'intéresserait vraiment qu'on m'explique où on supprimerait des postes, parce que j'ai beau chercher, je vois pas.