C'est juste du grand n'importe quoi. D'ailleurs à l'époque personne n'a évoqué ces histoires de "barbares", le casus belli étant une offense du dey d'Alger au consul de France, qui refusait le paiement d'une dette que la France avait contractée 30 ans auparavant. Les causes plus officieuses étant la volonté de créer une tête de pont au sud de la Méditerranée, et accessoirement de redorer le blason de la monarchie française restaurée et impopulaire dans l'Hexagone, en faisant revivre la "grandeur" des conquêtes napoléoniennes. Rien que de très pragmatique, donc. La conquête sera d'ailleurs marquée par tellement d'atrocités que même des commentateurs de l'époque s'en émouvront :
"La diminution observée lors de la première phase de conquête tient pour une part dans la violence des méthodes utilisées par l'armée française, attestée par de nombreux témoignages. De retour d'un voyage d'enquête en Algérie, Tocqueville écrit que « nous faisons la guerre de façon beaucoup plus barbare que les Arabes eux-mêmes […] c'est quant à présent de leur côté que se situe la civilisation. »58 L'objectif de la « pacification » est comme le déclare le colonel de Montagnac d'« anéantir tout ce qui ne rampera à nos pieds comme des chiens »59. La politique de la terre brûlée, décidée par le gouverneur général Bugeaud, a des effets dévastateurs sur les équilibres socio-économique et alimentaire du pays : « nous tirons peu de coup de fusil, nous brûlons tous les douars, tous les villages, toutes les cahutes ; l'ennemi fuit partout en emmenant ses troupeaux »59. Selon Olivier Le Cour Grandmaison, la colonisation de l'Algérie se serait ainsi traduite par l'extermination du tiers de la population, dont les causes multiples (massacres, déportations, famines ou encore épidémies) seraient étroitement liées entre elles60 ce qui est nié par Daniel Lefeuvre61, affirmant que le Maroc a connu une crise démographie similaire62."
L'Histoire est connue, on ne peut pas raconter n'importe quoi.
