Victor a écrit :
Non, t'as rien compris. Macron n'avait pas un programme populiste et Fillon encore moins. Dans leur programme, il y avait des réformes qui étaient impopulaires et difficiles.
Le populisme, c'est prendre les électeurs pour des cons. C'est d'avoir un programme qui promet la lune une fois élu. Aucune réforme impopulaire. On ne tient compte d'aucune réalité économique, financière, démographique. Le populisme c'est le "demain on rase gratis". Et aussi un point très important, le populisme trouve des "coupables", des bouc-émissaires qui sont les "méchants" qui en veulent au bon peuple. Ce sont par exemple les élites, le "système", les migrants, l'UE ..., dans les années 30, c'étaient les juifs.
Tous les candidats utilisent ce type de ficelle, ils ne s'adressent simplement pas à la même cible. Quand Fillon -ou son clone Macron- parle de supprimer 500 000 postes de fonctionnaires (sans jamais être capable d'expliquer où ni comment), de privatiser quasi intégralement la Sécu, de faire bosser les gens plus pour gagner moins, c'est bien entendu délirant et suicidaire, et il ne l'aurait probablement pas fait du moins au niveau qu'il prétendait, mais ça fait plaisir à tout un tas de gens qui constituent sa cible électorale : les retraités, les branleurs qui vivent sur le dos des autres, les patrons, les cadres sups au forfait, les commerçants etc... les parasites, pour faire court. Il sait qu'aucun salarié ne votera pour lui mais il s'en fout, donc il dit ce que son électorat veut entendre, rien de plus. C'est tout autant démagogique.
Cette notion de "populisme" n'est donc avant tout qu'une question de point de vue. La plupart des commentateurs se situant dans une catégorie très aisée de la population, il est normal qu'ils n'adhérent pas à des discours qui ne leur sont guère destinés. De la même façon, ceux qui parlent au nom du "peuple", en général sans qu'on ne leur ait rien demandé, exagèrent tout autant sur bon nombre de sujets -les migrants, phénomène sérieux mais quand même tout à fait marginal, par exemple. Moi je crois que l'"intérêt général" est globalement une fumisterie. Il existe des intérêts contradictoires qui peuvent parfois se rejoindre, et parfois non. Supprimer des postes de profs, par exemple, ce sera sans doute sans grand impact pour un retraité aisé, mais très important pour la même de famille nombreuse qui a de nombreux gosses scolarisés. L'inflation peut gêner les rentiers et ceux dont les salaires ne sont pas indexés mais favoriser le commerce, et on pourrait multiplier les exemples à l'infini. En politique on fait des choix en fonction des priorités qu'on perçoit et de son sens personnel de la justice. Il n'y a pas de "bons" et de "méchants" mais des gens qui défendent leurs intérêts.