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Gardons donc espoir! Car entre la peste et le choléra, il nous restera la seule voie sûre et certaine, le SARS-CoV-2...Si les « petits » candidats peinent généralement à émerger, le jeu est beaucoup plus ouvert entre les « grands » candidats. Bien présomptueux serait le sondeur qui prétendrait prévoir, un an avant, l’ordre d’arrivée du premier tour. La situation politique est rarement stabilisée, et beaucoup d’imprévus peuvent faire dérailler le scénario privilégié des instituts.
Sur les vingt principaux candidats depuis 1995, à peine la moitié ont récolté un score cohérent avec leurs sondages un an avant l’élection. Certains se sont effondrés au cours des mois précédant le scrutin, à l’image d’Edouard Balladur (1995) ou de Lionel Jospin (2002). D’autres ont réalisé une percée que n’avaient pas anticipée les enquêtes d’opinion, comme Jean-Marie Le Pen (2002), François Bayrou (2007) ou Jean-Luc Mélenchon (2012 et 2017).
...L’ensemble de ces incertitudes complique la tâche des sondeurs qui tenteraient de prédire, un an avant l’élection, le nom des deux favoris qui s’affronteront au second tour. Au cours des cinq dernières présidentielles, un seul duel avait été correctement anticipé : celui de 2007, opposant Ségolène Royal à Nicolas Sarkozy.
...POUR 2022, UNE FLOPÉE D’INCERTITUDES
L’élection de 2022 est traversée d’un paradoxe : si aucun sondage n’envisage pour l’instant d’autre scénario à la revanche Macron-Le Pen, le jeu reste très ouvert, car beaucoup de grandes familles politiques n’ont pas encore de candidat désigné. Au moins quatre personnalités pourraient se disputer l’investiture à droite (Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, Laurent Wauquiez, Bruno Retailleau) ; à gauche, des discussions sont toujours en cours pour tenter d’éviter la dispersion des candidatures entre les socialistes, les écologistes, les communistes et les « insoumis ».
Cette incertitude se traduit dans les sondages : jamais autant de candidats n’avaient été testés dans les enquêtes d’opinion à un an du scrutin. Déjà vingt-deux prétendants différents, alors que le premier tour en compte généralement deux fois moins.
...A cela s’ajoute un autre facteur d’incertitude : le faible écart actuel entre de nombreux candidats qui rend d’autant plus hasardeux de prédire l’ordre d’arrivée au premier tour, et de savoir si d’autres candidats qu’Emmanuel Macron et Marine Le Pen pourraient se qualifier pour le second tour.

