Fonck1 a écrit : lotus95 a écrit :
tu es bien naïf Fonck ... à un moment donné, il faut arrêter de donner le bâton pour se faire battre ;
ça n'a pas de sens de comparer la triche isolée d'un individu lambda avec une industrie organisée de la triche qui semble appuyée par les gouvernements quels qu'ils soient.
quand on est conscient d'une fraude et qu'on ne fait rien, voire qu'on l'encourage, on en devient complice, voire instigateur ...
l'article que j'ai posté plus haut montre que non seulement on en est conscient, mais qu'on enfonce le clou ... ce n'est pourtant pas faute d'alertes de la Cour des Comptes, de commission d'enquête du Sénat ... l'opacité est entretenue sciemment
les gouvernements se sont acharnés à maintenir cette niche qui coûte bien plus qu'elle ne rapporte, pour attirer des investisseurs étrangers ... qui finissent par se barrer dès la phase de brevet, et s'arrangent même pour vendre ces brevets via des filiales implantées dans des paradis fiscaux ... elle est pas belle la vie ?
à côté de ça, le résultat des contrôles, c'est 200 millions d'euros de redressement sur 4% des entreprises qui perçoivent du CIR ... avec une extrapolation bête et méchante, ce serait 4 milliards de redressement sur l'ensemble ...
pour un coût total de 6 milliards ... no comment
déjà, ton article ne repose QUE sur l'avis d'une femme qui livre son enquète, maitrtise t-elle son sujet, ça personne ne le sait.
ensuite, concernant le CIR, un autre article du monde est là plus nuancé que le tient :
https://www.lemonde.fr/sciences/article ... 50684.html
Moi, je suis un libéral, je suis contre les aides quelles qu'elles soient.
mais dans l'article on lit très bien :
France stratégie note que le CIR a « non seulement permis de contrecarrer à court terme les effets dépressifs de la crise apparue en 2008-2009, mais a aussi contribué notablement à redresser un effort de R&D qui tendait à s’atténuer ».
Plus précisément, trois études sur quatre montrent un effet levier supérieur à 1, c’est-à-dire que pour 1 euro public de CIR, les entreprises dépensent plus de 1 euro (entre 1,2 et 1,5, selon les études). En dessous de 1, les spécialistes parlent d’effet d’aubaine. Une seule évaluation trouve un effet de levier de 0,9 à long terme.
eh non, Fonck, l'article ne repose pas QUE sur l'avis d'une femme ... j'ai recopié quelques passages, mais si tu vas sur le lien, tu verras qu'on parle de la Cour des Comptes et d'une commission d'enquête du Sénat
tu peux télécharger le rapport complet de la Cour des Comptes là
https://fr.scribd.com/document/34646274 ... from_embed
et le rapport de la commission d'enquête du Sénat là
https://www.senat.fr/commission/enquete ... erche.html
Sur le 2ème lien (site de l'ENS Lyon), je t'invite à voir la courbe du coût du CIR comparée à celle de la DIRDE (dépense intérieure de recherche et développement des entreprises), c'est assez parlant ...
courbe en évolution exponentielle pour la première, et plutôt flat pour la seconde
qu'un article du Monde vienne dire le contraire aujourd'hui, parce que le sujet est d'actualité et que le gouvernement veut à tout prix maintenir cette niche, ne m'étonne qu'à moitié ... d'autant plus que leur propos sont très peu étayés ...
voilà ce que disait la Cour des Comptes dès 2013 ; et il y avait déjà eu une première alerte en 2008
Publié mercredi, le rapport de la Cour des comptes pointe les défauts d'un mécanisme qui selon ses calculs pourrait grever les finances publiques de 7 milliards d'euros dans les prochaines années. « C'est le mécanisme de soutien fiscal à la recherche et développement des entreprises le plus généreux de l'OCDE si l'on rapporte son montant au PIB (0,26%), loin devant le Canada, qui occupe la deuxième place?», observent les Sages de la rue Cambon qui estiment également son coût est à la fois sous-évalué et difficilement mesurable, les entreprises qui l'utilisent pouvant reporter durant quatre exercices leur droit à crédit d'impôt.
Entre 2007 et 2011, le nombre d'entreprises déclarant du CIR a doublé, pour atteindre 19.700, soit 0,5% des entreprises recensées en France.
La Cour des comptes doute de son efficacité
En dépit de ce coût qui fait du CIR la principale niche fiscale à disposition des entreprises, celui-ci est-il efficace pour stimuler la recherche et développement (R&D) et favoriser la montée en gamme de l'industrie française et des services qui y sont associés ? La Cour des comptes n'en est pas très sure. L'évolution de la dépense des entreprises en R&D n'est à ce jour, «pas en proportion de l'avantage fiscal» qui leur est accordé, souligne-t-elle.