Yann Begervil a écrit :
On va dire que c'est un non.
Oui, implicitement, en l'applaudissant et en venant l'admirer on se rend moralement complice de son acte. On vient acclamer un tueur de femme et implicitement reconnaitre que ce n'est pas si grave, et qu'on peut bien continuer a s'amuser, chanter, et aussi gagner beaucoup de fric, après avoir massacré une femme a coup poing et l'avoir laissé agoniser.
Par complice, faut comprendre ceci : vous l'avez aidé à tuer ? A dissimuler le corps peut-être ? On en reste au sens premier et ce que vous dites n'est pas très concret, vu que la complicité du meurtre n'a de sens que si on y a pris une part active.
On ne peut pas être complice si on n'a pas participé de près ou de loin au meurtre. Soyez logique et raisonnable.
J'en déduis toujours un non.
Comme vous ne vous estimez pas actif dans le meurtre de Trintignant et que aimer la musique n'a pas valeur d'appréciation du meurtre en question, avoir honte est donc stupide. On ne peut avoir honte que si on a commis un acte contraire aux lois ou à la morale. Or aimer la musique, l'écrit ou la peinture d'un artiste immoral n'induit pas qu'on est soi-même immoral. C'est un principe de base liée à la responsabilité individuelle.
Donc, à part souffrir d'une honte ex nihilo sans cause réelle, rien en soi ne permet de lier son rôle d'artiste à son rôle de criminel. On est donc toujours dans une confusion absurde des situations. Dans tous les cas, ce sentiment de honte que vous évoquiez est tout sauf logique et justifiable. Même émotionnellement, il n'a pas de cohérence.
Pour peu qu'on applique un peu de logique, la réprobation morale observée ne tient absolument pas de debout. Et je constate d'ailleurs que la LDH, plusieurs magistrats et avocats et même la ministre de la culture (que je n'ai pas spécialement en haute estime) aboutissent aux mêmes conclusions et défendent son droit à la création et à la représentation de son art. Preuve s'il en faut que la réprobation morale observée, outre son absence de fondement, est contraire aux principes humanistes et rationnels. Ce n'est qu'une survivance de vindicte populaire dénuée de fondements.