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par Kelenner »
Bon, nouveau très gros succès pour la mobilisation de ce mardi, et ce malgré déjà près de 2 semaines de grève, et les transports toujours bloqués.
Normalement demain on devrait assister à ce que tout le monde pressent, le simulacre de négociation entre le gouvernement et la CFDT sur l'âge pivot (qui, après avoir réclamé son retrait, commence déjà à reculer et semble ne plus vouloir que le soumettre à condition..) suivi d'une annonce de "compromis" prévu à l'avance et rapidement approuvé par le syndicat jaune -sans doute quelque chose comme la prise en compte de la pénibilité pour une retraite pleine à 62 ans, ou de l'âge de début de carrière, ce genre de broutilles. Difficile d'imaginer que ça suffise à convaincre qui que ce soit.
Au-delà de ce sketch un peu laborieux, peut-être pourra-t-on deviner enfin quelles sont les véritables intentions du gouvernement : si, comme ils le prétendent, il s'agit d'instaurer un régime "universel" et juste (on sait déjà que ce ne sera pas le cas car ils en excluent les flics, mais passons) alors ils devraient logiquement être prêts à céder la main aux syndicats sur tout le volet du financement, afin de garantir l'âge de départ et le montant des pensions, puisqu'ils prétendent sans être capables d'en apporter la moindre preuve qu'il n'y aura que des gagnants. Si, comme de plus en plus d'éléments tendent à l'indiquer même aux plus naïfs (et qu'il était possible de savoir dès 2017 pour peu qu'on prenne le temps de s'informer), l'objectif réel mais caché est en réalité de limiter le coût des retraites dans le PIB et d'ouvrir grande la porte à des retraites complémentaires privées; alors on peut s'attendre à ce que tout le volet financier soit volontairement laissé dans l'ombre... jusqu'au jour où les français, constatant les dégâts, soient contraints de se mettre à cotiser auprès des fonds de pensions privés pour compenser leurs pertes.
Tiens, encore un indice qui va dans ce sens, passé un peu inaperçu entre les accointances suspectes de Macron et Delevoye mais qui fait sens dans ce tableau global : Berger a proposé de combler les déficits potentiels par une hausse de cotisation pour les salariés et les entreprises (en réalité, juste un retour à la normale, et il oubliait les retraités actuels dans l'équation, mais là n'est pas l'essentiel), et cette suggestion a été immédiatement balayée comme irrecevable alors que pour le coup, elle semble la plus simple et la plus naturelle. Pourquoi vouloir tout bouleverser de A à Z alors que de l'avis général des spécialistes du sujet, rien ne l'impose aujourd'hui ? Et bien on va peut-être commencer à y voir clair dans le jeu trouble de ce gouvernement...